Auteur : Dominique

Mammifères sauvages du Maroc

Stéphane Aulagnier, Fabrice Cuzin & Michel Thévenot Editeurs.
(Société Française pour l’étude et la Protection des Mammifères)

Ouvrage collectif de 340 pages brochées au format 21 x 29,7 cm. 1ère édition 2017.
Contributeurs: Abdellatif Bayed, Bouchra Bougariane, Denis Geraads, Alain Rodrigue, Emmanuelle Stoetzel et Dominique Barreau & Alain Rocher.

Ce livre traite du peuplement, de la répartition et de l’écologie des mammifères du Maroc.
En introduction cette publication aborde l’histoire des peuplements des mammifères, les espèces fossiles ainsi que les représentations rupestres.
Pour chaque espèce décrite, on trouve des données sur la description, la localisation, le comportement, les mensurations, le tout associé à une carte de répartition pour le Maroc.
En plus du nom scientifique, les espèces sont nommées en français, en anglais, en allemand et en espagnol.
Ce sont plus d’une centaine d’espèces qui sont mentionnées. Parmi elles, 29 chiroptères, 17 carnivores, 11 cétartiodactyles et 32 rongeurs.
Cet ouvrage comporte très peu de photos mais de très abondantes références bibliographiques.

Il est possible de commander ce livre sur le site de la SFEPM.

Canids of the world

Par JOSE R. CASTELLO aux éditions Princeton University Press.
Ouvrage de 331 pages au format 14 x 21,5 cm. 1ère édition juin 2018.
Comme son titre l’indique, ce guide en langue anglaise traite de tous les canidés du monde.
40 pages sont consacrées aux canidés africains, loups, chacals, lycaons, renards, fennec et otocyons.
Le livre s’articule en plusieurs parties:
– Une introduction avec 20 pages de généralités sur les canidés.
– 280 pages pour la description des espèces (ou sous espèces). Chaque animal est présenté sur 2 pages en vis à vis.
En page de gauche, les noms anglais et scientifiques suivis des mensurations et de la description de l’animal. L’espèce est représentée par plusieurs photographies soigneusement détourées, mâle, femelle, jeune, face et profil.
En page de droite, sont évoqués les noms dans différentes langues (dont le français), les sous espèces, les espèces similaires, le comportement, la répartition géographique, la reproduction, etc.
– Pour compléter, ce guide se poursuit par 6 planches de photos des crânes de nombreuses espèces, ce chapitre est suivi par des références bibliographiques, un glossaire et un index.


Ce guide est édité dans la collection des « Princeton Field Guides ».
Nota: Ce livre est disponible en version papier avec 2 types de couverture et il existe également en version numérique.

Lion

Panthera leo

Lion

Ordre des Carnivores, famille des Félidés, genre Panthera

Hauteur au garrot: 0,9 à 1,2 m pour le mâle, 0,8 à 1,1 m pour la femelle.
Poids: 140 à 225 Kg pour le mâle, 110 à 180 Kg pour la femelle.
Le poids record reviendrait à un lion du Transvaal qui pesait 313 Kg.
Longueur du corps: Mâle 136 à 198 cm, femelle 150 à 210 cm.
Longueur de la queue: 85 à 90 cm
Gestation: Environ 110 jours
Nombre de petits par portée: 1 à 6, 2 à 3 en moyenne.
Longévité: Environ 12 – 15 ans à l’état sauvage, 20 ans et plus en captivité.
Lien vers Fiche IUCN


Lion – Parc National de Liuwa – Zambie

1. Description, sous espèces et variantes géographiques

1.1. Description

Le lion fait partie avec le léopard du genre Panthera c’est le plus grand des carnivores africains.
C’est un animal au corps trapu, musclé et allongé, muni de pattes assez volumineuses.
La taille des individus est très variable en fonction des régions (climat, milieu, abondance de nourriture). Ils sont par exemple plus grands en Afrique Australe. Les femelles sont de 20 à 50 % plus petites que les mâles.


Lionne – Parc national de la Ruaha – Tanzanie

La couleur du pelage est fauve plus ou moins foncé avec le ventre et la face intérieure des membres plus clairs que le corps (crème à presque blanc).
Les jeunes sont de couleur fauve avec des taches en forme de rosettes. Leur pelage devient uniforme en grandissant, cependant ces taches persistent parfois chez les sujets plus âgés, surtout en Afrique de l’Est et principalement chez les femelles.
Seuls les mâles portent une crinière qui apparaît vers l’âge de 2 à 3 ans. Celle-ci est de taille (longueur et épaisseur) et de couleur très variable en fonction des régions, du climat, de l’âge et des spécimens. La teinte peut varier du blond au noir en passant par l’ocre ou le brun roux.
La couleur de la crinière fait partie du patrimoine génétique et a tendance à foncer avec l’âge. L’abondance de la crinière est liée également à ce patrimoine mais aussi à la production de testostérone.


