Catégorie : Herbivores

Cobe des roseaux

Redunca arundinum

Common reedbuck, Southern reedbuck

Ordre des Cetartiodactyles, Famille des Bovidés, Genre Redunca
Hauteur au garrot: 65 à 105 cm
Poids: En moyenne 70 Kg pour le mâle et 50 Kg pour la femelle.
Longueur du corps: 130 à 160 cm pour le mâle et 120 à 140 cm pour la femelle.
Longueur de la queue: Environ 25 cm
Gestation: Environ 7,5 mois
Nombre de petits par portée: 1
Longévité: 16 ans en captivité, de 10 à 12 ans à l’état sauvage.

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

1. Description, sous-espèces et variantes géographiques:
Le cobe des roseaux porte mal son nom puisque il ne s’agit pas d’un cobe mais d’un redunca.
Le nom qui conviendrait le mieux serait redunca commun, par opposition aux deux autres redunca qui sont le redunca bohor et le redunca de montagne. Certains auteurs l’affuble du nom de «grand cobe des roseaux» par opposition au redunca bohor appelé aussi Nagor qui est baptisé toujours à tort par les mêmes auteurs «cobe des roseaux».
Ces confusions sont issues de mauvaises appellations dans des ouvrages traduits de l’anglais.

1.1. Description:
C’est le plus grand des trois reduncas.
Son pelage est fin, court, uniforme, presque laineux.
La couleur du corps varie du fauve au grisâtre, la tête, le cou ainsi que le ventre sont légèrement plus clairs. Les jeunes sont plus clairs que les adultes.
(Des cas d’albinisme et de mélanisme ont été observés).
Ses oreilles sont larges, arrondies, poilues et blanches à l’intérieur.
La queue est assez courte, touffue et blanche sur le dessous.
Des bandes noires se distinguent (pas toujours) sur le devant des membres antérieurs.

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

Redunca arundinum arundinum femelle – Moremi game reserve – Botswana

Seul le mâle porte des cornes. Celles-ci sont annelées sur la moitié inférieure, courbées en arrière avec un léger retour vers l’avant près de la pointe. Elles sont plus ou moins divergentes. Leur longueur est en moyenne d’une trentaine de cm et peuvent atteindre 45 cm.
Elles commencent à pousser vers l’age de 6 mois.
Les cornes du cobe des roseaux permettent de ne pas confondre cette espèce avec les deux autres réduncas (Bohor et de montagne) qui ont des cornes plus courtes et en forme de crochets orientés vers l’avant.
Sous chaque oreille le cobe des roseaux porte un patch de peau nue, il s’agit de glandes sub-auriculaires. Celles-ci sont de couleur claire mais deviennent foncées lorsqu’elles sont stimulées.

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

1.2. Sous espèces et variantes géographiques:
2 sous espèces.
Redunca arundinum arundinum au Sud du Zambèze.
Redunca arundinum occidentalis en Afrique Tropicale.

2. Comportement:
Ce bovidé est plutôt nocturne en saison humide mais est actif le jour en saison sèche.
Il vit seul, en couple ou en famille avec les jeunes. On observe rarement plus de six individus, sauf en saison sèche où des groupes d’une vingtaine de reduncas peuvent être observés.

Couple de reduncas arundinum arundinum – Moremi game reserve – Botswana

Le cobe des roseaux est plutôt difficile à rencontrer en pleine journée car il aime se coucher dans les hautes herbes.

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

Il est sédentaire et il n’aime pas se mélanger avec d’autres espèces.
Il marque la périphérie de son territoire par des dépôts de fèces et d’urine.
Bien que vivant toujours près de l’eau, il répugne à s’y engager.
En cas de danger, le redunca émet par le nez un sifflement d’alarme aigu.
Dans le fuite, en courant, il émet une sorte de cliquetis et se déplace en effectuant des mouvements rappelant ceux d’un cheval à bascule. Après quelques bonds, il stoppe sa course pour regarder en arrière.

Redunca arundinum occidentalis femelleParc national de Liuwa plainZambie

3. Reproduction:
Le redunca commun atteint la maturité sexuelle vers 2 ans pour les femelles et 3 ans pour les mâles.
Après une gestation de 200 jours environ la femelle donne naissance à un petit qui pèse environ 4,5 Kg.
Le jeune reste caché pendant les six à huit premières semaines voire deux mois, couché dans les hautes herbes épaisses. La femelle revient vers lui quelques fois par jour pour l’allaiter.
Durant cette période, le jeune est déplacé régulièrement.
Il est sevré au bout d’environ1 an, âge à partir duquel il devient indépendant.

