Auteur/autrice : Dominique

Mammifères d’Afrique – African Mammals – Revue du WEB – Aout 2021

Liens vers l’actualité WEB de la faune africaine – Links to WEB African Wildlife News.

Préservation / Conservation:

Kenya : Une activiste de renom assassinée en plein jour.
Namibia’s livestock guarding dogs are saving cheetahs.
KENYA : une clôture électrique pour réduire les conflits homme-éléphant à Tsavo Est.
CONGO: a new wildlife park to protect animals rescued from poaching.
MOZAMBIQUE : 89 zèbres et gnous transférés de Kruger pour restaurer le parc de Zinave.
CONGO : Olam et WCS s’accordent pour la biodiversité autour du parc de Nouabalé-Ndoki.

Braconnage / Poaching – Trafic / Traffic – Commerce / Trade – Chasse / Hunting:

Afrique du Sud : hausse du nombre de rhinocéros tués en 2021.
Nigeria seizes scales from 15,000 dead pangolins.
Trophy hunters kill another breeding Hwange lion – Mopane.
Hong Kong adds wildlife trafficking to organised crime law.
Hong Kong : le trafic d’animaux sauvages désormais considéré comme un crime organisé.
Namibie : Une cinquantaine d’éléphants vendus aux enchères.

Primates:

Burundi : Des primates du Sud se trouvent à un pas d’extinction, un activiste alerte.
Chimps use ‘hi’ and ‘bye’ greetings, just like humans.
Chimps kill baby gorillas – observed for the first time.
For male chimps looking to mate, an entourage is the way to go, study finds.
CAMEROUN : le gouvernement s’attaque à nouveau à la forêt du Nkam, refuge de gorille.

Herbivores / Herbivorous:

Giraffes are as socially complex as elephants.
Selon une étude, l’homme est le principal facteur influençant la répartition des éléphants à travers l’Afrique.
Understanding the magnificent, intelligent, and critically endangered forest elephant.

Carnivores / Carnivorous:

Marvellous meerkats, mongooses of the desert.
Cape fur seals bear the brunt of plastic pollution, new research shows.
Leopard conservation in South Africa.

Autres nouvelles / Others news:

COTE D’IVOIRE : 90% du couvert forestier a disparu en 60 ans.
Cote d’Ivoire : Le couvert forestier et les chimpanzés menacés.
Dans le sud du Cameroun, la difficile cohabitation entre les hommes et les animaux sauvages.
AFRIQUE : l’Usaid accorde 49 millions de dollars à Tetra Tech pour la biodiversité.
RDC : 205 ONG militent pour l’expulsion de Kimia Mining de la réserve à Okapis.
GABON : classement du parc d’Ivindo au patrimoine mondial de l’Unesco, quels enjeux ?
Guinea rail builders blast in chimp habitat, no plan to protect apes.
GUINÉE : le projet d’exploitation du fer de Simandou menace les chimpanzés de l’ouest.
AFRIQUE: la BAD va intégrer le capital naturel dans le financement du développement.
KENYA : avec KTB, TikTok sensibilise à la conservation de la biodiversité.

Mammifères d’Afrique – African Mammals – Revue du WEB – Juillet 2021

Liens vers l’actualité WEB de la faune africaine – Links to WEB African Wildlife News.

Préservation / Conservation:

Le Kenya s’inquiète d’un projet britannique de « réensauvagement » d’éléphants.
KENYA : le pari fout du transfert d’un troupeau d’éléphants depuis l’Angleterre.
Should a herd of captive elephants be released into the wild?
Overcoming community-conservation conflict: Q&A with Dominique Bikaba.
Volcanoes Park to acquire 10,000 hectares for expansion.
Dans la lutte mondiale pour sauver les espèces menacées, les communautés locales jouent un rôle clé.
Élitisme et racisme, les faces cachées de la conservation – Rencontre avec Colleen Begg.
Reckoning with elitism and racism in conservation: Q&A with Colleen Begg.
Kenya : Une activiste de renom assassinée en plein jour.
En RDC, la propriété communautaire des forêts aide à protéger le gorille de Grauer.
TCHAD : Noé obtient la gestion déléguée de la réserve de faune de Binder-Léré.

Braconnage / Poaching – Trafic / Traffic – Commerce / Trade – Chasse / Hunting:

Another giant elephant trophy hunted – is this conservation ?
La Tanzanie a arrêté plus de 33.380 braconniers en 5 ans seulement.

Primates:

What wild chimps can teach humans about healthy aging.
First lethal attacks by chimpanzees on gorillas observed.
Camera traps capture photos of rare gorillas and other wildlife in tiny Nigerian sanctuary.
This giant, leaf-eating lemur was the size of a human and had paws like a koala.
Chimpanzees have not entered the stone age.
Baboons wearing fitness trackers show that taking toddlers anywhere is a nightmare no matter your species.
Sans espace pour se développer, la croissance de la population des gorilles de montagne pourrait faire boomerang.

Herbivores / Herbivorous:

Kenya : Les éléphants perdent du terrain face aux exploitations agricoles.
Humans are biggest factor defining elephant ranges across Africa, study finds.
A bark in the dark reveals a hidden hyrax.
Fossil tracks and trunk marks reveal signs of ancient elephants on South Africa’s coast.
Poaching is directly and indirectly driving the decline of South Africa’s large population of white rhinos.
Wildebeest sleep and the mysteries of slumber.
Elephant problem ? No simple answers.

Carnivores / Carnivorous:

The science behind rebranding wild dogs.
Rising temperatures further threaten already endangered African wild dogs.
African wild dogs return to southern Malawi for the first time in 20 years.

Autres mammifères / Others mammals:

RDC : une croyance liée à la sexualité menace les pangolins.
Researching climate change’s impact on pangolins.

Autres nouvelles / Others news:

Oil in the Okavango basin – An investment scam ?
COTE D’IVOIRE : 90% du couvert forestier a disparu en 60 ans.
RDC : le retrait du parc de la Salonga du patrimoine mondial en péril divise.

Mammifères d’Afrique – African Mammals – Revue du WEB – Juin 2021

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Préservation / Conservation:

Under immediate threat: Zambia’s Kasanka NP and world’s largest mammal migration.
La déforestation s’intensifie dans les aires protégées du nord de la RDC.
Deforestation spikes in Virunga National Park, DRC.
GABON : une fondation pour renforcer la sécurité autour du parc Lékédi.
AFRIQUE : African Parks obtient 108 M$ pour la gestion de ses parcs nationaux.
Des pics de déforestation enregistrés dans le parc national des Virunga (RDC).

Braconnage / Poaching – Trafic / Traffic – Commerce / Trade – Chasse / Hunting:

Tanzania’s “Ivory Queen” denied release after appeal.
Poaching declines in Tanzania following prosecution of ivory trafficking ringleaders.
Kenya Looks to Maintain Zero Rhino Poaching Record.
Unregulated by U.S. at home, Facebook boosts wildlife trafficking abroad.

Primates:

Great apes predicted to lose 90% of homelands in Africa, study finds.
Mali : L’insécurité et le militantisme menacent les chimpanzés.
LIBERIA : donner de l’espace aux chimpanzés pour l’épanouissement de leur espèce.
Lemurs: A diverse group of endangered primates.
RD Congo: Des naissances de bébés gorilles donnent espoir.
Naissance au Gabon d’un bébé gorille qui peut revendiquer 3 nationalités.
Des adoptions sans lien de parenté chez les bonobos pourraient relever d’un certain altruisme.
Without room to expand, mountain gorillas’ population growth could backfire.

Herbivores / Herbivorous:

Zimbabwe’s elephant culling plan stirs debate.
The mystery of giraffes in Africa.
For African Elephants, Pee Could Be a Potent Trail Marker.
White-eared kob and tiang migration South Sudan.
Kenya: How Elephants Raid Crops in Kenya’s Masai Mara Has Changed. Why It Matters.
How forest elephants move depends on water, humans and also their personality.
Le rôle des hippopotames dans l’entretien des routes navigables au Lac Ezanga (Lambaréné).
How many times a day does a waterbuck need to drink?
Humans are biggest factor defining elephant ranges across Africa.

Carnivores / Carnivorous:

Otters of Africa.

Autres mammifères / Others mammals:

De 25 euros le kilo en République démocratique du Congo à 500 euros au Vietnam, « Envoyé spécial » a enquêté sur le trafic des écailles de pangolin.

Autres nouvelles / Others news:

Lion farming and zoonotic diseases.
New oilfield in African wilderness threatens lives of 130,000 elephants.
Do tracking collars impact animals negatively?
Lower Zambezi copper mine given the go-ahead.

Mammifères d’Afrique – African Mammals – Revue du WEB – Mai 2021

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Préservation / Conservation:

The role of African traditions and beliefs in wildlife conservation.
Le Gabon et la WCS développent une nouvelle méthode basée sur l’étude de l’ADN pour préserver les éléphants de forêt.
GABON : pour que le droit pénal international prenne aussi en compte, le braconnage.
NAMIBIE : Wildlife Angel déploie une mission antibraconnage dans le parc d’Etosha.

Braconnage / Poaching – Trafic / Traffic – Commerce / Trade – Chasse / Hunting:

L’Afrique du Sud veut interdire l’élevage de lions en captivité pour la chasse.
Afrique du Sud : vers l’interdiction de l’élevage de lions en captivité pour la chasse.
AFRIQUE DU SUD : le gouvernement interdit l’élevage de lions en captivité.
South Africa plans to end controversial captive lion industry.
South Africa Ends Captive Lion Breeding and Bone Trade.
Captive lions: NO – says South Africa’s minister.
Canned hunting canned: Minister Creecy announces ‘new deal’ for South Africa’s wildlife industry.
Lions bones and bullets.
Recreational hunting: 50 years of scientific research.
Rhino poachers are back after South Africa eases lockdown restrictions.
Kruger rangers face lie tests to catch rhino poachers.
L’histoire de deux trafiquants est un exemple rare des condamnations liées à la conservation au Congo.
Uganda Turns to Drones to Fight Poaching, Wildlife Trafficking.

Primates:

Quand un gorille se frappe la poitrine, il donne des indications sur sa taille révèle une étude.
A Madagascar, l’agriculture sur brûlis détruit un refuge pour lémuriens et grenouilles en voie de disparition.
Les chimpanzés ont des « poignées de mains » propres à leur groupe social.

Herbivores / Herbivorous:

Au Gabon, Wildlife, (WCS) et l’ANPN conçoivent une nouvelle méthode permettant de recenser les populations d’éléphants.
Zimbabwe mulls first mass elephant killing in decades.
Kenya: Mountain Bongo Makes a Return to Mt Kenya.
KENYA : quand éléphants et avocatiers se disputent la vallée du Rift.
French Scientists in Zimbabwe Use Facial Recognition Technology to ID Giraffes.
Giraffe numbers double in SA even as they decline on rest of African continent.
What are elephants really ‘saying?’ First-ever library reveals communication mysteries.
Four giraffe species, seven subspecies: new research.

Carnivores / Carnivorous:

Chobe river lions face an uncertain future.
The Complexity of Lion Roars.
Serval.
Vous avez dit chacal ? Quel Canis en Afrique du Nord ?

Autres nouvelles / Others news:

Les images satellite: une solution de plus en plus intéressante pour les études sur la faune sauvage.
Banks must help fight illegal wildlife trade.

Mammifères d’Afrique – African Mammals – Revue du WEB – Avril 2021

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Préservation / Conservation:

Elephant hunting – Botswana grants 287 licenses.
BOTSWANA : le gouvernement va abattre 287 éléphants d’ici la fin du mois de septembre.
Au Botswana, ouverture de la saison de la chasse à l’éléphant.
Chasse aux éléphants – Le Botswana persiste et signe
Six Lions Found Dead in Ugandan National Park.
Couple Sedates Lion Cub For Wedding Photoshoot.
Ivory and terrorism: Africa’s White Gold of Jihad.
Southern Africa’s Ivory Delusion.

Primates:

Why do male gorillas beat their chests? New study offers intriguing evidence.
En Tanzanie, des dos-d’âne au secours du colobe roux de Zanzibar, l’un des primates les plus rares d’Afrique.
These endangered monkeys kept getting hit by cars. Scientists had a clever solution.
Fin de cavale pour un babouin sans foi ni loi du Cap en Afrique du Sud.
Pourquoi les gorilles mâles se tapent-ils la poitrine ?
Chimpanzees: Intelligent, social and violent.
A male baboon’s dominance gives him babies, but cost him years.
Searching for one of Africa’s most enigmatic primates in the Lomami River basin.
Using local knowledge and camera traps to investigate occurrence and habitat preference of an Endangered primate: the endemic dryas monkey in the Democratic Republic of the Congo.
Monkeys are less cuddly with each other when dealing with an infection, study finds.
Be early or be tolerated: vervet monkey, Chlorocebus pygerythrus, foraging strategies in a dispersed resource.

Herbivores / Herbivorous:

Elephants return to conflict-ridden national park.
Forest elephants – vanishing ghosts.
It’s true – elephants are thriving in Namibia.
Les éléphants, emblèmes de la Côte d’Ivoire, en voie d’extinction.
Elephant range is just a fraction of its potential.

Carnivores / Carnivorous:

Captive lions kept in ‘stressful conditions’ create perfect recipe for disease, experts say.
Pourquoi les lions bâillent-ils si souvent ?
Namibia: Desert Lions Devastated By Famine.

Autres nouvelles / Others news:

Suivi de la faune en Afrique Centrale: Une équipe de chercheurs conçoit des algorithmes d’intelligence artificielle.
Protection de la Biodiversité: L’intelligence artificielle à la rescousse.
OUGANDA : Kampala donne le feu vert pour l’exploitation pétrolière dans le lac Albert.
Total’s East African oil pipeline to go ahead despite stiff opposition.
Au Soudan, la demande croissante de terres cultivables menace le parc national Dinder.

Cercopithèque de l’Hoest

Allochrocebus lhoesti (Sclater 1899)

L’Hoest’s monkey – L’Hoest’s Guenon – « Mountain Monkeys ».