Certains lions n’en portent pas, ou très peu. Les lions castrés perdent leur crinière.
La crinière s’étend des joues jusqu’aux épaules, au dessus de la nuque, sous le cou jusqu’au ventre voire même sur l’arrière des pattes antérieures. Elle peut parfois se poursuivre par une frange sous le ventre.
Le rôle de la crinière n’est pas connu avec certitude, mais on pense qu’elle assure une protection de la tête et du cou lors des combats et qu’elle représente un symbole de force. Suite à des expériences avec des peluches ou des maquettes il semblerait que les femelles préfèrent les mâles avec une crinière foncée. Les mâles à crinière abondante et foncée sont plus craints par leurs rivaux. La crinière devient abondante vers 4 à 5 ans. Elle continue de foncer avec l’âge jusque vers 9-10 ans.
Les lions sont les seuls félins à posséder un tel dimorphisme sexuel.
Il existe cependant des cas de femelles portant des crinières. Entre 2014 et 2016, dans le delta de l’Okavango au Botswana, 5 lionnes à crinière ont été suivies par des scientifiques. Cette abondance pilleuse est due à un dérèglement hormonal induisant un taux de testostérone anormalement élevé.
En 2011, un cas semblable a été observé au zoo de Prétoria en Afrique du Sud sur une lionne âgée de 13 ans. Le taux de testostérone élevé s’est résorbé en même temps que la crinière suite à une ablation des ovaires. Plus récemment en 2018 au zoo d’Oklahoma City aux USA, une lionne de 18 ans a développé une crinière dont l’origine était une tumeur bénigne au niveau des glandes surrénales.


Le museau des lions comporte 4 ou 5 rangées horizontales de moustaches (vibrisses).
La base de celles-ci est marquée par des taches noires de 1 à 2 mm de diamètre qui permettent de différencier les individus entre eux.
Les oreilles arrondies comportent une tache noire sur la face arrière. La queue est terminée par un toupet de poils noirs.

1.2. Sous espèces et variantes géographiques

Onze ou douze sous espèces (voire même jusqu’à plus de 20) étaient autrefois reconnues, contre seulement 8 en 2004.
A partir de 2008 l’UICN ne reconnait que deux sous espèces de lions, le lion d’Afrique Panthera leo leo et le lion d’Asie Panthera leo persica.
En 2015, la biologiste Laura Bertola a mis en évidence par des analyses génétiques que les lions d’Afrique Occidentale et les lions d’Afrique Centrale (ains que le lion de Barbarie aujourd’hui disparu) sont plus proches du lion d’Asie que des lions d’Afrique Australe et de l’Est.
En conséquence, les 2 sous espèces aujourd’hui reconnues depuis 2015 sont (source IUCN/SSC Cat Specialist Group):
Panthera leo leo pour les lions d’Afrique Centrale et Occidentale ainsi que pour le lion indien (inclus les sous espèces éteintes d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et d’Europe du Sud-Est).
Panthera leo melanochaita pour les lions d’Afrique Australe et Orientale.

Cependant il est souvent encore fait mention des variantes géographiques suivantes :
(West, P.M. & Packer, C. 2013. Mammals of Africa, Volume V)
Panthera leo azandica, Nord Est de la RDC, parfois appelé lion d’Ouganda.
Panthera leo bleyenberghi, lion d’Angola ou lion du Katanga, Sud RDC et zone frontalière avec la Zambie et l’Angola.
Panthera leo krugeri, lion du Transvaal, région du Kalahari, Est de l’Afrique du Sud.
Panthera leo leo, lion de Barbarie (ou lion de l’Atlas), le plus grand des lions modernes qui était présent au Maroc, en Tunisie, en Algérie, en Egypte. Eteint à l’état sauvage (il resterait quelques spécimens en parc zoologique).
Panthera leo melanochaita, Lion du Cap, région du Cap en Afrique du Sud. Eteint.
Panthera leo nubicus ou nubica , lion de Nubie, lion Massai, Nord Est de l’Afrique l’Est.
Panthera leo senegalensis, lion du Sénégal, Afrique de l’Ouest et Est de la Centrafrique.

Les lions blancs: Il ne s’agit pas d’une sous espèce, mais de spécimens (rares à l’état sauvage) atteints de leucisme ou leucistisme. C’est une particularité génétique due à un gène récessif qui donne une couleur de pelage qui va du crème au blanc. L’extrémité de la queue et la crinière sont également clairs. Les yeux des lions blancs peuvent être de couleur normale (doré) ou gris-bleu.
Ces lions blancs sont assez abondants dans les zoos puisque élevés de manière à être présentés comme une espèce attractive pour les visiteurs. Cependant, malgré la publicité qui est faite autour d’eux, ils ne présentent pas d’intérêt particulier en terme de conservation du lion d’Afrique. (photo: Lion blanc – Zoo de Pont-Scorff).

Cas d’érythrisme : En dehors des lions blancs, il existe une autre variante de lion lié à la génétique. Il s’agit de sujet roux avec les coussinets et les lèvres roses. Le toupet de la queue est également dépigmenté de noir. Cette coloration très rare chez les lions est provoquée par l’érythrisme ou érythrochomie qui génère une absence de pigments noirs et un excès de pigments rouges. Elle touche les mammifères (léopards), les oiseaux et aussi les insectes. Le sujet en photo ci-contre, baptisé «Ginger» est un lion mâle âgé de 10 ans, très célèbre dans la vallée de la Luangwa en Zambie. Dans les années 80, une lionne atteinte d’érythrisme avait déjà été signalée dans la Luangwa.