4. Biologie et anatomie:
Toutes les fonctions des glandes sub-auriculaires ne sont pas clairement déterminées. Les mâles s’en servent notamment pour marquer leur territoire sur la végétation.

5. Régime alimentaire:
Essentiellement herbivore, il consomme principalement des graminées.
Il mange cependant des feuilles en fin de saison sèche lorsque la qualité des herbes est médiocre. Ils aiment s’alimenter dans les zones de brûlis.
Il est dépendant de l’eau et doit boire chaque jour.

6. Prédateurs:
Ses principaux prédateurs sont les grands félins, lions, léopards, guépards et la hyène tachetée. Ils sont aussi prédatés par les lycaons, les servals et parfois les crocodiles. Le chacal ainsi que les aigles et les pythons sont des prédateurs pour les jeunes.

7._ Habitat, distribution et évolution de la répartition:
Le cobe des roseaux vit dans les zones de hautes herbes et de roseaux à proximité d’étendues d’eau permanentes (marais, zones humides, plaines inondables ou étangs).

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

Redunca arundinum arundinum femelle – Moremi game reserve – Botswana

En général, il évite les zones trop découvertes et les forêts. La présence de l’eau lui est indispensable.
Des populations de Cobes des roseaux ont été introduites dans le Nord de la Namibie sur des terres privées en dehors de la zone de répartition historique de l’animal.

Les causes de sa disparition sont:
Le braconnage. Autrefois très présent dans les savanes du Sud du Congo, il en a maintenant quasiment disparu suite à la pression excessive de la chasse illégale, du braconnage et du commerce de viande de brousse.

Lien vers fiche IUCN.

Lien vers carte de répartition géographique IUCN.

8. Réserves où l’animal a été observé par l’auteur:
Parc national de Liuwa Plain en Zambie.
Moremi Game Reserve au Botswana.

9. Interactions avec l’homme:
Pas d’interaction particulière connue.

10. Informations complémentaires:

10.1.  Origine du nom:
Comme évoqué au paragraphe 1, le nom de ce mammifère pose problème.
En effet dans la littérature et sur internet, on trouve tout et n’importe quoi.
Premièrement, le cobe des roseaux n’est donc pas un cobe, c’est un rédunca (redunca arundinum).
Suivant les ouvrages, le plus souvent traduits de l’anglais on lui trouve les noms de Cobe des roseaux, grand cobe des roseaux, rédunca, rédunca commun.
Même des documents de références donnent des noms erronés et fantaisistes comme par exemple la fiche IUCN ou encore l’encyclopédie Mammals of Africa qui le baptise redunca grande !
Le deuxième problème vient du fait que l’on retrouve le même soucis de nomination pour le redunca bohor (redunca redunca). Lui aussi est parfois nommé cobe des roseaux, redunca, nagor ou encore redunca bohor.
Ceci provoque une confusion dans la dénomination de ces deux espèces.
Si je prends en compte des ouvrages sérieux en langue française comme, Les antilopes d’Afrique par P.J. Corson 2004, le Guide des grands mammifères d’Afrique par J. Dorst 1972 et Kenya, Tanzanie, le guide du safari, faune et parcs par M. Breuil, J.P. Mayeur et F. Thille 1998, tous sont d’accord pour désigner le redunca arundinum comme cobe des roseaux. Le dernier ouvrage propose l’appelation redunca commun.
Celle-ci est tout à fait adaptée et homogène avec la dénomination anglophone qui est common reedbuck ou southern reedbuck.

10.2. Origine/espèces fossiles:
Pas de données pour le moment.

10.3. Les cobes des roseaux à travers l’histoire:
Pas de données pour le moment.

10.4. Iconographie:
Non traité pour le moment.

11. Bibliographie:
Kingdon, J. & Hoffman, M. 2013. Volume VI Mammals of Africa Bloomsbury.
Castello, J.R. 2016. Bovids of the World Princeton University Press.
Dorst, J. et Dandelot, P. 1972. Guide des grands mammifères d’Afrique Delachaux & Niestlé.
Frost, W. 2014. The Antelope of Africa Jacana Media.

12. Liens:
Animal Diversity Web – Redunca arundinum – Southern reedbuck

 

Girafe du Cap

Giraffa camelopardalis giraffa

Southern or Cape Giraffe

Réserves où l’animal a été observé par l’auteur: Parc national des Matopos au Zimbabwe et à Mokolodi Nature Réserve au Botswana.

