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Oryctérope

Orycteropus afer

Aardvark, Antbear

Ordre des Tubulidentés, Famille des Oryctéropidés, Genre Orycteropus
Hauteur au garrot: 50 à 60 cm
Poids: 40 à 80 Kg
Longueur du corps: 140 à 180 cm
Longueur de la queue: 45 à 60 cm
Gestation: Environ 7 mois
Nombre de petits par portée: 1 (rarement 2)
Longévité: 18 à 24 ans en captivité
Lien vers Fiche IUCN:

Oryctérope – Parc national de Nxai Pan – Botswana

1. Description, sous espèces et variantes géographiques:

1.1 Description:
L’oryctérope ou oryctérope du cap ou encore cochon de terre est seul à faire partie de l’ordre des tubulidentés.
Il possède une silhouette atypique et de ce fait, il ne peut être confondu avec aucun autre mammifère africain. Il ressemble à un porc croisé avec un kangourou !
Animal assez commun en Afrique subsaharienne mais dont les observations sont rares du fait de ses mœurs très nocturnes.

L’oryctérope est massif, avec un dos voûté, une tête conique, allongée, surmontée par de longues oreilles, mobiles et pointues. Il est doté d’un long groin tubulaire et flexible dont les narines sont entourées de poils très serrés. La tête semble petite en proportion du corps.
Son corps porté par des membres courts et musclés est terminé par une queue conique épaisse à la base. Celle-ci également très musclée sert d’appui à l’animal.
Ses membres puissants sont terminés par des doigts prolongés par de grosses griffes droites (4 pour les pattes antérieures et 5 pour les pattes postérieures).
L’animal est muni d’une peau épaisse de couleur gris-rose à gris-brun. Celle-ci est recouverte de rares poils (soies) grossiers et clairsemés qui sont plus foncés sur les pattes et la queue.
Les jeunes sont plus velus que les sujets âgés.
Le dimorphisme sexuel est quasi inexistant. Le mâle possède des testicules inguinaux et sous cutanés.
C’est un animal qui joue un rôle très important pour l’écologie de la savane en limitant la prolifération des termites et en fournissant un habitat pour un grand nombre d’animaux avec ses terriers abandonnés.
Il assure aussi à lui seul la reproduction d’une espèce de cucurbitacée (melon de terre «cucumis humifructus») dont il mange les fruits souterrains et en assure la fertilisation et le semis des graines par ses excréments (Les pépins passent intacts au travers du système digestif).

1.2 Sous espèces et variantes géographiques:
Certains auteurs annoncent 18 sous espèces. Ceci n’est pas établi officiellement faute d’études sérieuses. Il existe cependant suivant les populations, des variations notables au niveau des proportions du museau, de taille de l’animal et de la couleur.

2. Comportement:
L’oryctérope est un mammifère nocturne voire crépusculaire très discret.
Il est très rarement visible le jour, toutefois en Afrique Australe pendant l’hiver, il peut être actif en début ou en fin de journée car au plus froid de la nuit ses principales proies se réfugient plus profondément dans les termitières. Il peut aussi être actif de jour en cas de sécheresse extrême.
Timide et craintif, il passe ses journées à dormir au fond de son terrier et part en quête de nourriture 1 à 2 heures après le crépuscule.
C’est un animal semi sédentaire qui peut se déplacer en fonction de l’abondance des termites.
Il est principalement solitaire mais il est possible de rencontrer une femelle et son jeune.
L’oryctérope est digitigrade.
Ses déplacements sont normalement lents, mais en cas de danger l’oryctérope est capable de fuir très rapidement (40 km/h).
En cas d’agression, la stratégie adoptée est la fuite pour se réfugier dans son terrier.
Il est également capable de s’enfouir très rapidement dans le sol (1 mètre de galerie creusé en 5 mn).
Si il est acculé, il fait face et se défend avec ses puissantes griffes et sa queue musclée.
L’oryctérope produit des grognements, il émet également des sortes de bêlements lorsqu’il est effrayé.

3. Reproduction:
L’oryctérope est polygame, les couples ne se forment qu’au moment de l’accouplement.
La maturité sexuelle est atteinte vers l’âge de 2 ans.
Les nouveaux nés pèsent environ 2 Kg , ils sont allaités par la mère qui possède 2 paires de mamelles (2 inguinales et 2 abdominales).
Sevrés vers l’âge de 4 mois environ, ils commencent à consommer de la nourriture à partir de 14 semaines.
Le jeune reste au terrier pendant les deux ou trois premières semaines de sa vie et commence à acquérir son indépendance vers l’âge de 6 mois.