 

2. Comportement

Les lions sont les seuls félins sociaux. Ils sont grégaires, territoriaux avec un régime matriarcal. Ils vivent en groupes permanents de quelques individus à plus d’une trentaine voire d’une quarantaine. Les groupes sont constitués de femelles (2 à 18) et de jeunes de différents âges.
Ces troupes sont sous la protection et la domination d’un ou deux (voire trois ou parfois plus, jusqu’à 7) mâles adultes dans la force de l’âge (entre 6 et 9 ans). Ces mâles restent à la tête des groupes pendant 2 à 4 ans avant d’être destitués par des mâles plus jeunes et plus vigoureux. Certains peuvent parfois rester 5 ans comme leader en fonction de la concurrence présente sur le territoire et de leur puissance.

Deux mâles dans la force de l’âge – Parc National de la Ruaha – Tanzanie

Chez les femelles, il n’y a pas vraiment de hiérarchie. Celles-ci restent en principe dans le même clan toute leur vie, mais certaines peuvent quitter leur groupe en même temps que leurs frères vers l’âge de 3 ans. Les lionnes d’une troupe sont presque toutes apparentées, sœurs, filles, mères, grands mères, cousines, etc.
Vers l’âge de 2 et demi à 3 ans, les jeunes mâles doivent quitter la troupe de leur plein gré ou chassés par leur père.
Les jeunes mâles, les mâles destitués et ceux qui n’ont pas encore pris possession d’une troupe deviennent nomades et vivent en solitaire ou en coalition de mâles (parfois entre frères mais pas nécessairement).
Les jeunes mâles vivent ainsi jusqu’à l’âge d’environ 5 ans, moment où ils sont suffisamment grands et forts pour affronter des mâles établis à la tête d’une troupe, mais certains sujets restent nomades toute leur vie.
Ces félins sont territoriaux, ils vivent sur des territoires stables de 15 à 500 Km2. La taille dépend de la ressource en nourriture, du couvert végétal et de la présence d’eau. Les territoires de plusieurs troupes peuvent se chevaucher partiellement.

Les lions se reposent près de 20h par jour dont plus de la moitié de ce temps à dormir, de ce fait ils recherchent l’ombre et la fraicheur dans la journée et ne sont donc actifs que 2 à 4 h par jour.
Les troupes sont rarement réunies au complet et sont souvent fractionnées. Le plus souvent les mâles adultes sont de leur côté, les femelles avec les jeunes d’un autre et les femelles avec nouveaux nés isolées de leur côté. Il sont même parfois tous dispersés après une nuit de tentatives de chasse.
Lors des phases de repos, les lionnes sont souvent à cotés les unes des autres alors que les lions adultes se tiennent un peu à l’écart.

Lors des retrouvailles, même après des séparations de courte durée, les lions et lionnes se saluent par des frottements mutuels et des léchages. Les saluts par cognement de tête, léchage du cou, des épaules et de la tête sont des signes de reconnaissance et d’affection. Les liens entre lionnes sont très forts.
Les lions ne tolèrent pas la présence des autres grands félins (léopards, guépards). Ils les chassent et peuvent les tuer s’ ils en ont l’occasion. Ils tuent également les jeunes de ces espèces trouvés sans protection mais en principe ne les mangent pas.
Les lions commencent à rugir vers l’âge de 2 ans. Le rugissement des mâles est beaucoup plus puissant que celui des femelles.

Les lionnes et les jeunes sont capables de grimper dans des arbres où ils peuvent rester pour s’y reposer. Ce comportement est plus ou moins rare suivant les endroits et les troupes (assez fréquent à Manyara et Nakuru au Kenya, au Parc Elisabeth en Ouganda).

Le rôle des lions mâles adultes chefs de clans est de défendre leur territoire et leur troupe. Ils affrontent leurs rivaux pour maintenir leur statut de chef de clan et conserver l’accès aux femelles en oestrus. Ils participent parfois aux chasses.

Les femelles chassent et élèvent les petits. Elles assurent environ 80 à 90% des captures de proies pour le groupe.

(Cette description des rôles est très schématique car les mâles chassent aussi mais ils sont moins performants que les femelles car plus lourds et moins rapides. Les femelles peuvent aussi défendre la troupe et surtout leurs petits face à des intrus, lions étrangers ou autres prédateurs).

 

Techniques de chasse
Les techniques de chasse sont très variables en fonction de la taille de la troupe de lions.
Suivant s’ il s’agit d’un mâle solitaire ou en binôme ou d’un groupe de femelles, les proies chassées et les techniques seront différentes. La configuration du terrain influera également sur le comportement. On peut cependant énoncer quelques règles qui sont assez caractéristiques de l’espèce. Les lions chassent surtout de la tombée de la nuit jusqu’au petit matin, mettant à profit leur excellente vision nocturne et profitant de la fraîcheur de la nuit.
Cette règle n’est pas absolue car si l’occasion se présente, ce grand félin peut chasser de jour notamment les phacochères qui sont des animaux diurnes.