Ordre des Primates, famille des Cercopithécidés, genre Allochrocebus.

Poids: En moyenne 6 Kg pour le mâle et 3,5 Kg pour la femelle.
Longueur de la queue: 50 à 90 cm.
Gestation: Environ 5 mois.
Nombre de petits par portée: 1
Longévité: Inconnue en milieu sauvage, 24 ans attesté en captivité peut-être plus de 30 ans ?

Lien vers fiche IUCN.

Le cercopithèque de l'Hoest - Allochrocebus lhoestiCercopithèques de l’HoestAllochrocebus lhoesti – Bwindi – Ouganda

1. Description, sous espèces et variantes géographiques

1.1. Description
Le cercopithèque de l’Hoest est un singe de taille moyenne pourvu de jambes longues. Lorsqu’il se déplace au sol, son dos est incliné vers l’avant.
Sa queue est longue, de couleur grise, elle est plus sombre à l’extrémité et se termine par un toupet.
Elle est très mobile et forme souvent un crochet lorsque ce primate est en déplacement au sol.
La fourrure du corps est gris foncé avec des reflets bleutés, le dos est coloré en marron roux.
Le cercopithèque de l’Hoest porte un collier et des favoris de fourrure blanche allant du haut de la poitrine jusqu’aux oreilles.
Les yeux sont orange vif et entourés d’une surface de peau glabre se prolongeant jusqu’à la hauteur des narines.
Mis à part la taille (les mâles peuvent être deux fois plus grand que les femelles) le dimorphisme sexuel est peu marqué.
Comme chez les cercopithèques de savane, les testicules des mâles sont bleue turquoise.

Le cercopithèque de l'Hoest - Allochrocebus lhoestiCercopithèque de l’HoestAllochrocebus lhoesti – Bwindi – Ouganda

1.2. Sous espèces et variantes géographiques
Le cercopithèque de l’Hoest est une espèce mono-typique qui n’a pas de sous espèce officiellement reconnue.
Il était précédemment classé dans le genre cercopithecus (cercopithecus lhoesti) mais suite à des analyses génétiques il est aujourd’hui classé dans le genre allochrocebus (Elliot 1913) qui comporte 3 espèces : Le cercopithèque de l’Hoest, le cercopithèque de Preuss allochrocebus preussi et le cercopithèque à queue dorée allochrocebus solatus.
Cette classification alimente encore quelques controverses et ces trois allochrocebus sont parfois classés en une espèce et trois sous espèces.
Dans « Animaux de chasse d’Afrique » de P. Bourgoin, 1955, ce primate est inclus dans la désignation de « Singes de l’Hoest ».
Voir sur le site la rubrique les primates africains.

Le cercopithèque de l'Hoest - Allochrocebus lhoestiCercopithèque de l’HoestAllochrocebus lhoesti – Bwindi – Ouganda

2. Comportement

Le cercopithèque de l’Hoest est un primate diurne qualifié de terrestre bien qu’il se déplace aussi dans les arbres et qu’il y soit très à l’aise.
Il vit en harem constitué généralement d’un mâle adulte accompagné par des femelles et leurs jeunes, de 5 à plus de 30, 10 à 17 en moyenne.
Les mâles quittent le groupe à l’atteinte de la maturité sexuelle, Ils peuvent alors constituer des groupes de mâles célibataires.
Le domaine vital d’un groupe est d’une superficie de l’ordre de 7 à 10 Km2.
Le harem se réuni pour la nuit dans un arbre dortoir, souvent le même.
Comme beaucoup de primates, ils pratiquent le toilettage mutuel.
L’essentiel de la communication est visuelle (mimiques, attitudes) et tactile (toilettage). La communication vocale est très discrète.

Le cercopithèque de l'Hoest - Allochrocebus lhoestiCercopithèques de l’HoestAllochrocebus lhoesti – Bwindi – Ouganda

3. Reproduction

Le cercopithèque de l'Hoest - Allochrocebus lhoestiCercopithèques de l’HoestAllochrocebus lhoesti – Kibale – Ouganda

Chez le cercopithèque de l’Hoest la femelle ne présente pas de signe extérieur en période d’ovulation.
Lorsqu’elle souhaite s’accoupler, elle présente sont arrière train au mâle.
Après une gestation d’à peu près 5 mois,  la mère donne naissance à un seul petit.
Les jeunes naissent avec une fourrure intégralement brune qui change de couleur pour devenir comme celle des adultes vers 2 à 3 mois.
Le sevrage s’opère vers l’âge d’un ou deux ans.

Le cercopithèque de l'Hoest - Allochrocebus lhoestiCercopithèques de l’HoestAllochrocebus lhoesti – Bwindi – Ouganda

4. Biologie et anatomie

Peu de données sont disponibles pour cette espèce car celle-ci est assez mal connue. Le cercopithèque de l’Hoest est cependant le seul primate africain possédant une queue à tendance semi préhensile.

5. Régime alimentaire

Les cercopithèques de l’Hoest sont des singes omnivores qui se nourrissent en groupe.
Leur régime alimentaire est variable en fonction du milieu et de l’altitude où ils évoluent mais il est principalement composé d’herbes, de feuilles, de graines, de fruits, de fleurs, d’écorces, de lichens, de champignons, de vers, d’ araignées ou encore d’ insectes.
Ils trouvent environ les deux tiers de leur alimentation dans les arbres.
Par leur consommation de fruits, ces singes jouent un grand rôle dans la dispersion des graines.
Il leur arrive également de consommer des fruits et des légumes pillés dans les champs et les jardins (maïs, banane, haricots, etc.).
Ce primate possède des bajoues où il stocke de la nourriture au cours de sa collecte.
Lors de leur quête de nourriture, les groupes de cercopithèques de l’Hoest peuvent se retrouver mélangés à d’autres primates (autres cercopithèques, colobes).

Le cercopithèque de l'Hoest - Allochrocebus lhoestiCercopithèques de l’HoestAllochrocebus lhoesti – Bwindi – Ouganda

6. Prédateurs

Les principaux prédateurs de ce cercopithèque sont l’aigle couronné et le léopard, mais des cas de prédation ont été observés par des chimpanzés en RDC.

7. Habitat, distribution et évolution de la répartition

7.1. Habitat
Ce primate vit dans les forêts tropicales pluvieuses de montagne à des altitudes variant entre 400 et 2.700 mètres.

7.2. Distribution
Son aire de répartition est relativement limitée puisqu’elle ne couvre qu’environ 474.000 km².
Elle est située sur les territoires du Burundi, de l’Est de la République Démocratique du Congo, de l’Ouest du Rwanda et du Sud Ouest de l’Ouganda.
Cette aire de répartition n’est pas continue et certaines populations vivent dans des poches isolées des autres.

7.3. Evolution des populations
Ce primate est classé vulnérable du fait de la faible surface de sa zone de répartition qui est de plus fortement morcelée.
La population globale est inconnue.
Pour exemple: au Rwanda dans la forêt de Gishwati (province occidentale, district de Rutsiro) la population de cercopithèque de l’Hoest est estimée à 1327 individus (2019).
La superficie de cette forêt a fortement diminué suite à la déforestation, en 2002 il ne restait plus que 2% de la superficie existante dans les années 1970.
Source : African Primate 14 – 55-60 (2020) « A Population Survey of Golden Monkeys and L’Hoest’s Monkeys in Gishwati Forest, Rwanda – Sophia Siegel, Olivia George, Autumn Ellisor, Keith S. Summerville, andMichael J. Renner .

7.4 Cause de la disparition du cercopithèque de l’Hoest
La cause principale est la perte d’habitat du fait de l’expansion humaine occasionnant le défrichement pour mise en culture et l’exploitation forestière.
Dans la région du Rift Albertine on estimait en 2018 que l’habitat avait réduit d’environ 38 % suite à la conversion des terres pour l’agriculture.
Ce primate est relativement peu chassé mais il est parfois pris dans des collets destinés à d’autres animaux (petites antilopes de forêt).
En République Démocratique du Congo dans le district d’Ituri le cercopithèque de l’Hoest était autrefois chassé par les pygmées Mbuti. Sa peau était ensuite utilisée pour confectionner des chapeaux portés lors des danses traditionnelles au cours des cérémonies de circoncision, elle était également utilisée pour confectionner des vêtements pour enfants.
La viande de ce primate était consommée avec certains tabous, « les adultes en âge de procréer ne pouvant manger sa chair au risque de contracter une fièvre mortelle ».
Pour ces tribus le nom vernaculaire d’allochrocebus lhoesti est Sabiya ou Sabila. Source : Carpaneto, G.M. & Gerrmi, F.P. 1989. The mammals in the zoological culture of the Mbuti pygmies in North-Eastern Zaïre.

Le cercopithèque de l'Hoest - Allochrocebus lhoestiCercopithèques de l’HoestAllochrocebus lhoesti – Bwindi – Ouganda

8. Interactions avec l’homme

Les interactions avec l’homme sont assez limitées, il faut cependant citer le pillage des jardins et des champs (voir paragraphe 5).

9. Informations complémentaires

9.1. Origine du nom
Le nom de ce primate africain a été attribué par Philip Lutley Sclater zoologiste britanique en l’honneur de Michel l’Hoest alors directeur du zoo d’Anvers.

9.2. Iconographie
Gravure représentant un cercopithèque de l’Hoest femelle, par l’artiste Néerlandais Joseph Smit (1836-1929). Extraite d’un document de la Zoological Society of London de 1898 – Collection du British Museum of Natural History.

Le cercopithèque de l'Hoest - Allochrocebus lhoesti

Cercopithèques de l’Hoest représentés sur des timbres d’Ouganda et de la République Démocratique du Congo.

Le cercopithèque de l'Hoest - Allochrocebus lhoesti

10. Bibliographie

– Petter, J-J. et Desbordes, F. 2010. Primates, Nathan. (Ouvrage collectif).
Sarmiento, E.E. 2013. Mammals of Africa, Volume II Primates, Bloomsbury.
– Stuart, C. et M. 2016. Guide photo des grands mammifères d’Afrique, Delachaux et Niestlé.
– Kingdon, J. 2006. Guide des mammifères d’Afrique, Delachaux & Niestlé.
– Dorst, J. 1972. Guide des grands mammifères d’Afrique, Delachaux & Niestlé.
– De Jong, Y.A. et Butynski, T.M. 2018 Primates of east Africa – Pocket Identification Guide, Global Wildlife Conservation.
– Carpaneto, G.M. & Gerrmi, F.P. 1989. The mammals in the zoological culture of the Mbuti pygmies in North-Eastern Zaïre.

11. liens

New England Primate Conservancy – L’Hoest Monkey.
Animal Diversity Web: L’Hoest Monkey.

Mammifères d’Afrique – African Mammals – Revue du WEB – Mars 2021

Liens vers l’actualité WEB de la faune africaine – Links to WEB African Wildlife News.

Préservation / Conservation:

Le Gabon se dote d’un laboratoire d’analyses génétiques de la faune, une première en Afrique centrale.
CONGO: le projet Biodev 2030, pour freiner le déclin de la biodiversité.
Avocats contre éléphants, nouvel épisode de la difficile cohabitation entre agriculture et faune sauvage au Kenya.
Translocating lions does not reduce conflict.

Braconnage / Poaching – Trafic / Traffic – Commerce / Trade – Chasse / Hunting:

The story behind the Namibian elephant auction.
Namibian elephant auction: A Potemkin conservation model.
Bannir la viande de brousse, un remède pire que le mal.
Cameroun – Le Parc de Waza (Extrême-Nord) en proie à une recrudescence des activités de braconnage.
Rhino poaching in Botswana – is pride hampering prevention ?
The Sick Five’: Captive lion breeding industry poses public health risk.
Rangers moins présents, chute des revenus : la pandémie a nui aux efforts de conservation des aires protégées.
En Ouganda, six lions « grimpeurs » mutilés dans un célèbre parc national.
Botswana to Proceed With Elephant Hunts Despite Red List.

Primates:

Temporal patterns in the social network of core units in Rwenzori Angolan colobus monkeys: Effects of food availability and interunit dispersal.
Social groups buffer maternal loss in mountain gorillas.
Unrelated adoptions by bonobos may point to altruistic traits, study says.
Madagascar: Businesses drive disappearance of a wetland ‘reed forest’.

Herbivores / Herbivorous:

Why airlifting rhinos upside down is critical to conservation.
Giraffe genome holds keys to its peculiar body—and clues to hypertension treatments.
Seek and ye shall find – elephant identification.
Africa’s forest elephant has been largely overlooked. Now we need to fight for it.
African elephant species now Endangered and Critically Endangered.
Les espèces d’éléphants d’Afrique sont désormais En danger et En danger critique d’extinction.
Shades of grey: how to tell African elephant species apart.
First Photo in the Wild: one of the world’s most secretive mammals photographed in WildCRU’s Togo survey.
Molecular sexing of degraded DNA from elephants and mammoths:

Carnivores / Carnivorous:

L’insémination artificielle des lions, un danger pour leur conservation.
Setting the record straight on the much maligned hyena.
A new way to record lion roars and what it can tell us about the influence of environmental features on lion vocal behaviour.
High-quality carnivoran genomes from roadkill samples enable comparative species delineation in aardwolf and bat-eared fox.
When lions eat livestock, relocation is common—but often deadly.
Density responses of lesser-studied carnivores to habitat and management strategies in southern Tanzania’s Ruaha-Rungwa landscape.
African canids – 11 fascinating species.

Autres mammifères / Others mammals:

The largest mammal migration on planet earth.
Vivid biofluorescence discovered in the nocturnal Springhare (Pedetidae).

Autres nouvelles / Others news:

Mammifères d’Afrique – African Mammals – Revue du WEB – Février 2021

Liens vers l’actualité WEB de la faune africaine – Links to WEB African Wildlife News.