Cette sous sous espèce est présente dans le Nord de l’Afrique du Sud, dans le Sud et le Sud Est du Zimbabwe, dans le Sud Ouest du Mozambique et dans le Sud Est du Botswana.
Suite aux analyses génétiques dont les résultats ont été publiés en septembre 2016 la girafe du Cap est maintenant considérée comme une des deux sous espèce de la girafe du Sud , Giraffa giraffa.
En 2016, la population de girafes du Cap était estimée à 31.500 individus.

Girafe du Cap – Mokolodi – Botswana

Girafe du Cap – Mokolodi – Botswana

Robe de la girafe du Cap – Mokolodi – Botswana

Les girafes

Giraffa camelopardalis

Giraffe

Ordre des Cetartiodactyles , Famille des Giraffidés, Genre Giraffa

Hauteur au garrot: 2,6 – 3,5 m
Hauteur totale: 3,5 à 5 m (record 5,9 m)
Poids: 1100 Kg (800 à 1400) pour le mâle et 700 Kg (550 à 1180) pour la femelle.
(Poids et hauteur variables suivant le sexe et les sous espèces)
Longueur du cou: Environ 2 mètres
Longueur de la queue: 75 à 150 cm
Gestation: 14 à 15 mois, environ 400 à 470 jours
Nombre de petits par portée: 1, des jumeaux sont possibles mais rares.
Longévité: 15 à 20 ans à l’état sauvage, 25 à 30 ans en captivité.

Girafe d’Angola – G.c.Angolensis – Central Kalahari – Botswana

1. Description, sous espèces et variantes géographiques:

1.1. Description:
La girafe est le plus grand des animaux terrestres. Les femelles sont en général plus petites de 0,7 à 1 mètre que les mâles.
Les taches de la robe de la girafe sont sa carte d’identité. Dès la naissance, elles sont présentes en modèle réduit. La forme restera mais les taches vont grandir ainsi que les espaces entre elles. La couleur de la robe fonce avec l’âge.
Les deux sexes portent des cornes mais elles sont plus développées et plus épaisses chez le mâle où elles sont en général parallèles ou avec un léger angle vers l’extérieur.
La girafe est le seul mammifère qui nait avec ses cornes, à l’état de cartilage. Elles sont déjà présentes chez l’embryon, puis elles s’ossifient avec l’âge et se soudent au crâne vers 4 ans chez le mâle et vers 7 ans chez la femelle. Elles ne posent pas de problème lors de la mise bas car elles sont dissociées du crâne et se mettent à plat.
Elles se redressent quelques jours après la naissance.

Les cornes sont recouvertes de peau et le sommet est encerclé par des poils noirs. Chez le mâle (photo de droite), ces poils deviennent moins visibles avec l’âge, le sommet devenant pelé et poli au fil des combats.

Les mâles ont parfois des proéminences osseuses importantes sur le crâne (ossicônes), 1 ou 2 sur le front et 2 en arrière des cornes. La présence de ces ossicônes est variable en fonction des sous espèces (ou espèces) et des individus. Les femelles peuvent en posséder, mais ils sont moins marqués chez celles-ci. Ce ne sont pas à proprement parler des cornes.

La girafe marche à l’amble (elle avance les pattes avant et arrière du même coté en même temps). La deuxième allure est le galop. Le trot n’existe pas chez la girafe. Le cou sert de balancier pour équilibrer le corps lors des déplacements. (Vitesse maximum de 50 à 60 Km par heure.)

La girafe dispose de 4 mamelles inguinales (2 paires).

1.2. Sous espèces et variantes géographiques:
Une seule espèce était signalée depuis le milieu du XXème siècle.

Jusqu’en 2016 il était communément admis 1 espèce pour 9 sous espèces (de 6 à 9 suivant les auteurs). Pour la plupart, ces sous espèces étaient établies sur la base des variations de pelage, de morphologie du crâne et de zone géographique. Des analyses génétiques ont également clarifiées la situation entre les girafes d’Afrique de l’Ouest G.c.peralta et d’Afrique Centrale G.c.antiquorum (A. Hassanin et al., C. R. Biologies 330 (2007).

Classification communément admise jusqu’en 2016.
1 espèceet 9 sous espèces: (Estimation des populations de 2016).