Une fois la proie repérée, le schéma classique commence par un affût plus ou moins long où le lion se tient tapis au sol à observer sa future victime. S’ensuit une approche discrète ventre à terre en profitant de la végétation et des accidents de terrain pour se retrouver au plus près de la proie. Cette approche est souvent effectuée en plusieurs fois.
Lorsque le lion s’estime suffisamment proche de l’animal à capturer (environ 30 m) il lance l’assaut jusqu’à bondir sur sa victime, si possible la faire chuter puis l’immobiliser au sol.
Ce félidé est capable de courir à 50 voire 60 Km/h mais sur d’assez courtes distances (guère plus de 100 m). Ce n’est pas un coureur de fond.

Ci-dessus, sur la photo de gauche (Parc National de Hwange – Zimbabwe), 2 lionnes sont à l’affut d’un troupeau de buffles. Elles passeront à l’attaque avec succès à la tombée de la nuit lorsque les buffles seront dans les bois. Photo de droite (Parc national de la Ruaha – Tanzanie), cette lionne part en approche à la suite d’un phacochère. Cette approche opportuniste sera sans suite.

Le lion étouffe ensuite ses proies en les saisissant à la gorge pour écraser la trachée ou en emprisonnant le museau de sa victime dans sa gueule pour bloquer les deux mâchoires fermées (baiser de la mort). Ces techniques sont appliquées sur des proies jusqu’à la taille du buffle. Pour les proies plus grosses comme les girafes, les hippopotames et les éléphants qui sont en principe chassés par une troupe de lions nombreux, la mort de la victime est malheureusement plus lente et l’animal commence souvent à être dévoré vivant !
Lorsque les lionnes chassent en groupe, la technique peut être plus élaborée avec des individus en embuscade alors que d’autres encerclent et jouent les rabatteurs.
La chasse n’est pas sans risque. Certains herbivores peuvent infliger des blessures graves voire mortelles directement ou indirectement. Coups de sabots de la part des zèbres ou des girafes, coups de cornes de la part des buffles, gnous ou oryx.

Communication
En plus de la communication entre membres de la troupe par les frottements, léchages, grognements et rugissements, les lions communiquent de manière olfactive, principalement pour communiquer leur présence aux lions solitaires et à ceux des autres troupes.
Pour cela, les mâles délimitent le territoire par des jets d’urine, leurs selles et des dépôts de sécrétions de leurs glandes anales sur la végétation. Ils se projettent de l’urine sur les pattes arrières et à terre puis grattent le sol. Le marquage olfactif est aussi assuré par des sécrétions de glandes situées entre les doigts.
Les mâles «marquent» également leur territoire en signalant leur présence par leurs puissants rugissements, audibles à plusieurs (8) kilomètres.

3. Reproduction

Les lionnes atteignent la maturité sexuelle vers 3 ans.
Il n’y a pas de saison de reproduction particulière, mais une synchronisation des naissances dans la même troupe est fréquente.
Les femelles sont réceptives plusieurs fois par an, sauf pendant la gestation et la période d’allaitement. Les chaleurs durent de 1 jour à 1 semaine, en moyenne 4 jours.
Dans l’attente des accouplements, le mâle flaire l’urine des femelles pour évaluer le taux hormonal. Pour cela, il ouvre la gueule et retrousse sa lèvre supérieure, c’est ce que l’on appelle le flehmen. La lionne en chaleur cherche activement un partenaire. Elle tourne autour du mâle, se frotte à lui, se vautre à ses pieds.
Une femelle peut être couverte par plusieurs mâles à la suite.
Il se passe environ 18 à 30 mois entre deux portées.

Accouplement
Pendant la période d’accouplement, le lion et la lionne ne se consacrent qu’à cette tache pendant plusieurs jours (de 2 à 4 jours environ, soit la période d’oestrus de la femelle).
Pour cela, ils ne se quittent pas et s’isolent du reste du groupe. Ils ne chassent pas, ne mangent pas ou très peu. L’accouplement ne dure que quelques secondes, mais il est répété toutes les 10 à 20 mn.
Le rituel est à peu près toujours le même. Le lion saisi la femelle à la nuque et s’accouple. Lorsqu’il se retire, les granulations piquantes de son pénis provoque une douleur aigüe chez la femelle ce qui la rend momentanément agressive. Dans cette phase, le mâle doit souvent esquiver les coups de pattes ou de crocs. A ce moment, la femelle se roule souvent sur le dos. C’est lors du retrait qu’à lieu l’ovulation.
Malgré les nombreux accouplements, ceux-ci ne sont pas forcément couronnés de succès.


Les jeunes

Après une gestation d’environ 110 jours, la lionne donne naissance à 1 ou 5 voire 6 petits (2 à 4 en moyenne), ceux-ci pèsent de 1 à 1,5 kg environ. Pour la mise bas, la femelle s’isole de sa troupe et se dissimule dans d’épais fourrés, creux de rochers ou autres protections naturelles. Après la naissance, la lionne déplace ses petits régulièrement tous les 3 ou 4 jours en les transportant dans sa gueule. Ils peuvent rester parfois 24h seuls lorsque leur mère part en chasse, ils sont alors très vulnérables notamment vis à vis des hyènes.
La lionne et ses petits rejoignent la troupe dès que ces derniers sont âgés d’environ 6 semaines.


