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26 mars 2013

Seuls les éléphants ont besoin d’ivoire !

Je viens de lire la newsletter de Amboseli Trust for Elephants arrivée il y a quelques jours dans ma messagerie et je ne peux m’empêcher de réagir en plaidant modestement la cause des éléphants et dénoncer cette tuerie dons les ramifications sont planétaires. (Le titre de cet article est la reprise d’une phrase citée dans la newsletter en question).ElephBlog02

Pour planter le décor, je citerais Gandhi: On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités. De nombreux pays d’Asie ont du chemin à faire, car si leur  maltraitance se fait par braconniers et trafiquants interposés, ils n’en sont pas moins responsables.

Les consommateurs d’ivoire, qu’ils soient chinois ou thaïlandais, savent-ils que pour ces quelques kilos ou hectogrammes de matière décorative qu’ils achètent avec avidité, c’est un animal de plusieurs tonnes qui a été massacré ?

Ont-ils conscience que lorsqu’une matriarche éléphant est tuée pour une paire de défenses, c’est toute la harde qui est déstructurée, qu’une partie des jeunes risquent de mourir à court terme, que les orphelins sont voués à une mort certaine ? Le bilan est donc à chaque fois plus lourd que le seul éléphant tombé sous les balles des braconniers. Pour un animal abattu, c’est peut-être deux, trois éléphants, voire plus, qui sont condamnés !

Lorsqu’un grand mâle dans la force de l’âge est tué pour « ses belles défenses » c’est un patrimoine génétique de qualité qui disparait.

Comme pour la corne de rhinocéros, (voir l’article du 09 mars 2013)  il faut enrayer cette hécatombe, éduquer et sensibiliser les consommateurs asiatiques, détruire les stocks d’ivoire en reproduisant le geste courageux initié par Richard Leakey en 1989 (12 tonnes d’ivoire brûlées en public). Il faut brûler dans les plus brefs délais les défenses des éléphants morts naturellement dès que les carcasses sont découvertes. Il faut effondrer le marché. (Le gouvernement gabonnais a fait brûler quelques tonnes d’ivoire en 2012)

Le braconnage ou plutôt le massacre des éléphants sévit dans toute l’Afrique, au Kenya, au Gabon, au Cameroun. Les éléphants de forêts sont comme leurs cousins des savanes, victimes de ce massacre illégal et impitoyable.

ElephBlog04Pourquoi tuer cet animal doué de sensibilité et d’une grande intelligence ? Pour prouver sa réussite sociale et extérioriser sa richesse, en exposant des objets en ivoire dans son salon ?

Le comble de l’ironie, c’est qu’une partie de l’ivoire issue du braconnage sert a fabriquer des objets religieux ! (Catholiques ou bouddhiste). Ces religions ne prônent elles pas le respect de la vie ?

L’avenir des éléphants d’Afrique est suffisamment incertain de part la diminution et le morcellement de leurs territoires de migration et des sécheresses fréquentes dans de nombreux pays africains, ce magnifique pachyderme n’a pas besoin de l’aide des commanditaires asiatiques pour accélérer sa disparition. En une décennie, ce sont des dizaines de milliers d’éléphants qui ont été massacrés, et le phénomène s’amplifie. Les braconniers opèrent à l’arme lourde, souvent mieux équipés que les unités anti braconnage.

ElephBlog01En espérant des jours meilleurs pour les éléphants, et la faune africaine en général, voici un extrait de la Lettre à l’éléphant, de Romain Gary, parue dans le Figaro Littéraire en 1968:

Romain Gary s’adressant à l’éléphant: Il n’est pas douteux non plus que votre disparition signifiera le commencement d’un monde entièrement fait pour l’homme. Mais laissez-moi vous dire ceci, mon vieil ami : dans un monde entièrement fait pour l’homme, il se pourrait bien qu’il n’y eût pas non plus place pour l’homme.

Vous pouvez découvrir l’intégralité du texte par le lien suivant: « Lettre à l’éléphant » de Romain Gary.

Ci-dessous, des vidéos et des liens pour illustrer mes propos et faire prendre conscience de la gravité de la situation à ceux qui l’ignorent encore.

Video issue de la « play liste » de Amboseli Trust for Elephants.

Vous pouvez consulter l’intégralité des vidéos publiées sur YouTube par Amboseli Trust for Elephants.

A consulter également à partir des liens ci-dessous, une série de 5 vidéos réalisées par le National Geographic. (Même si vous ne comprenez pas l’anglais, les images se suffisent à elles mêmes.)

« Battle for the elephants » Intro, Episode 1, Episode 2, Episode 3 et Episode 4.

Lien vers un document de la CITES de mars 2013 sur la « crise de l’éléphant d’Afrique » et Document CITES du 06 mars 2013

A lire, un article du 18 mars 2012 sur le blog de Paul Bour qui fait vivre avec énergie et courage le parc national camerounais de Boubandjida.

La revue Africa Geographic, dans son numéro d’avril 2013, consacre 17 pages à la cause des éléphants. Un superbe dossier très documenté, publié sous le titre évocateur de « Ivory Apocalypse ».

DM

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