Préservation / Conservation:

Eye in the Sky: Tech makes satellite imagery increasingly attractive for wildlife surveys.
AFRIQUE DE L’EST : WCS va préserver la biodiversité de Boma-Gambella avec 4,4 M€.
Does the farming and legal trade of wildlife do more harm than good? New study.
AFRIQUE : la philanthropie pour pallier le déficit de financement de la biodiversité.
ZAMBIE : African park déploie son savoir-faire dans le parc national de Kafue.

Braconnage / Poaching – Trafic / Traffic – Commerce / Trade – Chasse / Hunting:

Afrique du Sud: Le COVID19 protège les rhinocéros du braconnage.
L’ivoire, qu’il soit légal ou illégal ne sera plus vendu en Europe.
Namibia to sell off wild elephants in controversial auction.
Coronavirus en Afrique du Sud : Avec le confinement, le braconnage des rhinocéros a diminué d’un tiers en 2020.
Aucun rhinocéros n’a été braconné au Kenya pour la première fois depuis 21 ans.
GABON : quand une ONG permet au gouvernement d’arrêter 47 trafiquants fauniques.

Primates:

Chimpanzees use numerous flexible vocal sequences with more than two vocal units: A step towards language?
Maternal Care in Free-Ranging Arboreal Grey-Cheeked Mangabeys (Lophocebus albigena johnstoni) in Kibale National Park, Uganda.
VIDEO. Ouganda : « Les chimpanzés sont exposés aux pesticides et à une pollution plastique au cœur de la forêt tropicale », alerte la primatologue Sabrina Krief.
Selfies, gorillas and the risks of disease transmission.
Keep your distance: selfies, gorilla tourism and the risks of Covid-19 transmission.
Ecological correlates of chimpanzee (Pan troglodytes schweinfurthii) density in Mahale Mountains National Park, Tanzania.
Madagascar: Young farmers adopt new methods to help lemurs, forests and themselves.
Chimpanzees behave prosocially in a group-specific manner.
Chimpanzee population in DR Congo develops their own customs and traditions.

Herbivores / Herbivorous:

Les rayures mystérieuses des zèbres.
Did fences cause the elephant deaths in Botswana?
Le Kruger a perdu près de 70 % de ses rhinocéros en 10 ans.
Fruit famine is causing elephants to go hungry in Gabon.
Pourquoi les éléphants sont-ils immunisés contre le cancer ?
Saving the Mountain Bongo, a rare antelope at risk of extinction.
Sauver les rhinocéros par les pieds.
Why do zebras have stripes? Candid Animal Cam visits the Serengeti.

Carnivores / Carnivorous:

The African painted dogs that vote by sneezing and run on ‘shadow puppet legs’.
Unravelling the elaborate sex lives of spotted hyenas.
Aardwolf.
Evolutionary history of carnivora (mammalia, laurasiatheria) inferred from mitochondrial genomes.
African wildcat.
Co‐occurrence of high densities of brown hyena and spotted hyena in central Tuli, Botswana.

Autres mammifères / Others mammals:

Pangolins in Cameroon are on the verge of extinction.
New desert warthog records for Laikipia County, central Kenya.

Autres nouvelles / Others news:

Upstream land-use negatively affects river flow dynamics in the Serengeti National Park.
Exploration pétrolière : le lancement de forages au nord de la Namibie suscite l’inquiétude.
RDC : les forêts du bassin du Congo menacées par 19 blocs pétroliers.
Should Pablo Escobar’s hippos be culled to halt biodiversity disaster?
Lower Zambezi Large Scale Mine Project to go ahead after Appeal is dismissed.

Mammifères d’Afrique – African Mammals – Revue du WEB – Janvier 2021

Liens vers l’actualité WEB de la faune africaine – Links to WEB African Wildlife News.

Préservation / Conservation:

South African game reserves face hard times as Covid halts tourism.
Spotting elephants from space.
Elephants counted from space for conservation.
Un nouveau guide pour gérer durablement la faune dans les forêts de production d’Afrique centrale.
Vers le renforcement de la protection de la réserve du Mont Nimba.
Recommendations pour des Images Responsables de Primates.
Largest collaring initiative to protect wildlife in Pendjari and W National Parks, Benin.

Braconnage / Poaching – Trafic / Traffic – Commerce / Trade – Chasse / Hunting:

Elephant ivory continues to be disguised and sold on eBay.
Six gorilla rangers killed in ambush at DR Congo’s Virunga national park.
RDC : six gardes tués lors d’une attaque dans le parc national des Virunga.
La viande de brousse.
Of ivory, elephants, shipwrecks and slaughter.
‘Gold rush’ as Botswana meets appetite for lion parts.
Ivory by any other name: Illegal trade thrives on eBay, study finds.
Nigeria emerges as Africa’s primary export hub for ivory, pangolin scales.
Le commerce mondial, ennemi des éléphants depuis près de 500 ans.
Customs seizes lion bones, pangolin scales worth N952m.
Nigeria seizes pangolin scales bound for Vietnam.
Namibie: End of the Game.
Nigéria, nouvelle plaque tournante du trafic d’ivoire et de pangolins.

Primates:

Hunting of mammals by central chimpanzees (Pan troglodytes troglodytes) in the Loango National Park, Gabon.
Kenya: Loss of Rare Monkeys Deals Death Blow to Once-Revered Reserve.
At least two gorillas at San Diego Zoo tested positive for Covid-19, in the first known cases among great apes.
Several gorillas test positive for COVID-19 at California zoo—first in the world.
First COVID-19 cases in zoo gorillas raise alarm about wild populations.
Plusieurs gorilles ont été testés positifs au coronavirus dans un zoo californien.
Group-level cooperation in chimpanzees is shaped by strong social ties.
Chimpanzee friends fight together to battle rivals.
Consistency of Social Interactions in Sooty Mangabeys and Chimpanzees.
Comparing Aye-Aye (Daubentonia madagascariensis) Presence and Distribution between Degraded and Non-Degraded Forest within Ranomafana National Park, Madagascar.
Wild primates copy higher-ranked individuals in a social transmission experiment.

Herbivores / Herbivorous:

Hope for Virunga 2021: Hundreds of Elephants Return to DRC’s Park.
Alarming decline of bovids in Kasanka National Park, Zambia: A case study of the puku antelope (Kobus vardonii).
Dwarf Giraffes Discovery Surprises Scientists.
Dwarf giraffe seen in Namibia and Uganda.
Dwarf Giraffe Discovered in Namibia.
L’ancêtre commun des hippopotames et des baleines était-il aquatique ?
Tanzania: What Makes a Zebra to Have the Deadliest Kick in the Savannah.
New spate of elephant deaths in Botswana’s Okavango Delta.
Kruger rhino populations plummet – latest official stats.
En Côte d’Ivoire et en Afrique, les éléphants de plus en plus menacés d’extinction.
Kenya and Tanzania to conduct rhino census.
L’apparition de zèbres aux rayures étranges inquiète les scientifiques.

Carnivores / Carnivorous:

‘Africa’s Wild Dogs’: Nomads of the Bushveld.
Guépard saharien, loup doré, hyène rayée : comment l’Algérie veut sauver ces espèces menacées.

Autres mammifères / Others mammals:

Joy after first pangolin born in KZN wild in over 40 years.
Scientists discover new « spectacular » bat from West Africa.
‘Spectacular’ orange-furred bat described from West African mountain.
Aveugles et très résistants, les rats-taupes nus possèdent leurs propres dialectes pour communiquer.

Autres nouvelles / Others news:

Les parcs nationaux africains, un autre enjeu géopolitique.
No more cuddly selfies with our ape cousins, top conservation body warns scientists.
Best Practice Guidelines for Responsible Images of Non-Human Primates.
Test drilling for oil and gas begins in Namibia’s Okavango region.

Felids and Hyenas of the World

Par JOSE R. CASTELLO aux éditions Princeton University Press.
Ouvrage de 278 pages au format 14 x 21,5 cm. 1ère édition 2020.
Comme son titre l’indique, ce guide en langue anglaise traite de tous les félins et hyènes du monde.
32 pages sont consacrées aux félidés africains et 12 aux hyénidés.
Le livre s’articule en plusieurs parties:
– Une introduction avec 29 pages de généralités sur les félins et hyènes.
– 228 pages pour la description des espèces (ou sous espèces). Chaque animal est présenté sur 2 pages en vis à vis.
En page de gauche, les noms anglais et scientifiques suivis des mensurations et de la description de l’animal. L’espèce est représentée par plusieurs photographies soigneusement détourées, mâle, femelle, jeune, face et profil.
En page de droite, sont évoqués les noms dans différentes langues (dont le nom français), les sous espèces, les espèces similaires, le comportement, la répartition géographique, la reproduction, etc.
– Pour compléter, ce guide se poursuit par 5 planches de photos des crânes de nombreuses espèces, ce chapitre est suivi par des références bibliographiques, un glossaire et un index.

Ce guide est édité dans la collection des « Princeton Field Guides ».
Nota: Ce livre est disponible en version papier avec 2 types de couverture et il existe également en version numérique.
Pour obtenir ce livre, je vous recommande le site NHBS.

Lémuriens de Madagascar

La « bible » des lémuriens en langue française.
Ouvrage collectif de 841 pages au format 18 x 24,5 cm édition 2014.
Edité par les Publications scientifiques du Muséum National d’Histoire Naturelle.
Livre abondamment illustré de photographies et de dessins. Il décrit toutes les espèces de lémuriens de Madagascar; description, répartition, statut IUCN et précise les meilleurs lieux pour les observer dans la nature.
Sont également évoqués les lémuriens éteints et la géologie de Madagascar.
Lémuriens de Madagascar

 

Les primates d’Afrique de l’Ouest

Guide d’identification de poche.
Ouvrage sous forme de livret en accordéon de 11 feuillets 10 x 21 cm soit 22 pages.
Par John F. Oates, Biotopes Editions 2019
Sont mentionnés sous forme d’illustrations réalisées par Stephen D. Nash. environ 60 espèces et sous espèces de primates d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Cameroun,Côte-d’Ivoire, Guinée Equatoriale, Gambie, Ghana, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra Leone et Togo).
Du galago au gorille en passant par les cercopithèques et les mangabeys, chaque dessin de primate est accompagné de son nom scientifique ainsi que celui en français.
Sont également mentionnées de manière précise les répartitions géographiques de ces primates.

Primates of East Africa

Pocket Identification Guide
Ouvrage sous forme de livret en accordéon de 11 feuillets 10 x 21 cm soit 22 pages.
Par Yvonne A. de Jong et Thomas M. Butynski 2018 (www.wildsolutions.nl) (Disponible chez NHBS).
Sont mentionnés sous forme d’illustrations réalisées par Stephen D. Nash. environ 63 espèces et sous espèces de primates d’Afrique de l’Est (Kenya, Uganda, Tanzanie, Rwanda et Burundi).
Du galago au gorille en passant par les cercopithèques et les mangabeys, chaque dessin de primate est accompagné de son nom scientifique ainsi que ceux en anglais et en Swahili.
Sont également mentionnées de manière précise les répartitions géographiques de ces primates.
Primates of East Africa

Les colobes

Colobus, Procolobus et Piliocolobus

Colobus

Ordre des Primates, Famille des Cercopithécidés, Sous famille des Colobinés
Cette sous famille est représentée par 3 genres.

Poids: 8 à 23 Kg pour les colobes noirs et blancs, 7 à 13 Kg pour les colobes bais et 3 à 5 Kg chez le colobe olive.
Longueur de la queue: 65 à 90 cm chez les colobes noirs et blancs, 50 à 80 cm chez les colobes bais.
Gestation: Entre 147 et 178 jours environ suivant les genres et espèces.
Nombre de petits par portée: 1

1. Description, genres et espèces

Les colobes, colobinés africains.Guereza d’Afrique de l’Ouest – Western Guereza – colobus guereza occidentalis
Marais de Bigodi (Kibale) – Ouganda

1.1 Description
Les colobinés africains sont des singes de taille moyenne au corps svelte, élégants, pourvus d’une longue queue avec terminaison souvent en panache pour les colobes noir et blancs, longue sans panache pour les colobes bais.
Les aspects sont très différents d’un genre à l’autre. Présence ou non d’une cape de poils, de favoris, ou encore d’une crête sagittale.
Colorations diverses, réparties en deux grand groupes:
Noir ou noir et blanc chez colobus (colobe satan, colobes guereza et colobes d’Angola).
Roux, blanc et roux, chez piliocolobus (colobes bais).
Ces primates possèdent une petite tête en proportion de leur corps. Leur face dépourvue de poils est relativement plate.

Les colobes, colobinés africains.Colobe bai d’Ouganda – Ashy Red Colobus – piliocolobus tephrosceles
Mahale – Tanzanie

1.2 Genres, espèces et sous espèces

1.2.1 Les différents genres de colobes
Les primates englobés sous l’appellation colobe sont représentés par 3 genres: Colobus, procolobus et piliocolobus.
La taxonomie des colobinés africains est assez complexe, soumise à controverse et en évolution.

Les colobes, colobinés africains.Colobe guereza, (à gauche) représentant du genre colobus C.g.occidentalis
Colobe bai de Zanzibar, (à droite) représentant du genre piliocolobusP. kirkii

1.2.2 Les différentes espèces et sous espèces de colobes
La classification présentée ci-dessous n’est qu’indicative, il s’agit d’une compilation de différentes sources documentaires trouvées sur le web.
Les publications étant principalement en langue anglaise, les noms en français sont parfois absents.

1.2.2.1 Les colobes noir et blancs
Du genre colobus ils sont représentés par 5 espèces:
C. vellerosus, 
C. polykomos, C. satanas, C. angolensis et C. guereza
Ces 5 espèces auraient divergé les unes des autres il y a 0,2 à 3,5 Millions d’années.