Les femelles allaitent leurs petits par 2 paires de mamelles.


Les lionceaux sont sevrés vers l’âge de 8 mois et consomment uniquement du lait les 3 premiers mois.
Les femelles adultes forment des crèches où les jeunes sont surveillés de manière communautaire, les lionceaux peuvent être allaités par d’autres femelles que leur mère.


La croissance des lionceaux est très rapide et les mâles grandissent plus vite que les femelles.
Les jeunes accompagnent leur mère à partir de 4 mois sans prendre part aux chasses.
La mortalité chez les lionceaux de moins d’un an est importante et est d’environ 60 %. Seuls un quart à un tiers des lions arrivent à l’âge adulte. Ces données peuvent être très variables en fonction: de la région, du climat et des années, notamment en fonction de l’abondance des proies et de la concurrence avec les autres grands prédateurs.
Une autre cause de mortalité des lionceaux dans la première année est le comportement infanticide des mâles qui prennent la tête d’une troupe après avoir destitué le ou les mâles au pouvoir précédemment. Cette pratique, non systématique, vise à rendre les femelles aptes pour de nouvelles chaleurs et ainsi assurer la descendance du nouveau mâle. Elle concerne en principe les jeunes de moins d’un an.
Les lions atteignent la puberté vers 2 ans 1/2, ils sont adultes vers 3 à 4 ans, au sommet de leur forme vers 5 à 6 ans et atteignent leur poids maximum vers 7 ans.
A partir de 8 ans, ils perdent du poids et du volume de crinière. Ils sont considérés comme vieux vers l’âge de 12 à 13 ans.

4. Biologie et anatomie

Le lion possède des mâchoires puissantes pour saisir et immobiliser ses proies et percer les peaux épaisses de celles-ci.
Ses pattes possèdent de puissantes griffes rétractiles.

Les canines, longues d’environ 6 cm, s’émoussent avec l’âge et se cassent. Elle deviennent brunes en vieillissant.
Le dessus de la langue est recouvert de papilles cornées, courbées vers l’arrière.
Ce félin est pourvu de moustaches épaisses (vibrisses), sensibles aux vibrations. Les plus longues poussent au dessus de la lèvre supérieure (vibrisses mystaciales).
Les yeux sont surmontés de vibrisses supercilliaires. Celles-ci sont souvent implantées sur une tache plus foncée que le reste du pelage en forme de goutte inversée.

La possibilité de rugir chez le lion est due à l’ossification imparfaite de l’os hyoïde qui confère une certaine élasticité. Cet os est situé au dessus du larynx en dessous de la base de la langue. Il est avec l’os pénien l’un des deux seuls os non articulés avec le squelette.

Le lion est doté d’un bon odorat, d‘une vue et d’une ouïe excellentes.
Cet animal, comme tous les mammifères (à l’exception de l’homme et des cétacés), possède un organe voméro-nasal (organe de Jacobson), situé sur le palais sous la surface intérieure du nez.
Ce dernier, spécialisé dans la détection des phéromones lui permet de tester la réceptivité des femelles à l’accouplement.

Pour marquer son territoire, le lion est muni de glandes olfactives entre les doigts ainsi que de glandes ano-génitales débouchant de chaque coté de l’anus.

Le pénis du mâle est couvert de granulations piquantes et possède un petit os appelé baculum ou os pénien. L’ouverture de l’urètre est dirigée vers l’arrière pour faciliter la pulvérisation d’urine chez le mâle. La forme et le positionnement du pénis sont adaptés à cette pratique.


L
e toupet terminal de la queue cache un ergot corné de 6 à 12 mm aplati sur les cotés.
Il est présent chez les deux sexes mais de nombreux spécimens n’en ont plus car il se détache facilement, n’étant qu’adhérent à la peau. Son utilité est inconnue.
Il est mentionné dans des écrits datant d’avant l’ère chrétienne et semble avoir été ignoré, voire nié par les naturalistes jusque vers 1829 où le Français M. Deshayes le mentionne dans les « Anales des sciences naturelles » suite à des observations faites sur un lion et une lionne morts à la ménagerie du roi.

Squelette de lion – Vue latérale – Wilhelm Ellenberger & Hermann Baum (University of Wisconsin Digital Collections) – Wikimedia Commons.

5. Régime alimentaire

Les lions sont des mammifères carnivores aux menus très variés.
Ceux-ci varient en fonction de différents paramètres comme : le lieu de vie, l’abondance et la nature des proies, la saison et la taille de la troupe (d’un lion solitaire à une troupe d’une trentaine d’individus).
Le lion consomme de la viande de différentes origines : proies qu’il a chassées lui même, carcasses qu’il a trouvées (animaux morts de mort naturelle ou autre) et encore proies tuées par d’autres prédateurs (léopard, guépard ou hyène tachetée) à qui il les dérobe.
La taille des proies chassées est très variable, du lapin à l’éléphant en passant par des antilopes de toutes tailles, dik-diks, élands communs, gnous, oryx ou grands koudous ainsi que zèbres et buffles. Cette énumération n’est pas exhaustive.
Des études ont montré que les proies préférées avaient des masses entre 190 et 550 Kg.
Le choix de ces proies est dicté par la disponibilité ou non de ses victimes de prédilections que sont les buffles, les gnous ou les zèbres.
Le lion chasse aussi occasionnellement la girafe et plus rarement l’éléphant ou l’hippopotame.
Il arrive aussi que les lions capturent des porcs-épics (avec les risques associés aux pics) et des oiseaux. Ils s’attaquent parfois au bétail.
Il peut aussi à l’occasion pêcher. (Nota: voir en 9.2 le cas des lions mangeurs d’homme).