Girafa camelopardalis ………….

peralta girafe d’Afrique de l’Ouest Niger 400 individus
antiquorum girafe de Kordofan Nord Cameroun, Sud Tchad, République Centre Africaine, Ouest du Sud Soudan, RDC PN de Garamba. 2.000 individus
camelopardalis girafe de Nubie Sud Soudan, Ethiopie. 650 individus
reticulata girafe réticulée Ethiopie, Somalie, Kenya. 8.660 individus
rothshildi girafe de Rothshild Kenya, Ouganda. 1.500 individus
tippelskirchi girafe Masaï Kenya, Tanzanie. 32.000 individus
thornicrofti girafe de Thornicroft Zambie (vallée de la Luangwa). 550 individus
angolensis girafe d’Angola Botswana, Namibie, Zimbabwe. 13.000 individus
giraffa girafe d’Afrique du Sud Afrique du Sud, Zimbabwe, Botswana, Mozambique. 31.500 individus

Nouvelle classification proposée en septembre 2016 par Axel Janke et Julian Fennessy suite à des analyses génétiques sur des échantillons de peau de 190 girafes. (source: revue Current Biology)

4 espèces et 5 sous espèces:

Espèce Sous espèce Nom
Giraffa camelopardalis 3 sous espèces Girafes Nordiques
G.c. camelopardalis Girafe de Nubie
G.c. antiquorum Girafe de Kordofan
G.c. peralta Girafe de l’Ouest
Giraffa reticulata Pas de sous espèce Girafe réticulée
Giraffa tippelskirchi Pas de sous espèce Girafe Masaï
Giraffa giraffa 2 sous espèces Girafes du Sud
G.g. giraffa Girafe d’Afrique du Sud
G.g. angolensis Girafe d’Angola

La girafe de Rothschild est incluse dans la sous espèce de Nubie.
La girafe de Thornicroft est incluse dans l’espèce Massaï.

Certaines espèces et sous espèces possèdent des pelages caractéristiques. Pour d’autres, les différences sont moins évidentes. Sur cette photo, les robes sont très typées. En haut à gauche, girafe d’Afrique de l’Ouest (G.c.Peralta), en haut à droite girafe réticulée (G.c.Reticulata), en bas à gauche girafe massaï (G.c.Tippelskirchi), en bas à droite girafe du Cap (G.c.Giraffa).

2. Comportement: Assez grégaire, la girafe vit en troupeaux variables, non figés et non structurés. La composition des groupes de girafes est instable, ils se font et se défont au gré des rencontres. Ces groupes sont couramment de 10 à 20 individus (Mais il a été observé jusqu’à 70 girafes ensembles).

Groupe de girafes de Thornicroft – G.c.Thornicrofti – Parc national de la South Luangwa – Zambie

Groupe de girafes Massai – G.c.Tippelskirchi – Parc national de Katavi – Tanzanie

Après les naissances, les femelles et leurs jeunes se regroupent en harde, favorisant la surveillance et la défense vis à vis des prédateurs.

La girafe n’est pas un animal territorial.

Les girafes ne sont pas muettes, mais leurs «cris» sont très discrets. Elle peut émettre des infrasons, des sortes de bêlements, des ronflements, des gémissements ou des sifflements en cas de stress.

La girafe communique plutôt par signes, mais aussi par voie tactile et chimique, pour cela, elle émet des odeurs plus ou moins fortes et plus ou moins nauséabondes. Celles-ci proviennent de glandes sébacées situées à la base des poils et dans le cuir de l’animal et sont constituées d’une dizaine de composés volatils.

Le necking: Chez les jeunes mâles immatures, ce ne sont que des frottements et entrelacements d’encolures, mais chez les adultes ces combats peuvent être très violents, entrainant des blessures ou des chutes.

Les mâles élancent leur tête comme un marteau. Avec l’âge, le crâne de la girafe se densifie et devient plus massif, ce qui en fait une arme redoutable. Les coups sont portés n’importe où et le combat continue jusqu’à ce qu’un des deux adversaires se soumette ou s’éloigne. Ces combats ont pour but d’affirmer une dominance et d’accéder aux femelles.

Les girafes se couchent une partie de la nuit pour se reposer, elles dorment environ 4h35 par nuit (moyenne mesurée en captivité).

Pour boire, la girafe est contrainte de fléchir ou d’écarter ses pattes afin d’abaisser sa tête au niveau du sol. Elle le fait en adoptant deux positions caractéristiques.
Ci-dessus, cette girafe utilise la position la plus courante. Pattes tendues et écartées. Photo prise dans le parc national de Hwange au Zimbabwe.

Ci-dessus, une position moins courante avec les pattes légèrement écartées mais en flexion. Photo prise à Mukuvisi Woodlands à Harare au Zimbabwe.

Les girafes entretiennent une relation mutuelle bénéfique avec les oiseaux pique bœuf à bec jaune (Buphagus africanus) qui le débarrassent de leurs tiques.