4. Biologie et anatomie:
La vue de l’oryctérope est mauvaise mais son ouïe et son odorat sont très développés.
C’est principalement ce dernier qui est utilisé pour la quête de nourriture.
L’oryctérope a la possibilité d’obturer ses narines et ses oreilles notamment pour se protéger de l’agression des « soldats termites » et aussi lorsqu’il creuse son terrier ou une termitière.
Ses narines sont également protégées de la poussière par la présence de poils faisant office de filtre.
Une des grandes particularité de cet animal c’est qu’il ne possède que des prémolaires (8) et des molaires (12).
Elles sont composées de 1000 à 1500 petits tubes en ivoire, elles n’ont pas de racines elles sont dépourvues  d’émail et poussent en continu.
C’est cette forme tubulaire des dents qui est à l’origine du nom de son ordre zoologique des tubulidentés.
L’oryctérope utilise peu ses dents pour mastiquer, la majeur partie des aliments sont broyés dans la région pylorique de son estomac.
Il possède une langue vermiforme longue d’une trentaine de centimètres, celle-ci est enduite d’une salive visqueuse.
Le crâne de l’oryctérope est de forme allongée et vaguement tubulaire. Il en est de même chez les espèces fossiles, car c’est une des caractéristiques de tous les tubulidentés.

Photo : From the collections of Skulls Unlimited International (Wikimedia Commons).

5. Régime alimentaire:
L’oryctérope consomme principalement des termites qu’il récolte en surface ou en éventrant des termitières à l’aide de ses grosses griffes puissantes.
Lorsqu’il est en quête de nourriture, l’oryctérope se déplace le nez près du sol, cela lui permet de repérer à l’odorat les colonnes de termites progressant au sol.
On estime qu’il en consomme près de 50.000 par nuit, pour cela il se déplace de termitière en termitière pouvant ainsi parcourir entre quinze et trente kilomètres.
Il les collecte avec sa longue langue (d’environ 30 cm) enduite d’une salive visqueuse.
Il consomme également des fourmis ainsi que des larves de coléoptères, voire des sauterelles et autres insectes en cas de besoin.
La prépondérance de la consommation de fourmis ou de termites varie en fonction de la période. Plus de fourmis en saison sèche, plus de termites en saison humide. Son régime alimentaire varie également en fonction de la zone géographique et de l’abondance relative entre fourmis et termites.
Quelques fruits et cucurbitacées comme le melon ou concombre de terre (cucumis humifructus surnommé en anglais «aardvark cucumber» ou encore «aardvark pumpkin») font occasionnellement partie de son menu, il y trouve l’eau nécessaire à son hydratation en période sèche.
Lorsqu’une termitière est visitée, l’animal n’y revient en général pas avant une semaine, temps nécessaire aux termites pour reconstituer l’édifice.
Ses excréments sont en forme d’olive ou oblongs, ils mesurent de 2 à 4 cm et sont de couleur claire. Ils sont très denses et compacts, ils contiennent du sable ainsi que des parties indigestes comme les têtes de fourmis et de termites.
Lors de leurs production, ils sont déposés non loin du terrier dans un petit trou d’environ 10 cm de profondeur et soigneusement recouverts de terre.

6. Prédateurs:
Principalement la hyène tachetée et l’homme, mais aussi lion, léopard, guépard, lycaon, gros pythons.

7. Habitat, distribution et évolution de la répartition:
L’oryctérope est présent dans une très grande partie de l’Afrique Sub-Saharienne.
On le trouve principalement dans les savanes sèches et les forêts claires.
Il apprécie les zones dégagées aux sols sableux ou argileux où il peut aisément creuser ses terriers.
Il vit là où il y a des termitières et évite les sols trop durs et les zones inondables.
L’oryctérope dispose de plusieurs sortes de terriers.
– Des provisoires, creusés pour abriter l’animal surpris par le lever du jour et le protéger du soleil et de la chaleur, ils font quelques mètres de long au maximum.
– Des terriers principaux qui peuvent descendre jusqu’à 3 mètres sous terre voire 6 m si le sol est assez meuble. Ils sont constitués d’un réseau de galeries de 40 à 50 cm de diamètre, inclinées et pouvant mesurer plusieurs dizaine de mètres de long.
Une ou plusieurs chambres sphériques complètent ces abris qui peuvent compter plusieurs entrées.
Les terriers occupés sont obstrués par un amas de terre avec uniquement un trou laissé pour l’aération. Un terrier habité peut être caractérisé par la présence de nombreuses petite mouches sur les parois ombragées à l’entrée de celui-ci.
Les terriers abandonnés sont largement réutilisés par de nombreux animaux.
En premier lieu les phacochères, mais aussi les hyènes, chacals, lycaons, porc-épics, civettes, genettes, protèles, chats sauvages et chauves-souris pour les mammifères. Les autres espèces utilisant les terriers sont certains reptiles comme les varans et des oiseaux comme certaines chouettes et les hirondelles bleues qui y construisent leur nid.

Les causes de sa disparition sont:
Le réchauffement climatique entrainant la disparition des termites de certaines zones géographiques (Afrique du Sud) et donc de sa principale ressource alimentaire.
– L’homme par le braconnage pour sa chair appréciée pour sa viande riche en graisse et des parties du corps utilisées en médecine traditionnelle et en pratiques animistes.
Les dents et les griffes sont utilisées comme porte bonheur, le nez et les griffes sont censées posséder un grand pouvoir.
En Afrique de l’Ouest, la «main droite» de l’oryctérope est utilisée pour repousser les mauvais sorts.