  • 1- Colobe de Geoffroy, Colobe magistrat* – White-thighed Colobus, Geoffroy’s Pied Colobus, Ursine Colobus, geoffroy’s black-and-white Colobus – colobus vellerosus – Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin, Nigéria.
    * colobe magistrat désigne aussi le colobe noir et blanc d’Afrique Occidentale.
    Lien vers Fiche IUCN du colobe de Geoffroy.
  • 2 – Colobe noir et blanc d’Afrique Occidentale, Colobe à camail, Colobe magistrat* – King Colobus, Western Pied Colobus, Western Black and White Colobus – colobus polykomos -Guinée Bissau, Guinée, Sierra Leone, Libéria, Côte d’Ivoire, Sénégal.
    * colobe magistrat désigne aussi le colobe de Geoffroy c. vellerosus
    Lien vers Fiche IUCN du colobe noir et blanc d’Afrique Occidentale.
  • 3 – Colobe noir, colobe satanBlack Colobus, Satanic Colobus – colobus satanas …… – représenté par 2 sous espèces:
    Colobe satan de Bioko – Bioko Black Colobus – colobus satanas satanas Guinée Equatoriale, Île de Bioko.
    Colobe satan du Gabon -Gabon Black Colobus – colobus satanas anthracinus – Guinée Equatoriale, Cameroun, Gabon, Congo.
    Lien vers Fiche IUCN du colobe noir.

Les colobes, colobinés africains.Colobe d’Angola de Peter – Peter’s Angola Colobus – C.a. palliatus Selous – Tanzanie

  • 4 – Les colobes d’Angola ou colobes noirs et blancs d’Angola appelés parfois guereza d’Angola.
    Angola Colobus, Angola Black-and-White Colobus, Angola Pied Colobus.
    Colobus angolensis ……….. représenté par 8 sous espèces.
    Colobe d’Angola de Sclater ? – Sclater’s Angola Colobus – C.a. angolensis -RDC, Angola.
    Colobe d’Angola de powel-Cotton ? – Powell-Cotton’s Angola Colobus, Coton’s Colobus – C.a. cottoni – RDC.
    Colobe d’Angola de Prigogine ? – Prigogine’s Angola Colobus – C.a. prigoginei – RDC.
    Colobe d’Angola de Cordier ? – Cordier’s Angola Colobus – C.a. cordieri – RDC.
    Colobe d’Angola de Peter – Peter’s Angola Colobus – C.a. palliatus – Kenya, Tanzanie.
    Colobe d’Angola de Sharpe ? – Sharpe’s Angola colobus – C.a. sharpei – Tanzanie.
    Colobe d’Angola du Rwenzori ou Ruwenzori ? – Rwenzori Angola colobus – C.a. ruwenzorii – RDC, Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie.
    Colobe d’Angola de Mahale ? – Mahale Mountains Angola colobus – C.a. ??? – Mahale Tanzanie.
    Lien Fiche IUCN du colobe d’Angola.
    Lien vers Fiche du colobe d’Angola sur ce site.

Les colobes, colobinés africains.Colobe guereza de la rivière Omo – Omo River Guereza – C.g. guereza – Vallée de l’Omo – Ethiopie

  • 5 – Les Colobe guereza ou guereza.
    Guereza Colobus, Black and White Colobus, Mantled guereza, Abyssinian Colobus.
    Colobus guereza ……... représenté par 8 sous espèces.
    Colobe guereza de la rivière Omo – Omo River Guereza – C.g. guereza – Ethiopie.
    Colobe noir et blanc de Neumann – Djaffa Moutains Guereza, Neumann’s Black-and-White Colobus – C g. gallarum -Ethiopie.
    Guereza d’Afrique de l’Ouest – Western guereza – C.g. occidentalis
    Cameroun, RDC, Ouganda, Sud Soudan, Nigeria, Gabon.
    Colobe …….. – Dodinga Hills guereza – C.g. dodingae – Sud Soudan, Ouganda.
    Colobe noir et blanc de Percival – Mt Uarges Guereza – C.g.percivali – Kenya.
    Colobe …….. – Mau Forest guereza – C.g.matschiei – Ouganda, Kenya, Tanzanie.
    Guereza du Mt Kenya – Mount Kenya guereza – C.g. kikuyuensis – Kenya.
    Guereza de Kilimanjaro – Mount Kilimanjaro guereza – C.g. caudatus – Tanzanie.
    Lien vers Fiche IUCN du colobe guereza.
    Lien vers Fiche colobe guereza sur ce site.

1.2.2.2 Le colobe olive
Du genre Procolobus représenté par une seule espèce:
    Colobe olive, colobe de Van Beneden, Colobe vert, Colobe vert olive
Olive Colobus, Van Beneden’s Colobus
Procolobus verusSierra Leone, Guinée, Liberia, Côte d’Ivoire, Ghana, Bénin, Nigéria.
    Lien vers Fiche IUCN du colobe olive.

Les colobes, colobinés africains.Colobe bai d’Ouganda – Piliocolobus tephrosceles – Marais de Bigodi (Kibale) – Ouganda

1.2.2.3 Les colobes bais
Du genre piliocolobus ils sont représentés par 17 espèces:
Ces colobes étaient auparavant classés dans le genre procolobus.
    Colobe bai d’Afrique occidentale, colobe bai d’Afrique de l’Ouest – Western Red Colobu, Upper Guinea Bay Colobus –
    P. badius badius – Sierra Leone, Libéria, Guinée, Côte d’Ivoire.
    Colobe bai de Temminck -Temminck’s (Red) Bay Colobus, Colobus Teminckii – P. badius temminckii
    – Sénégal, Gambie, Guinée Bissau, Guinée.
    Colobe bai de Preuss, Colobe bai du Cameroun – Preuss’s Red Colobus – P. preussi – Cameroun.
    Colobe bai de miss Waldron – MissWaldron’s Red (Bay) Colobus – P. waldroni – Côte d’Ivoire, Ghana.
    Colobe bai de Pennant, Colobe bai de Bioko – Pennant’s Red Colobus, Bioko Red Colobus – P. pennantii
    – Guinée Equatoriale, Île de Bioko.
    Colobe bai d’Oustalet, Colobe bai d’Afrique Centrale – Oustalet’s Red Colobus, Oubangui Red Colobus – P. oustaleti
    Centrafrique, RDC.
    Colobe bai du Kivu – Kivu Red Colobus – P. foai – RDC, Zambie.
    Colobe bai du delta du Niger -Niger Delta Red Colobus – P. epieni – Nigeria.
    Colobe bai d’Ouganda – Ashy Red Colobus, Uganda Red Colobus, Eastern Red Colobus – P. tephrosceles
– Ouganda, Tanzanie, Rwanda, Burundi.
    Colobe bai de Thollon, Colobe bai à mains noire – Tshuapa or Thollon’s Red Colobus – P. tholloni – RDC.
    Colobe ? – Lulindi River Red Colobus – P. lulinddicus – RDC.
    Colobe ? – Semliki Red Colobus – P. ellioti – RDC, Ouganda.
    Colobe de la Tana, Colobe bai à tête rouge – Tana River Red Colobus – P. rufomitratus – Kenya.
    Colobe bai d’Iringa, Colobe bai d’Udzungwa – Udzungwa Red Colobus, Iringa, Uhehe, Gordon’s Red Colobus – P. gordonorum
    – Tanzanie.
    Colobe bai de Zanzibar – Zanzibar Red Colobus, Kirk’s Red Colobus – P. kirkii – Tanzanie – Zanzibar.
    Colobe bai de Bouvier – Bouvier’s Red Colobus – P. bouvieri – Congo.
    Colobe ? – Lomani River Red Colobus,  – P. parmentieri – RDC.
    Colobe ? – Kisangani Red Colobus – P. langi – RDC.

Les colobes, colobinés africains.Colobe bai de Zanzibar – Piliocolobus kirkii – Tanzanie – Zanzibar

Lien vers Fiche du colobe bai de Zanzibar sur ce site.
Lien vers Fiche du colobe bai d’Angola sur ce site.
Pour en savoir plus sur la taxononomie et les colobes bais, consulter: RED COLOBUS PROCOLOBUS, subgenus PILIOCOLOBUS de Rochebrune 1887 Peter Grubb [DRAFT SUMMARY OF SYSTEMATICS, 2002].

2. Comportement
Les colobes sont des primates diurnes principalement arboricoles (bien qu’ils peuvent parfois descendre au sol).

Les colobes, colobinés africains.Colobes guereza d’Afrique de l’Ouest au sol – Colobus guereza occidentalis – Rive de la Ishasha River – RDC.

Les colobes noirs et blancs vivent en petits groupes familiaux composés de plusieurs femelles apparentées avec leurs jeunes et à leur tête un mâle dominant. Leur territoire est en principe assez restreint du fait de leur faible exigence alimentaire. Les femelles restent dans leur groupe natal, les mâles se dispersent à l’adolescence.
Les relations entres groupes voisins peuvent être agressives.
Les colobes bais et olive sont non territoriaux et vivent en groupes multi mâles multi femelles de 40 à 80 individus. La taille de ceux-ci est en fonction de la ressource alimentaire.
Comme chez les colobes noirs et blancs, les mâles quittent le groupe à l’adolescence.
Ces singes sont de véritables acrobates, ils sont capables de faire des bons spectaculaires pour se déplacer d’arbre en arbre.

Les colobes, colobinés africains.Colobe bai d’Ouganda – Piliocolobus tephrosceles – Mahale – Tanzanie

Les familles de colobes partagent souvent leur territoire avec celles de cercopithèques (Mitis, Ascagne, etc.).
Comme chez presque tous les primates, les colobes communiquent entre eux par le toilettage, des postures et des expressions faciales mais aussi par des vocalises.
Le registre vocal des colobes bais est plus varié, environ 16 vocalises identifiées, que celui des colobes noirs et blancs qui n’en compte que 6.
En revanche, les vocalises des colobes noirs et blancs sont beaucoup plus puissantes (voir détails au paragraphe 4).

3. Reproduction
Après une gestation comprise entre 150 et 180 jours suivant les espèces, la femelle donne naissance à un seul petit.
Chez les colobes noirs et blancs, les jeunes sont entièrement blancs à la naissance, Ils prennent la coloration des adultes vers 2 à 3 mois.
Le colobe olive procolobus verus est le seul singe africain à transporter ses petits dans la gueule.

Les colobes, colobinés africains.Accouplement de piliocolobus tephrosceles – Kibale – Ouganda

4. Biologie et anatomie
Les colobes possèdent deux caractéristiques qui les différencient des autres primates.
Premièrement, ils ne possèdent pas de pouce, celui-ci étant atrophié. Seule une légère excroissance est présente chez certaines espèces et un moignon ressemblant à un reste d’amputation est présent chez d’autres. Les quatre doigts restant sont assez longs, relativement alignés et sont utilisés comme des crochets.

Les colobes, colobinés africains.A gauche main de C.g. guereza. A droite main de Piliocolobus kirkii.

La seconde grande caractéristique se trouve au niveau de leur estomac qui est assez complexe et divisé en plusieurs compartiments (3 chambres pour colobus et 4 pour procolobus) dans lesquelles la végétation ingérée subit une Les colobes, colobinés africains.fermentation et une pré-digestion par des bactéries anaérobies avant d’entrer dans la partie pylorique acide de l’estomac.
L’estomac compartimenté des colobes peut contenir jusqu’à un tiers de leur masse corporelle. Leur système digestif est assez comparable à celui des ruminants.
Les cris rauques et puissants émis chez colobus sont rendus possibles grâce à un larynx large et à un sac sous hyoïdien spécifique à ce genre. En revanche, chez procolobus le larynx est réduit et il n’y a pas de sac sous hyoïdien. Les calosités ischiales sont jointes chez colobus et séparées chez procolobus. Les molaires aiguisées de ces singes déchirent les feuilles en très petits morceaux et facilitent la digestion. Malgré leur régime alimentaire végétarien, les colobes possèdent des canines bien développées.
Ci-contre – Crâne de guereza – Collection MNHN de Paris – Galerie de l’évolution.

 

5. Régime alimentaire
Les colobes sont principalement folivores (jeunes feuilles tendres), Les colobes, colobinés africains.mais ils consomment aussi des graines, bourgeons, fleurs et fruits. Les colobes noirs et blancs ont un régime alimentaire beaucoup moins varié que les bais. Les feuilles sont ingérées en grande quantité pour compenser la pauvreté en substances nutritives. La digestion par fermentation préliminaire prend beaucoup de temps. Ils boivent rarement et obtiennent l’eau nécessaire dans leur alimentation. (photo à droite) Colobe d’Angola de Peter – Peter’s Angola Colobus – C.a. palliatus – Selous – Tanzanie

6. Prédateurs
Aigles, Léopards, Chimpanzés pour les colobes bais (voir sur ce site la « fiche chimpanzé » au paragraphe 2.2)

7. Habitat, distribution et évolution de la répartition
Les colobes bais et olive vivent essentiellement dans les forêts tropicales car ils ont besoin de disposer d’aliments variés au cours de l’année.
Les colobes guereza et d’Angola se contentent d’îlots de forêts clairsemés car leur régime alimentaire est moins exigeant.
L’habitat des colobes est réparti de part et d’autre de l’équateur sur à peu près la moitié de la zone intertropicale, Afrique de l’Ouest, Golf de Guinée, Afrique Centrale (bassin du Congo) et Afrique de l’Est (Ouganda, Kenya, Tanzanie et Ethiopie).

Certaines populations de colobes sont en déclin suite à la perte de leur habitat du fait de l’expansion humaine et de la chasse pour la viande de brousse.
Pour exemple, identifié en 1933 par un naturaliste britanique, le colobe bai de Miss Waldron piliocolobus waldroni n’a pas été observé depuis 1978. Son extinction semble probable même si quelques indices laissent penser que des spécimens survivent encore. Il est classé en danger critique d’extinction par l’IUCN.
Localement, là où les colobes (bais) cohabitent avec des populations de chimpanzés, ils subissent une forte prédation par ces derniers.
Les colobes noirs et blancs étaient autrefois chassés de manière intense pour leur fourrure destinée à la confection de manteaux.