3. Reproduction: La girafe est sexuellement mature vers l’âge de 4 à 5 ans pour le mâle et 3 à 4 ans pour la femelle. A compter de ce moment, elle est féconde jusqu’à 20 ans environ. Pendant cette période, elle est réceptive tous les 15 jours. Les mâles testent l’urine des femelles pour s’informer de leur réceptivité sexuelle. Il se passe environ 20 à 30 mois entre deux naissances. Une girafe peut donner naissance à une dizaine de girafons au cours de son existence.
Ci-dessus, ce mâle ne quite pas la femelle dans l’espoir de s’accoupler. Photo prise au Bioparc – Zoo de Doué la Fontaine. (Girafes d’Afrique Centrale G.c. Kordofan). On remarquera la différence de taille entre le mâle et la femelle ainsi que la robe très foncée de ce mâle âgé de près de 30 ans (ce mâle baptisé Sacha, est né le 18/08/1987).

Tentative d’accouplement. Photo prise au Bioparc – Zoo de Doué la Fontaine. (Girafes d’Afrique Centrale G.c. Kordofan).

La vie de la girafe commence par une chute de 2,5 mètres lors de la mise bas. Le girafon pèse de 50 à 70 kg pour une hauteur de 2 mètres. Il nait avec le cou replié le long du corps, ce qui limite les risques de blessure lors de la chute.

Pour la mise bas, la femelle plie légèrement les pattes pour amortir la chute.

Les jeunes sont sur leurs pattes moins d’une heure après la naissance et sont rapidement aptes à courir pour suivre leur mère.
Les premiers jours, les jeunes passent beaucoup de temps couchés, ils sont instables sur leurs pattes, ce qui les rend plus vulnérables que les autres ongulés lors de cette période.

Girafe d’Afrique de l’Ouest et son jeune – Environ de Kouré – Niger – G.c.Peralta

Les girafons grandissent d’environ 3 cm par jour et sont sevrés vers l’âge de 12 à 14 mois.

Environ 50% d’entre eux tombent sous les crocs ou les griffes des prédateurs (les lions et principalement les hyènes).

4. Biologie et anatomie:
Circulation sanguine et respiration: Le coeur de la girafe est beaucoup plus gros que chez les autres mammifères. Il pèse environ 14 Kg soit près de 2% du poids de la girafe, alors que chez l’homme ou le bœuf celui-ci ne représente que 0,5% du poids. Du fait de sa grande taille, la girafe dispose d’un système circulatoire particulier comportant des «accessoires» de régulation du flux et de la pression sanguine, qui évite les dommages aux organes, notamment au cerveau. En particulier un système situé à la base du cerveau (vulgairement comparé à une éponge) ainsi que 2 jeux de «valves», 1 jeu sur la carotide en direction du cerveau et 1 second sur la veine entre le cerveau et le coeur.
En complément la peau et les muscles des jambes agissent comme des bas de contension.

Le rythme respiratoire de la girafe est 1,5 fois plus rapide que chez l’homme. Sa trachée, d’un diamètre d’environ 5cm est longue de plus de 2 mètres.

Les yeux de la girafe sont assez volumineux. L’animal possède une excellente vue.
L’ouïe est également très bonne, avec des oreilles qui bougent indépendamment l’une de l’autre. L’odorat est un peu moins développé.

Le long coup de la girafe possède le même nombre de vertèbres cervicales (7) que chez (presque) tous les autres mammifères. Celles-ci sont en proportion environ 30% plus longues que chez les autres espèces. Le mâle possède un coup plus long que la femelle, il est en croissance continue chez celui-ci alors que chez la femelle la croissance s’interrompt à la maturité sexuelle.

Le crâne du mâle est environ 3 fois plus lourd que celui de la femelle et se développe tout au long de sa vie. Celui de la femelle ne se développe que très peu après la puberté.

5. Régime alimentaire:
La girafe est un ruminant et possède un estomac à 4 compartiments, elle passe à peu près le tiers de son temps à ruminer. Les périodes de pointe pour le nourrissage sont les 3 premières et les 3 dernières heures du jour. Les heures chaudes sont utilisées pour le repos et la rumination. La femelle passe environ 72% du jour en quête de nourriture alors que le mâle n’y consacre qu’environ 43%. La nuit est aussi utilisée pour la rumination.
Essentiellement folivore, la girafe mange aussi des fleurs, des gousses et des fruits. L’alimentation principale provient d’acacias, commiphora et combretum, mais plus de 100 plantes peuvent entrer dans le régime alimentaire de la girafe. La consommation de feuillage est de l’ordre de 34 kg par jour (jusqu’à 66 kg pour un mâle adulte).
Grace à leur longue langue préhensile (jusqu’à plus de 40cm) et à une lèvre supérieure très mobile, elles collectent les fleurs et les feuilles des arbres avec une nette préférence pour l’acacia. L’articulation entre la 1ère et la 2ème vertèbre cervicale permet à la girafe de positionner sa tête à la verticale.