En moyenne, les lions consomment environ 7 Kg de viande par jour. Mais en un seul repas qui lui profitera plusieurs jours, un lion est capable d’ingurgiter près de 40 Kg de viande contre une trentaine pour une lionne. A la suite d’un tel repas, le ventre du félin est gonflé, distendu et l’activité des lions est à ce moment très réduite si ce n’est de se déplacer pour se mettre à l’ombre.
Dans une troupe, les repas sont en général très animés. C’est la loi du plus fort.
Les gros sujets dominent les petits, les mâles dominent les femelles. Les jeunes sont au bas de la hiérarchie et mangent après les adultes. Les crocs sont souvent exhibés, les grognements et coups de pattes sont fréquents.
Une concurrence importante existe entre les lions et les hyènes tachetées. Les deux espèces se volent des proies. Tout est une question de rapport de force. Un lion seul cédera sa proie face à un groupe de 5 hyènes tachetées et inversement.
Pour les lions, manger des carcasses qu’ils n’ont pas tuées eux même présente un danger potentiel. En effet, il arrive que des pasteurs empoisonnent des carcasses de bovidés domestiques dans l’intention de tuer les lions en représailles à des attaques sur leurs troupeaux. Cette méthode est également utilisée par les braconniers.
Cette fâcheuse pratique nuit également aux vautours, hyènes et chacals et leur est fatale.


En principe les lions boivent régulièrement, au moins une fois par jour. Cependant, si l’eau est rare, ils peuvent s’en passer quelques jours et se contenter de l’eau contenue dans leur nourriture.

6. Prédateurs

Les lions ne possèdent pas (en dehors de l’homme) de prédateur à proprement parler. Cependant sa rivalité avec les hyènes tachetées fait qu’il existe une forme de «haine» entre les deux espèces et les hyènes n’hésiteront pas si l’occasion se présente à tuer des lionceaux sans défense.
Nota : Les lions et les hyènes ont le même régime alimentaire, mangent les mêmes proies et fréquentent les mêmes biotopes. Ceci les met en concurrence directe pour la quête de nourriture, d’où cette rivalité.
Il en va de même avec les buffles qui, s’ils sentent la présence de lions n’hésiteront pas à piétiner à mort la progéniture des félins. Les jeunes sans protection peuvent aussi être tués par les léopards et les lycaons.

Les lions interagissent aussi avec d’autres espèces.
Si une troupe d’éléphants accompagnés d’éléphanteaux rencontre des lions, ces derniers seront délogés et chargés pour protéger les jeunes.

Ci-dessus, dans la vallée de la Luangwa en Zambie, ce lion (et le reste de la troupe) a été chassé par un groupe d’éléphants accompagnés d’éléphanteaux.

Ci-dessus, également dans la vallée de la Luangwa en Zambie, des lions interagissent avec des crocodiles qui étaient sortis de l’eau pour tenter de se nourrir sur une carcasse de buffle que les lions avaient tuée.

7. Habitat, distribution et évolution de la répartition

L’habitat des lions est très varié. On trouve ce félin principalement dans les savanes ouvertes comme au Kenya ou en Tanzanie, dans des savanes arbustives ou boisées comme en Zambie, mais aussi en zone semi désertique (Kalahari) et même exceptionnellement en zone de forêt (Gabon) ou en milieu désertique (Namib).
On peut le trouver jusqu’à des altitudes de 3600 m (Mt Elgon et Mt Kenya, il a même été observé à 4300 m sur le Mt Kilimandjaro.
Il est absent des forêts denses et humides.
En général les lions recherchent des territoires leur offrant en quantité régulière et suffisante, des proies et de l’eau. Ils ont également besoin de couvert végétal pour se mettre à l’ombre et dissimuler les jeunes lors de la mise bas.
Les lions ne sont aujourd’hui présent qu’en Afrique Subsaharienne alors qu’ils vivaient autrefois dans presque toute l’Afrique (à l’exception des forêts tropicales humides et du coeur du Sahara). Ils ont disparu de 90% de leur territoire d’origine et sont déjà éteins dans 26 pays d’Afrique.
La situation est particulièrement sévère en Afrique de l’Ouest où les lions ne sont présents que dans 5 pays, représentant à peine plus de 1 % de leur aire de répartition historique dans cette région.
Les lions du Cap ont été exterminés vers 1865, ceux de l’Atlas (lions de Barbarie) ont disparu de Tunisie en 1891, d’Algérie en 1893 et du Maroc vers 1922. (entre 1873 et 1883, 202 lions de Barbarie furent officiellement tués).
Les lions d’Afrique étaient plus de 200.000 au début du XXème siècle, il n’en reste plus que 20.000 aujourd’hui. Les estimations pour 2035 prévoient une population de 10.000 individus. L’espèce pourrait disparaître d’ici 2050 !
Au Gabon où on le croyait disparu depuis 1996, il a été filmé en 2015 et 2017 par des pièges photographiques dans le parc national des plateaux Bateke au Sud Est du pays.
Leur présence est devenue très rare en dehors des aires protégées.
La population est estimée à 1400 pour Panthera leo leo, dont 900 en 14 groupes pour l’Afrique Ouest et Centrale ainsi que 500 en Inde.
Pour
Panthera leo melanochaita, on estime la population entre 17.000 et 19.000 individus. (Estimation 2016, source US Fish and Wildlife Services)