8. Informations complémentaires

8.1. Origine du nom
Le nom colobe vient du grec kolobos qui veut dire « tronqué », en rapport à leur pouce atrophié.

8.2. Origine/espèces fossiles
Les plus anciens fossiles connus datent du miocène, Microcolobus tugenensis retrouvé dans le Nord du Kenya et datant d’environ 11 Millions d’années.
Un genre éteint de colobiné, les cercopithecoides, vécurent entre la fin du Miocène et le Pléistocène. Le plus grand d’entres eux pesait plus de 50 Kg.
Autre espèce qui vécu fin Pliocène début Pleistocène, le rhinocolobus turkanensis.
Une espèce particulièrement grande du Pliocène, Paracolobus chemeroni.

Les colobinés et les cercopithecinés ont divergé il y a environ 16 à 14 millions d’années.
Les piliocolobus ont divergé des procolobus il y a environ 6 millions d’années (entre 9,4 et 4,4).

8.3. Iconographie

Les colobes, colobinés africains.Timbres du Burundi et du Kenya mettant en avant des colobes.

Les colobes, colobinés africains.Oeuvre de Henry Ogg Forbes (1851 – 1932) Species Plates by John Gerrard Keulemans.
Handbook to the Primates Plate 34 – Wikimedia Commons.

9. Bibliographie
– Petter, J-J. et Desbordes, F. 2010. Primates, Nathan. (Ouvrage collectif).
– Kingdon, J. et Groves C.P. 2013 Mammals of Africa, Volume II Primates , Bloomsbury.
– Despard Estes, R. 2012. The behavior guide to African Mammals, University of California Press.
– Oates, J.F. 2019 Les primates d’Afrique de l’Ouest, Guide d’identification de poche, Global Wildlife Conservation, Biotope Editions pour l’adaptation française.
– De Jong, Y.A. et Butynski, T.M. 2018 Primates of east Africa – Pocket Identification Guide, Global Wildlife Conservation.
– Bourgoin, P. 1955 Animaux de chasse d’Afrique La Toison d’Or.

10. Liens
The taxonomic diversity of the Colobinae of Africa – Colin P. Groves.

RED COLOBUS PROCOLOBUS, subgenus PILIOCOLOBUS de Rochebrune 1887 Peter Grubb.

Les babouins

Papio

Baboon

Ordre des Primates, famille des Cercopithécidés, sous famille des Cercopithécinés, genre Papio

Poids des mâle: de 15 à 50 Kg
Poids des femelle: 10 à 30 Kg
Gestation: Environ 6 mois (161 à 187 jours suivant les espèces).
Nombre de petits par portée: 1, les cas de jumeaux sont très rares.
Longévité: 20 à 30 ans dans la nature, jusqu’à 45 ans en captivité.

Les babouins, le genre papioAllure caractéristique du babouin. Ici un babouin chacma – papio ursinus Chobe – Botswana

1.Description et différentes espèces.

1.1. Description
Le babouin est un singe cynocéphale (museau similaire à celui du chien).
Il fait partie de la famille des cercopithécidés dont il est le plus grand représentant et de la sous famille des cercopithécinés.
C’est le singe le plus présent et le plus répandu en Afrique par sa vaste zone de répartition géographique et ses populations nombreuses.
Tous les babouins sont d’allure similaire. Les différentes espèces se différencient par des variations de couleur et de longueur de pelage, par les différents aspects et colorations de la face.
L’espèce la plus différenciée des autres étant le babouin hamadryas.
Le genre papio est caractérisé par un corps plutôt massif notamment chez le mâle qui est à peu près deux fois plus grand que la femelle. Le museau est allongé et les canines sont bien développées (surtout chez le mâle).
Les plus gros spécimens peuvent peser jusqu’à 50 Kg chez les mâles de babouin olive papio anubis .

1.2. Espèces
Jusqu’à la fin du 19ème siècle, le terme babouin était utilisé pour désigner les primates de la « tribu » des « papionini » qui comprend babouins, mandrills, geladas, cercocèbes, mangabeys, macaques et le kipunji. A partir des années 1900, l’appellation babouin se restreint aux primates terrestres à long museau. Cette appellation persiste encore parfois aujourd’hui pour le mandrill qualifié de babouin mandrill (mais qui appartient au genre Mandrillus) et surtout pour le gelada appelé à tort babouin gelada (qui appartient au genre theropithecus). Les babouins étaient aussi appelés Papion.
Les différentes espèces de babouins sont parfois rassemblées (hors hamadryas) sous l’appellation babouins de savane.
Désignés sous le nom de cynocéphale dans des ouvrages anciens, ce nom est générique et désigne des singes dont le museau est allongé comme celui d’un chien. Ce nom n’est pas spécifique aux babouins ni à une espèce en particulier.
Pour plus de détails à propos de la phylogénie des babouins, consultez le lien : Distribution of mitochondrial clades and morphotypes of baboons spp. in Eastern Africa.

Les babouins, le genre papioCi-dessus, 4 des 6 espèces de babouins. De gauche à droite et de haut en bas:
papio cynocephalus, papio ursinus, papio hamadryas, papio anubis.

Les babouins sont représentés par 6 espèces :
(Pour plus de détails, consultez les fiches de chacune d’entre elles sur ce site).
Papio papio, (Desmarest, 1792)  Babouin de Guinée, Guinea Baboon.
Papio cynocephalus, (Linnaeus, 1766) Babouin cynocéphale ou babouin jaune, Yellow Baboon.
Papio anubis, (Lesson, 1827) Babouin olive ou babouin doguera, Olive Baboon.
Papio ursinus, (Kerr, 1792) Babouin chacma, Chacma Baboon.
Papio kindae, Babouin kinda, Kinda Baboon.
Papio hamadryas, (Linnaeus, 1766) Babouin hamadryas, Hamadryas Baboon, Sacred Baboon.

Jusqu’en 2008, le genre papio ne comportait que 5 espèces, le babouin kinda n’étant considéré que comme une sous espèce du babouin jaune.
En dehors de sous espèces reconnues pour certains d’entre eux, il existe également des hybrides dans les zones de recouvrement des aires de répartition. (kindae x ursinus, anubis x cynocephalus, hamadryas x anubis).

2. Comportement
Les babouins sont des primates diurnes et essentiellement terrestres. Ils sont non territoriaux et vivent en troupes de 10 à plus de 100 individus, couramment 30 à 40.
Les groupes sont multi mâles, multi femelles sauf chez le babouin hamadryas où les troupes sont composées d’un regroupement de petits harems. L’organisation sociale est très complexe avec une hiérarchie chez les mâles comme chez les femelles.

Les babouins, le genre papioGroupe de babouins olive papio anubis – Samburu – Kenya

Pour veiller sur son groupe, le mâle dominant adopte un comportement de surveillance placé en position stratégique, le plus souvent en hauteur (sur une termitière ou une souche par exemple) assis face à sa troupe. Il surveille les alentours, souvent jambes écartées avec le pénis en érection partielle.

Les babouins, le genre papioBabouin cynocéphale en posture de guet papio cynocephalus – South Luangwa – Zambie

Les babouins sont actifs toute la journée, mais aux heures chaudes ils préfèrent parfois faire la sieste.
Des interactions avec d’autres membres de la faune africaine sont souvent observées, c’est notamment le cas avec les impalas. Ces interactions concernent l’alimentation; les babouins font malgré eux tomber des fleurs, des fruits ou des graines depuis un arbre (arbre à saucisses) et les impalas profitent de la nourriture ainsi disponible au sol. Cette proximité entre les deux espèces renforce leur capacité de vigilance vis à vis de leur prédateur commun qu’est le léopard.
La nuit, pour dormir ils se regroupent perchés dans de grands arbres ou à flancs de falaise pour se mettre hors de portée des prédateurs.
Le babouin se déplace porté par ses 4 membres. Lorsqu’il court, il galope à la même allure qu’un cheval.

Pour communiquer, les babouins disposent d’un vaste registre vocal; cris aigus, grognements, ainsi que des aboiements qui servent de cris d’alarme entendus par les membres du groupe et par toute la faune environnante.
Ces aboiements sont notamment émis en cas de présence d’un léopard.
Ces singes utilisent également de nombreuses expressions faciales et des postures variées.
Comme chez la plupart des primates, le toilettage (grooming) joue un rôle important dans la communication et le maintien des liens sociaux. Comme ci-dessous, un mâle cherche à s’attirer les faveurs d’une femelle en oestrus en l’épouillant.

Les babouins, le genre papioToilettage – Babouin cynocéphale – papio cynocephalus – South Luangwa – Zambie

3. Reproduction
Les femelles arrivent à maturité sexuelle entre 4 et 5 ans, les mâles vers 5 à 7 ans.
En période de chaleur, les femelles affichent un gonflement prononcé de la région ano-génitale (turgescences) variable en taille et en couleur en fonction de l’avancement du cycle d’oestrus. Ce gonflement est le plus important de tous les singes.

Les babouins, le genre papioTurgescences chez une femelle chacma – papio ursinus – Hwange – Zimbabwe

Les babouins, le genre papioAccouplement de babouins cynocéphale – papio cynocephalus – South Luangwa – Zambie

Il n’y a pas de saison particulière de reproduction, même si il y a parfois des pics de naissance.
Après une gestation d’environ 6 mois, la femelle donne naissance à un seul petit d’un poids moyen d’environ 850 g. Le pelage des jeunes est de couleur noire et la face est claire.

Les babouins, le genre papioJeune babouin olive à la tété – papio anubis – Néchisar – Ethiopie

Accrochés aux poils ventraux de leur mère dans un premier temps, les jeunes s’installent sur le dos vers 5 semaines.

Les babouins, le genre papioBabouin cynocéphale – papio cynocephalus – Ruaha – Tanzanie

Plus tard, ils se mettent volontiers à califourchon sur la croupe des adultes.

Les babouins, le genre papioJeune chacma à califourchon – papio ursinus – Hwange – Zimbabwe

Les babouins, le genre papioAdulte promenant une dépouille de jeune momifiée – South Luangwa – Zambie

Les jeunes mâles quittent leur groupe natal entre 7 et 13 ans.

4. Biologie et anatomie
Les canines des babouins sont très développées, longues et tranchantes chez le mâle adulte.Les babouins, le genre papio

Ces primates possèdent des callosités fessières d’un seul tenant chez le mâle et divisées en deux parties chez la femelle.

Les babouins, le genre papioCallosités fessières chez le babouin cynocéphale – papio cynocephalus
A gauche femelle (Selous – Tanzanie), à droite mâle (South Luangwa – Zambie)

Les babouins, le genre papioCrâne de babouin chacma – papio ursinus – Zimbabwe

Liens: Le cerveau des babouins et des hommes plus proches qu’on ne le pensait.

5. Régime alimentaire
Omnivore à forte tendance végétarienne, le régime alimentaire des babouins est très varié (feuilles, fruits, graines, bulbes, rhizomes, champignons, insectes, lézards, œufs, oiseaux, poissons, lapins, rongeurs et même de petites antilopes) c’est un primate très opportuniste.
Les populations côtoyant l’homme, (près des hôtels, des lodges et des villes) trouvent une partie de leur alimentation en fouillant les poubelles et les fosses à déchets.
Ils n’hésitent pas à voler leur nourriture en agressant des touristes si besoin.

Les babouins, le genre papioBabouin cynocéphale dans figuier – papio cynocephalus – Selous – Tanzanie

Les babouins mangent souvent assis en portant les aliments à la bouche avec leurs mains.
Pour leur quête de nourriture, ces primates restent en groupe, légèrement éparpillés.
Malgré des doigts grossiers, les babouins sont très habiles de leurs mains, ce qui leur permet de chercher une partie de la nourriture (insectes et graines) dans des excréments d’herbivores ou de profiter des fouilles faites par les phacochères.
Des cas de cannibalisme ont été observés (jeunes mangés par des mâles).

Les babouins, le genre papioBabouin cynocéphale et phacochère commun – papio cynocephalus – South Luangwa – Zambie

Les babouins sont dépendants de l’eau, ils doivent boire assez souvent, au moins une fois par jour. Ils s’abreuvent dans les rivières, les lacs et les points d’eau divers.
Lorsque les rivières sont à sec en surface, ils utilisent des trous créés par des éléphants ou creusent eux même dans le sable.

Les babouins, le genre papioBabouins olive s’abreuvant dans le lit de l’Ewaso Ng’iro – papio anubis – Samburu – Kenya

6. Prédateurs
Le principal prédateur des babouins est le léopard. Suivant les espèces et les zones géographiques, les autres prédateurs sont potentiellement; le lion, la hyène tachetée, le crocodile du Nil, le python et le chimpanzé.

7. Habitat, distribution

7.1. Habitat
L’habitat des babouins est très varié; forêts tropicales sèches, savanes, semi déserts, depuis le niveau de la mer jusqu’à plus de 3.000 mètres d’altitude. Il est dépendant d’une ressource en eau permanente et proche ainsi que d’un site de refuge pour la nuit (falaise, grands arbres).

7.2. Distribution
Les babouins sont les primates qui possèdent la plus vaste aire de répartition géographique.
Il sont présents d’Ouest en Est depuis le Sénégal jusqu’à l’Ethiopie et du Nord au Sud du Niger jusqu’à l’Afrique du Sud.
En dehors de deux zones isolées (pour papio anubis) au Niger et au Tchad, les babouins sont endémiques de l’Afrique Sub-Saharienne.
Une exception pour papio hamadryas qui peuple également une partie de l’Arabie, ce dernier était autrefois également présent en Egypte dans la vallée du Nil.