L’acacia se défend des agressions de la girafe par la présence de longues épines et aiguilles, mais aussi par des sécrétions de sève urticante et de substances indigestes que l’arbre dispense en cas de besoin. Les acacias pactisent également avec certaines espèces de fourmis qui sont attirées par la production de gomme de l’arbre. En contrepartie, elles agressent les girafes lorsqu’elles s’en prennent à l’acacia.

Les girafes broutent aussi.
Girafes Massai – Parc national de Katavi – Tanzanie

Celle-ci à choisi de brouter couchée.
Girafe Massai – Parc national de Katavi – Tanzanie

Les girafes sucent et mâchent parfois des os pour un apport complémentaire en calcium et phosphore (surtout en saison sèche). Elles consomment également des sels minéraux issus du sol.
Excréments de girafe – Parc national de la Ruaha – Tanzanie.

6. Prédateurs:
Les principaux prédateurs de la girafe sont les lions et les hyènes.

Ces dernières tuent environ la moitié des nouveaux nés. Lors du 1er mois suivant leur naissance, entre la moitié et les trois quarts des girafons sont tués par les lions et les hyènes.

Le lion est le principal prédateur des girafes adultes. (Reserve du Selous – Tanzanie)

La grande taille de la girafe, sa bonne vue, sa vitesse et ses gros sabots en font une proie difficile. La girafe est cependant vulnérable lorsqu’elle boit.
Sabots antérieurs de la girafe – Parc national de la Ruaha – Tanzanie

En cas d’attaque, elle se défend des prédateurs avec des ruades et des coups de pieds. Lorsqu’elles sont avec leurs jeunes, elles se regroupent en terrain découvert.

A la vue d’un prédateur, les girafes se mettent en «arrêt» et regardent toutes dans la même direction. La queue à l’horizontal est un signe d’anxiété.

7. Habitat, distribution et évolution de la répartition:
On trouve la girafe dans les savanes sèche, les prairies, les forêts claires, mais aussi dans les milieux désertiques ou semi désertiques (Namib, Kalahari).

De plusieurs millions au début du XXème siècle la population a décliné pour atteindre moins de 100 000 individus vers 2010. La population était estimée à 140 000 en 1999.
La population de girafes a chuté de 36% à 40% entre 1985 et 2015.
Population estimée: 150.000 en 1985 contre 97.000 en 2016.

Elle est aujourd’hui absente de la zone saharienne, mais de nombreuses représentations (gravures et peintures rupestres) ainsi que des ossements fossiles attestent d’une présence antérieure dans cette partie de l’Afrique. (rives du Nil, Mauritanie, Ouest Sahara).

Les causes de sa disparition sont: La chasse au trophée, le braconnage, la diminution de ses territoires suite à la poussée démographique (mise en culture des terres).
Nota: Entre 2006 et 2015, les Etats Unis ont importé 21.400 sculptures sur os de girafe, 3.000 peaux et 3.700 trophées de chasse.
Les os de girafes sont couramment utilisés pour confectionner des manches de couteaux.

Lien vers fiche IUCN:

Lien vers carte de répartition géographique IUCN:

8. Réserves où l’animal a été observé par l’auteur:
Girafe d’Afrique de l’Ouest : Région de Kouré au Niger.
Girafe de Kordofan: (Zoo de Doué la fontaine, Zoo de Paris).
Girafe de Nubie: Non vue à ce jour.
Girafe réticulée: Parc national de Samburu au Kenya (Zoo de Beauval).
Girafe de Rotschild: Parc national de Nakuru au Kenya.
Girafe Massaï: Réserve du Massai Mara au Kenya, Parc nationaux du Serengeti, du Tarangire, de Katavi et de la Ruaha, réserve du Selous en Tanzanie.
Girafe de Thornicroft : Parc national de la South Luangwa en Zambie.
Girafe d’Angola: Parc national d’Etosha en Namibie, Parc national de Hwange au Zimbabwe, Réserve du Central Kalahari et de Moremi, parcs nationaux de chobe et Nxai Pan au Botswana.
Girafe d’Afrique du Sud: Parc national des Matopos au Zimbabwe.