Les causes de sa disparition
Le déclin des lions a commencé dès l’antiquité avec un fort prélèvement  en Afrique du Nord pour les cirques romains.
Jusque dans les années 1970 les lions sauvages étaient capturés pour alimenter les zoos et les cirques.
(La CITES dites « convention de Washington » réglementant le commerce de faune sauvage ne fût signée qu’en 1973).
Aujourd’hui, les principales causes sont:
– La disparition de ses territoires et la raréfaction de ses proies à cause de l’expansion humaine.
– Les maladies comme la tuberculose, l’immunodéficience féline, la maladie de carré (Serengeti).
– L’affaiblissement des populations par la perte de patrimoine génétique (cratère du Ngorongoro).
– Les chasses en représailles après des attaques sur du bétail (empoisonnement de carcasses ou autres méthodes) .
– Le braconnage pour les parties de lions : griffes, dents, pattes, queue, peau, commerce des squelettes et d’os (voir en 10.4. « chasse en boite »).
– Le braconnage aveugle avec le piégeage par des collets.

La chasse aux trophées
Les états unis sont les premiers importateurs mondiaux de lions africains. Entre 1999 et 2008, 1043 lions sauvages ont été commercialisés au niveau international dont 362 pour les seuls USA. Les importations se font sous la forme de griffes, trophées, peaux, crânes.
Il faut dire qu’ils ont eu un président exemplaire en la personne de Théodore Roosevelt qui en 1909 lors d’une chasse en Afrique de l’Est avec son fils ont tué à eux deux 512 animaux dont 17 lions.
Les chasseurs de trophées sont souvent de riches inconnus du grand public, mais certains sont des célébrités nationales ou mondiales, des chefs d’état, des têtes couronnées, des grands patrons, etc. En 2015, un dentiste américain jusque là inconnu est devenu à ses dépends une célébrité mondiale après avoir tué illégalement le lion Cecil à la périphérie du parc national de Hwange au Zimbabwe.

Ci-dessus, le lion Cecil photographié en octobre 2014 dans le parc national de Hwange au Zimbabwe.

8. Réserves où l’animal a été observé par l’auteur

Botswana : Kgalagadi, Central Kalahari, Moremi
Kenya : Massai Mara, Samburu, Amboseli
Namibie : Etosha
Ouganda : Parc Elizabeth
Tanzanie : Tarangire, Ngorongoro, Serengeti, Ruaha, Selous, Katavi
Zambie : South Luangwa, Liuwa, North Luangwa, Kafue, Lower Zambezi
Zimbabwe : Hwange

9. Interactions avec l’homme

9.1. Attaque de bétail

Du fait de l’expansion humaine, les pâturages empiètent de plus en plus sur le territoire des lions.
Pour ces derniers, le bétail est une proie facile. Malheureusement ces prélèvements sur les troupeaux entrainent de la part des pasteurs des chasses de représailles, le plus souvent par empoisonnement de carcasses avec des pesticides.

9.2. Les lions mangeurs d’homme

Au Kenya, en 1898, lors de la construction d’une ligne de chemin de fer aux environs de Tsavo, 2 lions ont tué et dévoré au moins 140 personnes en 9 mois. (cf Terreur dans la brousse – Michel Louis – Perrin 2011). Ces lions sont conservés naturalisés au Field Museum of Natural History à Chicago.
Entre 1932 et 1947 en Tanzanie, une troupe (15 à 20) de lions devenus «mangeurs d’homme» suite à une épidémie de peste bovine ont tué environ 900 personnes.
En 1991 à Mfuwe en Zambie, un lion (sans crinière) a tué au moins 6 personnes. (Ce lion est également conservé au Field Museum de Chicago).
Les causes de ces comportements peuvent avoir plusieurs raisons. Des sujets âgés qui ne sont plus en mesure de chasser des proies rapides, mais aussi la disparition de leurs proies habituelles suite à épidémie ou autre cause.

10. Informations complémentaires

10.1. Origine/espèces fossiles

Les plus anciens fossiles de lions connus datent de 1,5 millions d’années.
Le lion des cavernes eurasien, panthera leo spelaea, était environ 25 % plus massif que le lion actuel, il vécu entre -300.000 et -10.000 ans.
Il avait un ancêtre commun avec le lion actuel il y a environ 2 millions d’années.
En 2015, ont été retrouvés congelés dans le permafrost sibérien 2 lions des cavernes âgés de 18 mois. On estime que ces lions vivaient il y a environ 10.000 ans.