8. Interactions avec l’homme
Les interactions entre l’homme et les babouins sont nombreuses.
Ces singes ont tendance à piller les cultures et provoquer des dégâts à la périphérie des villes en fouillant dans les ordures.
Lire: Faune urbaine, gérer les babouins du Cap.
Il arrive même qu’ils s’introduisent dans les maisons ou qu’ils dévalisent les passants, mais ces derniers cas sont rares.
Pour illustrer ce comportement, voir les photos de Cyril Ruoso «Le gang des babouins».
Une interaction fréquente dans les campements de brousse est le saccage de tentes pour y dérober de la nourriture.
Certains babouins ont même compris comment utiliser les fermetures zip des tentes pour y pénétrer.
D’autre groupes de babouins ont choisi de fréquenter les grands parkings et les postes frontières, là où il y a de nombreux poids lourds en attente. Gare au chauffeur qui laissera ses fenêtres ouvertes ou son chargement sans surveillance.
Certains de ces primates poussent la ruse encore plus loin en attaquant des camions qui sont obligés de rouler au pas sur des routes très pentues. Dans ce cas, ils attendent dans des lieux propices et profitent de la faible vitesse des véhicules pour monter dessus et chaparder ce qu’ils peuvent.
De trop nombreux touristes ont la mauvaise habitude de nourrir les babouins en leur jetant de la nourriture pour s’amuser. Seulement, les babouins ne plaisantent pas avec la nourriture et si personne ne leur en donne, ils viennent se servir par la force si la ruse ne suffit pas. Cette situation engendre des situations dangereuses nécessitant parfois l’abattage des singes.

9. Informations complémentaires

9.1. A propos du nom babouin et expressions associées
Le mot babouin est déjà présent au XIII ème siècle.
Babouin ou baboin en ancien français exprime le mouvement des lèvres (baba, babiller, babine) dans plusieurs langues. Il est souvent synonyme de sot ou nigaud.
Depuis le XIII ème siècle, le mot babouin désigne un singe aux grosses lèvres proéminentes.
C’est Buffon qui utilise pour la première fois le mot babouin en remplacement de cynocéphale.
Ce terme est générique et qualifie les primates à queue courte, face allongée et museau large et relevé. Source: Le Guichet du Savoir – Bibliothèque municipale de Lyon.
Racine de babouin ou fleur de babouin, désigne une fleur (babiane) du genre babiana, de la famille des Iridacés originaire du sud de l’Afrique. Elle ressemble à un petit glaïeul. Les babouins en consomment les cormes (bulbes).
Expression « Baiser le babouin », synonyme de soumission forcée, d’humiliation. « Nul ne baise le babouin de son plein gré ». source: Les mots délicieusement surannés.
Le syndrome du babouin : Terme de médecine qui désigne une dermatite de contact d’origine allergique qui se localise sur les fesses, les parties génitales ou dans les plis de l’aine et qui rappelle les fesses rouges et gonflées de femelles babouin en oestrus.

9.2. Origine/espèces fossiles.
Un certain nombre de fossiles d’ancêtres des babouins ont été découverts en Afrique à partir de la fin du XIXème siècle principalement en Afrique du Sud, mais aussi en Ethiopie, au Kenya, au Malawi et en Ouganda. Les plus anciens remonteraient à environ 4,5 à 5 millions d’années.
Les représentants de ces ancêtres font partie des genres et espèces suivantes:
– Les parapapios représentés par 4 espèces (primates de taille modeste).
– Deux «pré babouins» de grande taille, le dinopithecus ingens (2 fois plus grand que le plus grand des babouins actuel) et le gorgopithecus major.
– Deux autres espèces de petite taille, papio izodi et papio angusticeps.

9.3. Les babouins à travers l’histoire
Les babouins ont prêté leur image à la statuaire religieuse de l’Egypte antique. Plusieurs divinités égyptiennes ont suivant les époques emprunté l’image du babouin (Thot, Khonsou, Baba, Hedjour, Qefedenou, Hâpi). (voir la fiche babouin hamadryas pour plus de détails).

Voici ce que rapporte Georges-Louis Leclerc de Buffon au 18ème siècle (extraits de « Le Buffon des familles » par Auguste Dubois d’après Buffon et Lacépède). « Le papion ou babouin, ne ressemble à l’homme que par les mains », « Ils ont l’air de bêtes féroces, et le sont en effet », « Ils se réunissent et s’entendent pour piller les jardins, ils se jettent les fruits de main en main et par dessus les murs ».

9.4. Iconographie

Les babouins, le genre papioBabouin d’après une œuvre de Jean Charles Werner entre 1818 et 1842 (peintre au Muséum d’histoire naturelle de Paris)
Collection Université d’Amsterdam.

10. Bibliographie
– Petter, J-J. et Desbordes, F. 2010. Primates, Nathan. (Ouvrage collectif).
– Bourgoin, P. 1955. Animaux de chasse d’Afrique, La Toison d’Or.
– Despard Estes, R. 2012. The behavior guide to African Mammals, University of California Press.
Mammals of Africa, Volume II, Bloomsbury.

11. Liens

Animal Diversity Web – Papio.
What Is (Not) a Baboon ?
Les mères babouins pourraient éprouver le deuil.
Fœticide : quand des babouins pressés s’attaquent aux femelles gestantes.
Les babouins passent plus de temps avec ceux qui leur ressemblent.
En Namibie, les mères babouins portent leur petit mort pendant des jours.

L’Afrique sauvage d’African Escapades

Depuis plus de deux décennies, Frédéric March partage sa passion de l’Afrique avec ses Voyages avec African Escapadesvoyageurs. En 2020, African Escapades a fêté ses 25 ans ainsi que vingt années de collaboration avec Innocent Muganhiri, devenu l’incontournable bras droit de Fred.

Fred est un contemplatif, il ne se lasse pas d’observer, d’écouter et humer la nature africaine qui l’entoure.
L’Afrique est depuis longtemps sa terre d’adoption. Même s’il n’est pas sur le sol africain, ses pensées et une partie de son coeur y sont. (ci contre, Frédéric March devant les chutes Victoria au Zimbabwe).

Les bases de l’équation africaine.

La passion des animaux.
L’Afrique, sa nature sauvage et sa grande faune fascinent Frédéric March depuis longtemps, pour ne pas dire depuis toujours.
Dès l’enfance, les animaux du zoo de Plaisance du Touch furent sa seconde famille. Un de ses compagnons de jeu fut un gorille !
Résidant tout près du zoo et ayant sympathisé très jeune avec les propriétaires, Fred y passe tout son temps libre et y travaille pendant les vacances scolaires.
Plus tard, après des études dans la filière agricole, il y est employé pendant 5 ans comme soigneur.
Cette période est pour lui l’occasion d’acquérir une grande expérience des animaux. Ce métier lui permet d’être en contact avec de nombreuses espèces africaines, de les soigner, de les nourrir, d’assister à des mises bas, de convoyer des animaux dans de très nombreux zoos français et européens, en Hollande et en Allemagne notamment.
Ces contacts privilégiés avec les animaux l’ont marqué à jamais.

Premier 4×4.
Le permis de conduire à peine en poche, Fred achète son premier véhicule. Un 4×4 bien sûr, un Toyota BJ42 qui est sur cales !
Dès que les animaux lui laissent un peu de loisir, il retape de A à Z l’objet de ses rêves.
Cette première expérience lui permet de s’initier à la mécanique, à la tôlerie, à la soudure et donne naissance au premier « Toy » préparé par ses soins.
Une fois le véhicule opérationnel, l’initiation à la conduite tout terrain débute sur les chemins de terre de la Haute-Garonne.

Premier contact avec l’Afrique.
A tout juste 18 ans, c’est l’appel de l’Afrique. Fred part à l’aventure pour un mois au Kenya.
On ne revient pas indemne d’une telle immersion dans la savane kényane.
Les trois termes de l’équation sont maintenant posés. Le résultat ne fait aucun doute. L’appel de l’Afrique sera plus fort que tout.

Voyages avec African EscapadesFred et un de ses « Toy » HDJ80 dans l’immensité du Magkadi Pan – Désert du Kalahari – Botswana.

Une initiation africaine.

L’Afrique est maintenant une  drogue dont Frédéric March ne peut plus se passer. Entre Fred et l’Afrique, le mot passion prend tout son sens.
Après le « Toy » BJ42, c’est un Toyota Land Cruiser HDJ 80 qui passe entre ses mains.
Une fois le véhicule préparé, c’est le départ pour une première expédition depuis Toulouse à travers la Libye, le Soudan, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda, le Zaïre, la Tanzanie, le Malawi, la Zambie et le Zimbabwe.
En dehors de cette expédition, Fred a côtoyé la faune africaine en tant que volontaire auprès d’organismes et d’ONG.
Ceci l’a amené au contact des mandrills au Gabon, ou encore des gorilles et chimpanzés en Ouganda.
De 1992 à 1995, Frédéric March travaille en free-lance pour des tour opérateurs comme Explorator, puis Atalante.
Ces nouvelles expériences le conduisent sur les pistes d’Afrique du Sud, de Namibie, du Botswana et du Zimbabwe.
Mais Fred supporte de moins en moins les exigences commerciales des voyagistes. Les expéditions au pas de course sans prendre le temps de profiter de la brousse et de la faune ne sont pas de son goût.
Aujourd’hui, Terres Oubliées est le seul voyagiste pour lequel Frédéric March partage ses expéditions.

Naissance d’African Escapades.

Fred possède dorénavant toutes les compétences pour voler de ses propres ailes; connaissance de l’Afrique et de sa faune, maitrise des pistes et de la conduite tout terrain, expérience dans la logistique d’expédition et dans l’encadrement de groupe.
C’est donc fort de cette grande expérience qu’à 26 ans, Frédéric March se lance en 1995 dans une nouvelle aventure en créant African Escapades.
Il existe en réalité deux African Escapades, l’une est basée en France pour la partie « conseils en safari », l’autre concernant la partie « Expéditions » est basée au Zimbabwe et au Malawi.

Des véhicules bien préparés.

La flotte de 4 véhicules dont dispose Fred se compose exclusivement de Toyota Land Cruiser HDJ 80. Certains ont jusqu’à 760.000 Km à leur actif, mais comme ils sont bichonnés, ils ne font pas leur âge. Fred les respecte et leur a même donné des noms. Avant d’affronter pour la première fois les pistes africaines, les véhicules subissent un lifting complet où tout est démonté et contrôlé.
Voyages avec African Escapades
Le principe de Fred est simple, tout ce qui n’est pas indispensable est éliminé. Adieu autoradio, climatiseur, pare soleil.
Tout ce qui peut casser est renforcé et tout ce qui n’est pas fiable est remplacé.
C’est ainsi que vous pouvez prendre place en toute confiance dans des Land Cruisers aux châssis renforcés, aux suspensions et amortisseurs adaptés aux pires pistes africaines. Si toutefois un élément venait à lâcher au cours d’une expédition, qu’à cela ne tienne, Fred connait ses véhicules comme sa poche et avec son fidèle Inno, ils viendront à bout de la panne même au beau milieu du désert du Kalahari !
Chaque véhicule peut embarquer 245 litres de gazole répartis dans 2 réservoirs, ainsi que 180 litres d’eau en réservoirs, jerricans et vaches à eau.
En cas de crevaison, de problème mécanique ou d’imprévu sur la piste (branche, arbre, etc.), les outils sont rapidement à portée de main. Sous les sièges, cric, trousse à outils, scie, hache ou machette.

Un tourisme responsable.

Loin du tourisme de masse, l’éthique d’African Escapades est de voyager en petits groupes de 6 à 8 personnes avec seulement deux véhicules, dans des endroits peu fréquentés où la nature est restée sauvage et authentique.
Le terme expédition est plus adapté que le mot voyage car Fred privilégie au maximum l’autonomie la plus complète possible. (Carburant, eau et vivres).
A bord des Toys il y a tout ce qu’il faut pour affronter la brousse africaine et installer des campements sommaires mais confortables, chaises, matériels de cuisine, tentes et matelas.
L’impact d’African Escapades sur l’environnement est très faible. Volontairement, Fred prône l’économie de l’eau et du bois.
Lorsque les campements ou bivouacs sont quittés, il ne reste pas de traces, si ce n’est celles des pas.
Aucun déchet n’est laissé sur place. Ceux qui ne se brûlent pas sont emportés pour être déposés sur des points de collecte en ville. Les feux sont nettoyés, les cendres sont enterrées.

Voyages avec African EscapadesChaque soir en brousse, le feu de camp est incontournable.

Pour la gestion de l’eau potable, Fred a opté pour une solution originale. Contrairement à presque tous les autres opérateurs qui utilisent des bouteilles en plastiques (encombrantes et qui génèrent des déchets). Fred utilise des « vaches à eau » en toile de lin semi perméable qui permettent à tous moment de remplir les gourdes avec de l’eau fraîche. (Ce sont de vraies vaches à eau, pas de simples conteneurs en plastique. Le rafraîchissement de l’eau est basé sur le principe du canari africain). Ces vaches, remplies d’eau traitée sont suspendues à l’extérieure des 4×4. En plus des stocks d’épicerie effectués dans la ville de départ, des compléments en fruits frais se font au hasard des rencontres sur le bord des pistes.

Voyages avec African EscapadesLes mangues et les bananes sont souvent au rendez-vous, ce qui est un bon moyen de faire profiter les populations locales des retombées directes de cette forme de tourisme.

Pour les observations de la faune, aucun animal n’est appâté pour réaliser une photo, aucun nourrissage n’est réalisé.
Une observation passive respectueuse, responsable et passionnée.

Des destinations confidentielles.

– Immersion dans le désert du Kalahari au Botswana: Fred y propose deux expéditions. Une traversée d’est en ouest du parc transfrontalier du Kgalagadi, empruntant la « wilderness trail » où, sur 257 km de piste sauvage, vous serez seul au monde sans rencontrer d’autres véhicules. Ou encore, une traversée du sud au nord par le Central Kalahari Game Reserve, puis par le Makgadikgadi pan, une grande expédition de Gaborone aux Chutes Victoria.

Voyages avec African EscapadesTroupe de springbok dans le Kgalagadi – Botswana.

– En Zambie, un de ses terrains de jeu favoris, Fred vous entrainera dans la magique vallée de la Luangwa, où les éléphants et les hippopotames seront vos plus proches voisins.
Plus sauvages et plus reculés encore, le Kasanka National Park où il est possible d’observer des sitatungas et les marais du Bengwelu abritant l’endémique Cobe Lechwe noir et le mythique bec en sabot. Photo ci-contre, bec en sabot en vol – Marais du Bengwelu – Zambie.