8. Réserves où l’animal a été observé par l’auteur:
Parc national de Nxai Pan au Botswana.

9. Interactions avec l’homme:
Par le creusement de ses terriers et le fouissage lors de la recherche de nourriture, l’oryctérope peut causer des dégâts dans les zones cultivées ainsi que dans les digues. De ce fait il fait l’objet de représailles de la part des populations concernées.

10. Informations complémentaires:

10.1 Origine du nom:
Le nom oryctérope vient du grec, oruktêr «qui creuse» et ôps «apparence».
Le nom aardvark communément utilisé par les anglophones est le nom Afrikaans qui signifie «cochon de terre». En Afrikaans, il existe également la variante Erdvark.
Le nom anglais est antbear, nom trompeur et dont l’origine n’est pas connue.

10.2 Origine/espèces fossiles:
L’oryctérope semble être un fossile vivant car il n’a pas ou peu évolué depuis 22 millions d’années, il est assez peu différent des fossiles retrouvés datant du Miocène.
Cet animal est probablement d’origine africaine, mais des formes fossiles ont été identifiées en Eurasie et à Madagascar.

10.3 L’oryctérope à travers l’histoire:
L’oryctérope fut décrit pour la première fois en 1766 par le zoologiste allemand Peter Simon Pallas.

10.4 Iconographie:

Wikimedia Common/Archive Pearson Scott Foresman

Gravure ancienne représentant des oryctéropes

L’oryctérope est largement représenté sur de nombreux timbres poste.

11. Bibliographie:
– Stuart, C. & M. 2015. Stuart’s Field Guide to Mammals of Southern Africa, Struik Nature.
– Breuil, M. Mayeur, J.P. Thile, F. 1998. Kenya Tanzanie Le guide du safari Faune et parcs, Editions MARCUS.
– Lamarque, F. 2004. Les Grands Mammifères du Complexe WAP, ECOPAS.
– Dorst, J. & Dandelot, P. 1972. Guide des grands mammifères d’Afrique, Delachaux & Niestlé
Kingdon, J. 2006. Guide des mammifères d’Afrique, Delachaux et Niestlé.
Kingdon, J. 2011. The Kingdon Field Guide to African Mammals, A&C Black Publishers.
– Dabonneville, C. 2017. L’oryctérope, clé de voute de la savane africaine, Revue Espèces N°26.
– Simfukwe, H. 2017. The Aardvark : The awesome animal nicknamed « Bush Excavator », in The Eye – Malawi.
– Carnaby, T. 2010. Beat about the bush – Mammals, Jacana Media.
– Taylor, A. Lehmann, T. 2013. Mammals of Africa – Volume 1, Bloomsbury Publishing.

12. Liens:
Lien vers fiche Aardvark – Orycteropus afer
Lien vers fiche Animal Diversity Web

 

Bovids of the World

Par JOSE R. CASTELLO aux éditions Princeton University Press.
Ouvrage de 664 pages au format 14 x 21,5 cm. 1ère édition avril 2016.
Comme son titre l’indique, ce guide en langue anglaise traite de tous les bovidés du monde.
Les bovidés africains représentent plus de la moitié de ceux-ci avec 198 espèces ou sous espèces contre 126 pour le reste du monde.
Le livre s’articule en plusieurs parties:
– Une introduction avec 16 pages de généralités sur les bovidés.
– 625 pages pour la description des espèces (ou sous espèces). Chaque animal est présenté sur 2 pages en vis à vis.
En page de gauche, les noms anglais et scientifiques suivis des mensurations et de la description de l’animal. L’espèce est représentée par plusieurs photographies soigneusement détourées, mâle, femelle, jeune, évolution des cornes en fonction de l’age, face et profil. (En tout, l’ouvrage comporte plus de 1500 photos.)
En page de droite, sont évoqués les noms dans différentes langues (dont le français), les sous espèces, les espèces similaires, le comportement, la répartition géographique, la reproduction, etc.
– Pour compléter, ce guide se poursuit par 9 planches de photos des crânes et des cornes de nombreuses espèces, 1 page de références bibliographiques pour finir par 5 pages d’index.Bovids

Ce guide est édité dans la collection des « Princeton Field Guides ». Cependant, avec son épaisseur de plus de 4 cm et son poids de 1,315 kg, il est évident qu’il ne tient pas dans toutes les poches !
Vous pouvez vous faire une idée de la qualité de ce livre par le lien suivant « Bovids of the world »

Nota: Ce livre existe également en version numérique.

L’établissement de cet ouvrage a représenté pour son auteur José R. Castello un travail colossal auquel j’ai eu le plaisir de contribuer très modestement par la mise à disposition de quelques photographies. Redunca Bohor mâle page 72, Bouquetin d’Abyssinie femelle page 330 et un Gnou du Selous femelle page 498.