9. Interactions avec l’homme:
Sans objet.

10. Informations complémentaires:

10.1. Origine du nom:
Appelée «camelopardalis» par les Grecs et Latins, «Zurnafa» (ou Zarafa, qui est à l’origine de giraffa) par les arabes. Le mot camelopardalus vient du latin «Camelus» pour son cou de chameau et de «Pardalis» pour sa robe panthère (léopard). Le nom giraffa ne sera officialisé qu’en 1994.

10.2. Origines/espèces fossiles:
Venues du sous continent Indien, elles arrivent en Afrique il y a environ 6 à 7 millions d’années. Les ancêtres des girafidés sont apparus il y a environ 20 millions d’années.
Les fossiles découverts dans l’Awash en Ethiopie et dans les gorges d’Olduvaï en Tanzanie attestent de la présence de leurs ancêtres en Afrique. (également en Afrique du Sud et au Kenya).
Aujourd’hui, les seuls représentants de cette lignée sont la girafe et l’okapi.

10.3. Les girafes à travers l’histoire:
En France, la girafe est décrite pour la première fois au XVIème siècle par Pierre Belon du Mans à la suite d’observations d’animaux captifs au Caire.
La première girafe «matérielle» arrive en France sous la forme d’une peau expédiée depuis l’Afrique du Sud en 1784 par François Vaillant et destinée aux collections du cabinet du roi.
L’arrivée de la première girafe connue en Europe se fait à Florence avec un spécimen acheté au sultan d’Egypte par Laurent de Médicis en 1486.
Les égyptiens chassaient la girafe vers 2500 AV JC.

Des girafes ont été sacrifiées aux jeux du cirque dans la Rome antique. Mais elles décevront par leur comportement peu combatif.

10.4. Iconographie:
Les girafes sont abondamment représentées en philatélie.

11. Bibliographie:
– Hartenberger, J.L. 2010. Grandeurs et décadences de la girafe, Belin.
– Dardaud, G. anoté par Lebleu, O. 2007. Une girafe pour le roi, Elytis.
– Carnaby, T. 2008. Beat about the bush, Jacana.
– Estes, R. D. 2012. The Behavior Guide to African Mammals, University of California Press.
– Ciofolo, I. & Le Pendu, Y. 2013. Encyclopédie Mammals of Africa Volume 6, Bloomsbury Publishing

12. Liens:
«
Multi-locus Analyses Reveal Four Giraffe Species Instead of One» Article paru dans la Revue «Current Biology» en 2016.
Giraffe Conservation Foundation.
Animal Diversity Web.
Variabilité de l’ADN mitochondrial chez Giraffa camelopardalis : conséquences pour la taxinomie, la phylogéographie et la conservation des girafes en Afrique de l’Ouest et centrale.

 

 

Petit koudou

Ammelaphus imberbis

Lesser kudu

Ordre des Cétartiodactyles, Famille des Bovidés

Hauteur au garrot: 0,9 à 1,1 m
Poids: Environ 100 Kg pour le mâle et 70 Kg pour la femelle.
Gestation: Environ 7 mois
Nombre de petits par portée: 1

Alimentation: Feuilles, pousses, fruits, fleurs, gousses, occasionnellement de l’herbe.

Prédateurs: Lion, léopard, lycaon, hyène tachetée.

Réserves où l’animal a été observé par l’auteur: Parc national de la Ruaha en Tanzanie, Zoo du Lunaret à Montpelier.

Lien vers Fiche IUCN. Lien vers carte de répartition géographique IUCN.

Le petit koudou dont le nom scientifique était auparavant Tragelaphus imberbisest une antilope endémique de l’Afrique de l’Est (Kenya, Tanzanie, Ethiopie, Somalie). La limite sud de son aire de répartition est le parc national de la Ruaha en Tanzanie.
Sa silhouette est assez semblable à celle du grand koudou mais les différences sont notables. Comme son nom l’indique il est assez petit, environ 1 m au garrot contre près de 1,5 m chez le grand koudou.
Le petit koudou porte un chevron blanc incomplet sur le front, 2 taches blanches à la gorge, des taches blanches à l’intérieur des jambes et le mâle ne porte pas de barbe sous le cou.
Le pelage est gris à fauve clair et fonce avec l’age. Les flancs sont parsemés de 11 à 15 rayures blanches bien marquées alant du dos au ventre.
Deux sous espèces sont identifiées, Ammelaphus imberbis imberbis, petit koudou du nord, Northern lesser kudu pour la corne de l’Afrique et Ammelaphus imberbis australis, petit koudou du Sud, Southern lesser kudu,  pour l’Afrique de l’Est.
Le petit koudou aime les zones arides à végétation assez dense comme la broussaille sèche, les buissons d’épineux.
Ce bovidé est assez craintif et s’aventure peu à découvert. Il est capable de se passer d’eau durant de longues périodes.
Les mâles adultes sont souvent solitaires, les femelles et les jeunes vivent en petits groupes de 3 à 6 individus.