Voyages avec African EscapadesEléphants traversant la rivière Luangwa – Zambie

– En Tanzanie, immersions dans deux parcs sauvages et peu fréquentés du sud du pays, le Selous Game Reserve et le Ruaha National Park.

Voyages avec African EscapadesCampement sauvage au bord de la rivière Ruaha – Ruaha national park – Tanzanie.

– Le Malawi, point de départ et d’arrivée des expéditions vers la South Luangwa en Zambie est aussi un lieu enchanteur pour se ressourcer en fin de voyage. C’est un cadre idyllique pour se baigner dans les eaux parfois agitées du lac Malawi et aller à la rencontre des villageois aux alentours.

Voyages avec African Escapades

Le but de ces expéditions n’est pas d’avaler les kilomètres de piste bien que cela soit parfois incontournable. L’objectif est de passer un maximum de temps à contempler la nature sauvage. L’observation animalière est une priorité, que ce soit pour les oiseaux ou les mammifères, Fred comme Inno sont d’une grande compétence. Tout en conduisant et scrutant les bords de piste à la recherche d’un mammifère, ils sont capables de vous signaler un aigle de Verreaux immature en plein vol tout comme un guépard couché dans l’herbe à 100 mètres n’échappera pas au regard perçant d’Inno.

Des expéditions pour voyageurs avertis.

On ne voyage pas avec Fred par hasard. Avant d’affronter la rudesse du Kalahari ou de la Ruaha, il est bon de savoir à quoi ressemble l’Afrique sauvage. A défaut, un minimum d’ouverture d’esprit et un intérêt certain pour la nature sauvage vous permettront de profiter pleinement de l’aventure sous réserve d’accepter un confort rustique pour être au plus près de la faune.
Il faut aussi admettre que c’est la nature qui décide de ce qu’elle nous offre !

Dans les campements et bivouacs, seule la toile de la tente vous Voyages avec African Escapadessépare de la nature sauvage. Les noctambules de la savane sont vos voisins de chambre.
Après les éventuelles petites appréhensions des premiers jours, on trouve une quiétude et un plaisir immense à vivre au rythme de la nature et en harmonie avec elle.
Le soir au coin du feu, avec la voie lactée comme toiture, les sons du monde sauvage vous parviennent.
Tout autour de vous la brousse grouille d’une vie invisible. Ici un léopard qui appel une femelle, là, un lion qui devise avec ses congénères, ou encore le babouin qui aboie, sans oublier le cri emblématique de la hyène tachetée. Quel bonheur de vivre en plein air sans artifices. Une certaine idée du paradis sur terre en somme.

Une logistique bien rodée.

L’expédition à peine terminée et le groupe de voyageurs tout juste déposé à l’aéroport, Fred et Inno ont déjà la tête dans le voyage suivant. En quelques jours, tout doit être prêt pour un nouveau périple.

Voyages avec African EscapadesPour éviter les oublis et les mauvaises surprises, Fred prépare des listes de ravitaillement en fonction de chaque expédition, de la durée et du degré d’autonomie.
Produits frais, fruits et légumes, épicerie, pain, viennoiseries, etc.
C’est le contenu d’environ trois caddies de vivres remplis plus haut que le bord qui doit trouver place dans les coffres des 2 Land Cruisers.
Tout est chargé au millimètre, tous est calé mais reste facilement accessible en cas de besoin.
Beaucoup de choses dans les Toy, mais que de l’utile et du rationnel (sans oublier quelques gourmandises).
Après les courses, c’est le matériel de bivouac qui est bichonné.
Puis c’est au tour des véhicules d’être partiellement vidés de leur contenu avant d’être nettoyés. Les Toy sont lavés, du châssis au pare-brise.
Dès le deuxième jour, le staff d’African Escapades enfile le costume de mécanicien.
Au menu, filtre à huile, vidange, graissage, inspection sous le véhicule, resserrages éventuels, contrôle des amortisseurs, histoire d’affronter les pistes en toute sérénité.
Fred et Inno ont des journées bien remplies. Au fil des jours et des heures, ils sont tout à la fois chauffeurs, pisteurs, guides, cuisiniers, intendants, mécaniciens et même veilleurs de nuit lorsque les éléphants sont tentés par les provisions.

Epilogue.

Lorsque l’on franchit la porte d’African Escapades, on intègre sans le savoir une grande famille de voyageurs passionnés de nature et d’Afrique. On ne revient pas tout à fait le même après avoir côtoyé Fred et Inno.
Pour ma part, ces dernières années, j’ai eu le plaisir de partager à 15 reprises le quotidien d’African Escapades. J’ai ainsi parcouru avec Fred des milliers de kilomètres en terres africaines au travers de 7 pays d’Afrique Australe et de l’Est.
A chaque fois c’est un enchantement et de retour en France, je compte les jours qui me séparent du prochain départ.

 Merci à Frédéric March et Innocent Muganhiri de nous faire partager leur Afrique.

D.M.

Pour découvrir des images réalisées lors d’expéditions avec African Escapades, consultez les liens ci-dessous.
Faune du Botswana.
La Luangwa à la saison des pluies.
Ouganda 2019.
Kenya 2019.

Lycaon

Lycaon pictus

African Wild Dog, Wild dog, Painted dog, Hunting dog, Painted wolf, Painted hunting dog, African hunting dog, Cape hunting dog, Hyena dog, Ornate wolf.

Ordre des Carnivores, Famille des Canidés, Genre Lycaon

Hauteur au garrot: 60 à 80 cm
Poids: de 20 Kg à plus de 30 Kg
Longueur de la queue: 30 à 40 cm
Gestation: Environ 70 jours.
Nombre de petits par portée: 2 à 21, moyenne 10 à 11
Longévité: 6 à 11 ans à l’état sauvage (variable suivant les régions), jusqu’à 15 ans en captivité.

Lien vers Fiche IUCN.

Lycaon, chien sauvage africainMâle Lycaon pictus pictus – Moremi Game Reserve – Botswana – Mâle faisant partie d’un pack de 25 individus.

1.Description, sous espèces et variantes géographiques

1.1 Description
Le lycaon apparaît sous de multiples noms suivant les ouvrages et les époques. Chien sauvage d’Afrique, chien chasseur, loup peint, chien hyène, cynhyène, chien de brousse ou encore loup d’Afrique dans des ouvrages anciens.
Lycaon, chien sauvage africain
C’est le plus grand des canidés africains et le seul représentant du genre lycaon.
Ce mammifère exclusivement africain a l’allure d’un chien, haut sur pattes, svelte et musclé.
Il est caractérisé par son pelage tacheté tricolore (noir, jaune et blanc) et ses grandes oreilles arrondies dressées au dessus de la tête.
Le front et le museau sont noirs (une bande noire s’étire sur son front!.
Les poils sont assez courts et plutôt grossiers (plus ou moins long suivant les sous espèces), ils sont plus longs au niveau de l’encolure.
Les taches sont toutes différentes d’un animal à l’autre, c’est en quelque sorte sa carte d’identité.
La tête du chien sauvage d’Afrique est massive avec des mâchoires puissantes.
La queue est longue, touffue et tricolore (jaune, noire puis presque toujours blanche à son extrémité).
Il existe peu de dimorphisme sexuel en dehors d’une légère différence de taille, le mâle pouvant être un peu plus grand que la femelle.

Lycaon, chien sauvage africainLycaon pictus pictus – South Luangwa National Park – Zambie

1.2 Sous espèces et variantes géographiques

5 sous espèces sont communément admises mais non reconnues universellement.
Lycaon pictus pictus, South African Wild Dog, Cape Hunting Dog. (Angola, Botswana, Malawi, Namibie, Afrique du Sud, Zambie, Zimbabwe). Le plus grand des lycaons, plus coloré que celui d’Afrique de l’Est L.p.lupinus. En comparaison, le poids moyen pour mâle et femelle de la sous espèce d’Afrique de l’Est est de l’ordre de 23 Kg alors que pour le lycaon d’Afrique Australe la femelle pèse environ 24 Kg et le mâle 28 Kg.
Lycaon pictus lupinus
, East African Wikd Dog. (Kenya, Tanzanie).
Lycaon pictus somalicus, Somali Wild Dog. (Ethiopie).
Lycaon pictus saharicus, North African Wild Dog. (Algérie ?)
Lycaon pictus manguensis, West and Central African Wild Dog. (Sénégal, Bénin, Burkina Faso, Niger). En danger critique d’extinction.

Lycaon, chien sauvage africainLycaon pictus pictus – South Luangwa National Park – Zambie

2. Comportement

2.1 Groupe et territoire
Le lyacon est un canidé grégaire qui vit en meute (pack) de taille variable, 6 à 20 individus en moyenne. Mais ces groupes peuvent comporter couramment jusqu’à une trentaine de « chiens » et même 40 à 60 voir 90. Ces packs sont multi mâles multi femelles.
La taille des groupes varie, suivant les pays, la densité des populations de ce carnivore et de l’abondance de ses proies.
Les gros packs peuvent se scinder pour constituer deux meutes plus petites. Les lycaons solitaires sont rares.
Les liens sociaux et la cohésion du pack sont très forts, le fonctionnement du groupe est subordonné au couple Alpha.
Le lycaon est un carnivore essentiellement diurne, cependant, il peut se déplacer et même chasser les nuits de pleine lune.
Ce mammifère a principalement deux périodes d’activité, tôt et tard dans la journée. Ceci est surtout vrai en saison chaude où il fait la sieste en milieu de journée, mais il peut être actif à tout moment par temps frais, pluvieux ou couvert.

Lycaon, chien sauvage africainLycaon pictus pictus – Central Kalahari Game Reserve – Botswana – L’heure de la sieste

Les lycaons ne sont pas territoriaux au sens où ils ne défendent pas celui-ci. La notion de territoire est plus à interpréter comme une zone de chasse plutôt qu’une zone de « propriété » exclusive.
De ce fait, chez le chien sauvage africain, on note l’absence de comportement territorial.
Le territoire de chasse du lycaon est de taille très variable, de 200 à 2000 km² suivant les régions et l’abondance des proies. Les territoires de plusieurs packs peuvent se chevaucher à plus de 80 %.
De part la faible densité des populations, les affrontements entre packs sont plutôt rares.
Ce grand canidé est un nomade, il se déplace en moyenne d’une dizaine de kilomètres par jour.
Il passe la nuit là où la chasse l’a conduit, à l’abris dans des buissons.
Il devient temporairement sédentaire pendant environ trois ou quatre mois lorsque les petits sont au terrier. Pendant cette période, le territoire de chasse se réduit considérablement.
Doté d’une grande endurance, il est capable de courir avec des pointes à plus de 60 Km/h et de tenir une vitesse de 45 Km/h sur plus de 5 Km.
Pour se rafraîchir, le lycaon aime se baigner dans l’eau ou dans la boue.

Lycaon, chien sauvage africainLycaon pictus pictus – South Luangwa National Park – Zambie – Départ en chasse

2.2 Technique de chasse
Le lycaon est un chasseur très efficace, rapide et endurant. Les chasses collectives sont d’autant plus efficaces que le pack est important. Le taux de réussite est de 50 à 70 %, le plus élevé des grands carnivores africains.

Lycaon, chien sauvage africainLycaon pictus pictus – Moremi Game Reserve – Botswana

Contrairement au idées reçues, les lycaons ne chassent pas en relai. Tous les adultes valides participent aux chasses, les jeunes, les sujets âgés et les invalides sont en retrait ou éventuellement au terrier et seront nourris par les chasseurs qui régurgiteront une partie de leur nourriture. Cette solidarité assure la cohésion et l’avenir du pack.
Le départ en chasse est souvent précédé d’un rassemblement très animé et d’une « concertation » sous forme de gémissements et de petit cris.
Les lycaons sont opportunistes, ils approchent leurs proies directement en trottant, sans affut, puis entament une poursuite jusqu’à épuisement de celles-ci.
Lorsque la proie est fatiguée, elle est approchée et harcelée jusqu’à épuisement par des morsures de toutes part mais principalement au ventre et à l’arrière (zones moles de l’arrière, près de l’anus, l’aine ou le ventre). Rapidement éventrée, la proie meurt suite au choc et la perte de sang, puis elle est dévorée par le ventre et l’anus, démembrée et déchiquetée. Une gazelle peut être dévorée en moins de 10 mn dans une excitation générale accompagnée de vocalises.

Lycaon, chien sauvage africainLycaon pictus lupinus – Selous Game Reserve – Tanzanie

Les proies chassées sont principalement des antilopes de taille moyenne (impala, springbok, gazelle de Thomson) ou des jeunes d’espèces plus grandes. En proportion de sa taille, c’est le carnivore qui capture les plus grosses proies (avantage de la chasse en meute).
La majorité des proies est capturée après 1,5 à 3 km de poursuite. Elles sont rarement poursuivies au-delà de 5 Km.
Si les proies sont suffisamment abondantes, les lycaons chassent et mangent 2 fois par jour.

Lycaon, chien sauvage africainLycaon pictus pictus – South Luangwa National Park – Zambie

2.3 Communication
Chez ce canidé, la communication vocale est importante et complexe. Elle est audible sous plusieurs formes, gazouillis, ultra-sons (chez le chiot), grognements, gémissements, gémissements de soumission, etc.
Les vocalises sont associées à des attitudes; gazouillis en début de repas, avant la chasse, lors de retrouvailles.
La communication olfactive est aussi importante. Le lycaon possède des glandes anales et distille une odeur acre très marquée. En période de reproduction, le couple Alpha communique par l’émission d’urine et de fèces, mâle et femelle urinent au même endroit et en même temps. En dehors de cette période, le marquage par les urines est quasiment inexistant. Ce marquage est plus dans un but de domination et de reproduction que pour un réel marquage de territoire.