Zoo de MontpelierPetit koudouPetit koudou mâle – Zoo du Lunaret – Montpellier

Zoo de MontpelierPetit koudouPetit koudou femelle – Zoo du Lunaret – Montpellier

Zoo de MontpelierPetit koudouPetit koudou mâle – Zoo du Lunaret – Montpellier

lesser_kuduPetits koudous femelles et jeunes – Parc national de la Ruaha – Tanzanie

kudu_ruahaPetit koudou femelle avec impalas – Parc national de la Ruaha – Tanzanie

koudou_ruahaPetit koudou mâle – Parc national de la Ruaha – Tanzanie

petit_koudouPetit koudou femelle – Parc national de la Ruaha – Tanzanie

Ane sauvage

Equus africanus

African wild ass

Ordre des Perissodactyles, Famille des Equidés

Hauteur au garrot: Environ 1,1 m
Poids: Environ 275 Kg
Gestation: 330 à 365 jours
Nombre de petits par portée: 1

Alimentation: Herbivore

Prédateurs: Hyène tachetée

Réserves où l’animal a été observé par l’auteur: Zoo de Beauval

Lien vers Fiche IUCN. Lien vers carte de répartition géographique IUCN.

L’âne sauvage d’Afrique est représenté par deux sous espèces, l’âne de Nubie equus africanus africanus et l’âne de Somalie Equus africanus somalensis.
De couleur gris à gris brun, l’âne de Somalie se distingue de son cousin de Nubie par des bandes sombres sur les pattes.
C’est l’ancêtre de la l’âne domestique.
Aujourd’hui en danger critique d’extinction, l’âne sauvage africain était autrefois présent jusque dans l’Atlas maroccain.

 

Zoo de BeauvalAne sauvage de Somalie – Zoo de Beauval

Ane sauvge de SomalieAne sauvage de Somalie – Zoo de Beauval

Equus africanusAne sauvage de Somalie – Zoo de Beauval

Suni

Nesotragus moschatus

Suni

Ordre des Cetartiodactyles, Famille des Bovidés
Hauteur au garrot: Environ 35 cm
Poids: 4 à 6 Kg
Gestation: Environ 180 jours
Nombre de petits par portée: 1

Alimentation: Herbivore, feuilles, pousses, herbes, fruits, champignons, racines.

Prédateurs: Léopard, python, aigle couronné.

Réserves où l’animal a été observé par l’auteur: Ecosystème du Selous en Tanzanie.

Lien vers fiche IUCN. Lien vers carte de répartition géographique IUCN.

Le Suni appelé aussi antilope musquée est un des plus petits bovidés africains.
Il fait partie avec l’antilope royale et l’antilope de Bates des antilopes naines.
Le suni est parfois classé dans le genre neotragus avec les deux autres antilopes citées ci-dessus. Ses particularités le classe en réalité dans le genre nesotragus.
Il est représenté par deux sous espèces. Celle représentée en photo dans cet article est le neotragus moschatus moschatus ou suni de Zanzibar.
Cette antilope est présente à l’est de la vallée du Rift, entre l’équateur et le Zululand en Afrique du Sud, sa distribution est morcelée.
Endémique des forêts assez épaisses à feuillages persistants ou semi caducs, cet animal territorial est très discret et méfiant.
Il vit le plus souvent en couple, parfois en petit groupe.

suniSuni mâle – Ecosystème du Selous -Tanzanie

En plus de sa petite taille, le suni a pour particularité une silhouette élégante avec une croupe arrondie, une queue assez longue qui frétille régulièrement, des glandes préorbitales disproportionnées (surtout chez le mâle), des grands yeux très proéminents, un cou court, des oreilles presque translucides dont l’intérieur rose est dépourvu de poils.
Seul le mâle porte des cornes. Celles-ci sont droites et inclinées vers l’arrière dans le prolongement de la face. Elles mesurent en moyenne 8 cm pour un maximum de 13 cm, elles sont pointues et pourvues d’anneaux irréguliers sur les trois quarts inférieurs.

musqueSuni – Ecosystème du Selous -Tanzanie

neotragusSuni – Ecosystème du Selous – Tanzanie

moschatusCouple de sunis – Ecosystème du Selous – Tanzanie