Lycaon, chien sauvage africainLycaon pictus pictus – Moremi Game Reserve – Botswana

La communication de contact et de posture est également très utilisée chez les lycaons.
Ils expriment leur humeur par des mouvements de queue, se reposent blottis les uns contre les autres. Ils se frottent, se lèchent, se mordillent.
Ils peuvent manifester un comportement agressif si un subalterne oublie ou remet en cause son statut.

2.4 Divers
Les mâles sont par nature plus agressifs que les femelles.
En général, les mâles restent dans le pack, ce sont surtout les femelles qui migrent.
Elles peuvent quitter leur pack natal lorsqu’elles détectent la présence (odeur, vue, son) d’un groupe de mâle.
La femelle Alpha reste au sommet de la hiérarchie tant quelle est reproductive et capable d’affirmer sa domination. Elle est remplacée lorsqu’elle est vieille ou infirme. Lui succède alors une femelle de second rang ou une subalterne qui prend sa place généralement après une bagarre.

3. Reproduction

La femelle lycaon atteint la maturité sexuelle au cours de sa 2ème année et obtient sa première portée vers l’âge de 22 mois.
Lorsqu’elle est en chaleur, elle n’est suivie que par un mâle (le mâle Alpha) qui repousse les autres prétendants. Si la femelle se déplace, le mâle la suit de près et pose fréquemment la tête sur sa croupe ou ses épaules. Si elle se couche, il fait de même, appuyé contre elle. A chaque fois qu’elle urine il urine au même endroit.
C’est donc en théorie le mâle Alpha le père de la portée, mais il arrive que des mâles subalternes arrivent à s’accoupler avec la femelle Alpha. Chez le lycaon, l’accouplement est bref.
En principe la femelle dominante est la mère de tous les petits mais il peut parfois y avoir 1 ou 2 autres femelles mères.
Après environ 70 jours de gestation, la mise bas se fait dans un terrier (ancien terrier d’oryctérope) pouvant être réutilisé. Les lycaons peuvent aussi utiliser des cavités rocheuses naturelles pour servir de tanière.

Lycaon, chien sauvage africainJeunes Lycaon pictus pictus – South Luangwa National Park – Zambie

Les portées sont très nombreuses, de 2 à 21 petits (8 à 11 petits en moyenne). Le nombre de chiots par portée est très important en proportion de la taille de l’animal.
En conséquence, le poids des nouveaux nés est faible et leur développement moindre que chez les autres canidés.
A la naissance les petits pèsent environ 300 à 360 g et sont aveugles, ils sont noirs et dépourvus de poils. Leurs yeux s’ouvrent vers 1 à 2 semaines.
Le système de reproduction efficace aux portées nombreuses implique une aide de la part du pack pour le nourrissage et l’élevage des jeunes. Pour veiller sur eux, une femelle reste au terrier, elle est nourrie par la meute en même temps que les jeunes.
A partir de 2 à 3 semaines, les lycaons font leur première sortie du terrier et commencent à consommer de la nourriture solide (viande régurgitée). Vers 10 semaines, ils sont sevrés.
Pour faire régurgiter les adultes, les petits les sollicitent en gémissant et en leur mordillant la commissure des lèvres et la bouche. Plusieurs adultes doivent régurgiter pour alimenter les petits. Vers 6 à 7 semaines, l’aspect des chiots commence à prendre celui des adultes et passent du noir au tricolore.
Les jeunes lycaons restent au terrier environ 3 mois puis se déplacent avec le pack.
Toute la meute participe à l’élevage des petits; surveillance, protection, éducation, jeux, alimentation.
Entre 8 et 18 semaines, le pack abandonne le terrier et les jeunes se nourrissent directement sur les proies sans toutefois prendre part aux chasses, ils y participeront seulement vers l’âge de 6 mois.
La mortalité infantile est proche de 50 % la première année dont 1/4 à cause de maladies.
A 1 an, le lycaon est considéré comme adulte.

Lycaon, chien sauvage africainJeunes Lycaon pictus pictus – South Luangwa National Park – Zambie

4. Biologie et anatomie

Lycaon, chien sauvage africainSeul représentant de son genre, le lycaon ne possède que 4 doigts aux pattes antérieures contrairement aux autres canidés qui en possèdent 5.
Ce doigt absent est chez les canidés un pouce atrophié présent sous forme d’ergot. Cette particularité l’a fait classé dans un premier temps dans le genre hyaena.
Il possède des poches glanduleuses vers l’anus et dégage une forte odeur acre.
La femelle possède 6 à 7 paires de mamelles thoraco-abdominales.
Le lycaon est sensible aux maladies des canidés ; rage, anthrax, maladie de Carré, parvovirose, etc. Le contact (direct ou indirect) avec des chiens domestiques favorise la transmission de certaines de ces maladies.
Sa dentition est adaptée pour trancher et broyer, elle est spécialisée pour un régime hypercarnivore.
Son estomac est volumineux et son métabolisme rapide, ce qui le conduit à faire des repas rapprochés, plus d’une fois par jour quand cela est possible.

5. Régime alimentaire

Seul canidé africain exclusivement carnivore, le lycaon consomme principalement des antilopes de taille moyenne; impala, gazelle de Thomson en Afrique de l’Est, springbok en Afrique Australe.
Le poids moyen des proies est d’environ 50 Kg mais peut aller jusqu’à 200 Kg.
Il capture plus occasionnellement des jeunes d’espèces plus grandes ; éland, gnou, zèbre, etc.
Il consomme aussi plus rarement, lapins, oiseaux, jusqu’à des zèbres adultes si la meute est nombreuse.
La nature des proies consommées est en fonction de la région, de la saison et des opportunités.
Les victimes sont démembrées et dévorées sur l’instant, un impala est dévoré en moins de 10 mn. Le chien sauvage africain consomme environ 3 à 6 Kg de viande/jour pour 1 adulte.
Pour la nourriture, le lycaon est principalement en concurrence avec les hyènes.

Lycaon, chien sauvage africainLycaon pictus pictus – Moremi Game Reserve – Botswana

6. Prédateurs

Le principal prédateur du lycaon est l’homme sous de multiples formes; persécutions par les éleveurs, accidents de la route, captures dans des pièges (collets).
Les jeunes peuvent être prédatés par le léopard et la hyène tachetée.
Les sujets adultes peuvent être occasionnellement tués par des lions.

7. Habitat, distribution et évolution de la répartition

7.1 Habitat
Les habitats du lycaon sont assez variés; savanes ouvertes, savanes boisées, savanes arides, forêts claires, semi-déserts (Kalahari), désert (présence au Sahara). Il est absent des forêts tropicales humides.
Il peut évoluer en altitude puisque des observations ont été faites sur des hautes montagnes africaines; en Ethiopie en 2005 sur le Plateau de Sanetti (4050 m), en 1993 sur le Mt Kenya (4250 m) et au sommet du Kilimandjaro où 5 lycaons ont été observés.
Il dépendent de grands territoires sauvages non morcelés et inhabités.

7.2 Distribution
Initialement présent dans 39 pays africains, le lycaon a disparu dans au moins 25 d’entres eux.
Il est notamment éteint en Egypte, en Libye, en Mauritanie et au Soudan.
Il était présent en Egypte (groupes nomades) jusqu’à la fin du XIXème.
En 1955, P. Bourgoin cite dans « Animaux de chasse d’Afrique » « le cynhyène se rencontre dans toute l’Afrique noire en dehors des forêts denses, jusque dans l’Aïr et le Tibesti ».
Il est éteint dans le parc des Virunga (RDC) depuis 1957 alors qu’il y était abondant auparavant.
Présence citée dans « Faune du Sahara » de M. Le Berre (1990): Algérie, Sud Hoggar (Monod 1927), Mali, Adrar des Iforas (Sayer 1977), Niger, Aïr et Ténéré (Grettnberger et Newby 1986), Soudan, Darfour (Setzer 1957).
En 2019 on enregistre des populations viables dans seulement 6 pays ; Botswana, Kenya, Tanzanie, Afrique du Sud, Zambie et Zimbabwe.
Sa présence est actuellement incertaine en Algérie. En 1928, cinq spécimens ont été vus au Sud de Tanezrouft, deux d’entre eux ont été tués lors d’une chasse. (Source: « Les Mammifères sauvages d’Algérie » – Mourad Ahmim – 2019).

Lycaon, chien sauvage africainFemelle Lycaon pictus pictus – Savuti (Chobe National Park) – Botswana

7.3 Evolution des populations
La population de lycaons était estimée à environ 500.000 individus au début du XXème siècle.
Par le passé, quelques rares observations font état de packs de plusieurs centaines d’individus (Afrique du Sud, 19ème siècle vers 1850). Au Sud du Kenya dans les années 20, un regroupement d’environ 500 chiens a été relaté.
En 2015 la population était évaluée à moins de 7.000 individus répartis en 39 populations, dont 1.400 individus matures, en état de se reproduire (source IUCN).
Il est devenu très rare en Afrique de l’Ouest.
Malgré un système de reproduction efficace, les populations de lycaons sont en déclin. L’espèce est menacée et sa distribution est devenue très fragmentée.
Cela est du en grande partie à l’expansion démographique qui génère un morcellement et une perte des territoires sauvages nécessaires à la survie des meutes de lycaons.
Malgré cela, certaines populations sont localement en hausse (Zambie, Zimbabwe) grâce à l’action de quelques ONG.

8. Interactions avec l’homme

Lycaon, chien sauvage africainLes lycaons subissent des persécutions suite à prédation sur du bétail (mouton ou chèvre).
Il est persécuté depuis très longtemps par l’homme. Considéré comme une «vermine» par les colons européens, la population est passée de 500.000 à environ 7.000 en moins d’un siècle.
En Rhodésie du Sud (aujourd’hui le Zimbabwe), une récompense de cinq shillings a été introduite en 1916 pour la preuve de la destruction d’un Lycaon. Cette prime a été augmentée périodiquement jusqu’à ce qu’elle soit finalement abolie en 1977.
Rien qu’en 1975, 3.404 loups peints ont été détruits lors d’opérations de « lutte contre la vermine ».
Lorsque les lycaons sortent des aires protégées, leur mortalité devient plus importante, (collisions avec des véhicules, armes à feu, pièges, poisons). Aux environs de Hwange au Zimbabwe, 234 morts de lycaons ont été attribués aux activités humaines dont la circulation routière.

9. Informations complémentaires

9.1. Origine du nom
En 1820, C.J. Temminck désignera d’abord le lycaon par Hyena picta (hyène peinte), mais suite à des observations de la dentition sur un autre spécimen, le lycaon passe au cours de la même année de genre Hyaena au genre Canis et devient Canis pictus.
Cette classification est remise en cause par le naturaliste anglais Joshua Brookes. Au vu de la morphologie et du comportement particulier de l’animal, un nouveau genre sera créé pour lui, le genre Lycaon (1827).
Le nom de ce beau et aujourd’hui rare canidé est inspiré par la mythologie grecque et le roi Lycaon, souverain bestial d’Arcadie, barbare et cannibale à ses heures. Il fut transformé par Zeus en créature mi homme, mi loup pour lui avoir servi de la viande humaine lors d’un banquet.

9.2. Origine/espèces fossiles
Les lycaons partagent un ancêtre commun avec les loups (il y a quelques millions d’années, 2 à 5 millions environ).
Le plus ancien fossile connu de Lycaon pictus remonte à 200.000 ans et a été trouvé dans la grotte de Hayonim, en Israël.

9.3. Les lycaons à travers l’histoire
Au début du 19ème siècle, le naturaliste anglais William John était en possession d’un lycaon vivant. Celui-ci avait à l’époque déjà décrit le comportement de l’animal (vie en meute, chasse collective de jour, etc).
En 1820 aux Pays-Bas, le zoologue hollandais Coenraad Jacob Temminck est en possession d’une dépouille de lycaon. A cette époque, l’animal n’a pas encore été étudié et il ne porte pas de nom scientifique.
Le lycaon est cité dans quelques contes de la mythologie du peuple San.

9.4. Iconographie

Lycaon, African Wild DogLe lycaon par J.G. Keulemans – Gravure de 1890 (cet animal resemble plus à un protèle qu’à un lycaon).

Représentation du lycaon sur quelques timbres de pays africains.

Lycaon, chien sauvage africain

10. Bibliographie

Estes, R.D. 2012. The behavior guide to African Mammals, The University of California Press.
McNutt, J.W. Woodroffe, R. 2013. African Wild Dog, Mammals of Africa Volume V, Bloomsbury.
Castello, J.R. 2018. Canids of the world, Princeton University Press.
Carnaby, T. 2010.Beat about the bush Mammals, Jacana Media.
Breil, M. Mayeur, J.P. Thille, F. 1998. Kenya Tanzanie Le guide du safari Faune et parcs, MARCUS.
Dorst, J. & Dandelot, P. 1972. Guide des grands mammifères d’Afrique, Delachaux et Niestlé.
Lamarque, F. 2004. Les Grands Mammifères du Complexe WAP, CIRAD ECOPAS
Stuart, C & M. 2016. Guide photo des grands mammifères d’Afrique, Delachaux et Niestlé.
Bussière, E. 2019. Et ainsi fut nommé Lycaon pictus, Revue Espèces N°32, Kyrnos Publications.
Apps, P. 2000. Smithers’ Mammals of southern Africa, A field Guide, Random House Struik.
Kingdon, J. 2011. The Kingdon Field Guideto African Mammals, A&C Black.
Ouvrage collectif, 2014. A field guide to the Larger Mammals of Tanzania, Wild Guides.
Le Berre, M. 1990. Faune du Sahara Tome 2 Mammifères, Lechevalier – R. Chabaud.

11. Liens

Painted Dog Conservation.
Lycaon roi d’Arcadie.
L’effroyable histoire de Lycaon, roi d’Arcadie.
Le lycaon, chien sauvage longtemps mal-aimé, peu à peu réhabilité.
African Wild Dog sur Animal Diversity Web.
Plan d’action national pour la conservation du guépard et du lycaon en république du Tchad.
Stratégie régionale pour la conservation des guépards et des lycaons en Afrique Occidentale, Centrale et Septentrionale.
Lycaon pictus – African Wild Dog.