10.2. Les lions à travers l’histoire

Le lion, considéré comme le roi des animaux a toujours été un animal symbolique, symbole de pouvoir et de royauté en général, symbole de noblesse et de courage chez les massai.
A la préhistoire, il est largement représenté sur les gravures rupestres.
En France, la grotte Chauvet compte 75 représentations de lions datant de plus de 30.000 ans, la grotte de Lascaux en compte 11.
En Afrique le lion est représenté entre autre sur les roches du Sahara et de Namibie (site de Twyfelfontein).
Les lions ont été honorés, déifiés et chassés depuis l’antiquité, en Egypte tout comme en Asie mineure.
La déesse égyptienne Sekhmet était représentée par une tête de lionne sur un corps de femme.
Plus de 300 statues de cette divinité ont été retrouvées en Egypte depuis 1990.
Animal vedette des arènes romaines antiques, des milliers de lions de l’Atlas y ont perdu la vie.
Ils étaient exhibés avec d’autres « fauves » pour s’entretuer ou affrontaient des humains.
Pas moins de 400 lions furent tués rien que pendant le règne de Jules César.
Sous le règne de Pompée en 55 avant J.C., Cicéron relate le massacre de 600 lions !

Symbole de force et de puissance il est souvent représenté dans la statuaire à travers le monde. Il est également très présent sur de nombreux blasons, armoiries, drapeaux et peintures.
A Gondar (Ethiopie) au XIXème siècle, le négus d’Abyssinie recevait ses hôtes entouré de quatre lions.
Le lion est présent dans la littérature, notamment au travers de Jean de la Fontaine qui consacre 13 fables mettant en scène le lion et de Joseph Kessel avec son fameux roman « Le lion ».

10.3. Iconographie

Le lion est présent sur de nombreux timbres poste du monde entier. Ci-dessous quelques exemples pour des pays africains.

Il est également représenté sur des pièces de monnaies et des billets de banque comme celui de 2000 shillings tanzaniens.

10.4. chasse en boite, activités touristiques et commerces associés

La chasse en boite ou Canned Hunting est une « chasse » essentiellement pratiquée en Afrique du Sud et qui consiste à abattre dans un enclos un lion élevé (et imprégné) par l’homme.
Le « pseudo chasseur » s’offre ainsi une dépouille de lion pour une somme inférieure à celle d’un lion sauvage.
On compte environ 150 à 200 fermes d’élevage en Afrique du Sud, soit 6.000 à 8.000 lions captifs.
Avant de finir sous les balles, la vie du lion se déroule à peu près comme ceci :
Les jeunes sont retirés à leur mère à la naissance et son élevés au biberon par l’homme. La femelle est ainsi disponible pour une nouvelle portée. Ensuite, ils servent d’attraction en étant mis dans les bras de touristes pour se faire photographier, plus grands ils sont proposés pour faire des promenades toujours avec des touristes.
Ces deux activités ne sont pas spécifiques à l’Afrique du Sud, elles sont proposées aussi bien au Zimbabwe (Victoria Falls) qu’à l’Ile Maurice !
Quand les lions atteignent 2 ou 3 ans, ils deviennent difficilement contrôlables et sont placés en enclos en attendant leur fin sous les balles d’un « chasseur ».
Pour être rentabilisé au maximum ce commerce sordide se poursuit par la vente des squelettes à destination de l’Asie. Pour cela, le gouvernement d’Afrique du Sud autorise des quotas d’exportation. En 2008, 50 squelettes ont été exportés, 573 en 2011. Le quota de 2017 était de 800 lions, pour 2018 il atteint 1500 carcasses.

11. Bibliographie

– West, P.M. & Packer, C. 2013. Mammals of Africa, Volume V, Bloomsbury.
– Dorst, J & Dandelot, P. 1972. Guide des grands mammifères d’Afrique, Delachaux & Niestlé.
– Despard Estes, R. 2012. The behavior guide to African Mammals, University of California Press.
– Breuil, M. Mayeur, J.P. Thile, F. 1998. Kenya Tanzanie, Le guide du safari faune et parc, Marcus.
– Carnaby, T. 2010. Beat about the bush, Jacana Media.
– Denis-Huot, C. & M. 2002. L’art d’être lion. Gründ.
– Louis, M. 2011. Terreur dans la brousse, L’histoire vraie des lions mangeurs d’homme de Tsavo. Perrin.

12. Liens

Anatomie et éthologie du lion – Thèse de S.Morin-Garraud
Panther leo – Monaco Nature Encyclopedia
Captive lion breeding for hunting in South Africa Colloquium
African lion, Panthera leo – Zoo de San Diego
La vérité sur les lions – Smithsonian.com
Commerce de parties de lion
Comportement alimentaire des lions mangeurs d’homme
Variation de la crinière chez les lions d’Afrique et ses conséquences sociales
Malformations du crâne chez les lions

Les mammifères d’Afrique aux Jardins d’Olivier – Beaugency

Introduction

Nota: Cet article fait écho aux questions affichées en complément des photographies exposées aux Jardins d’Olivier à Beaugency (45) du 18 décembre 2018 au 18 janvier 2019.

Le but de ces questions réponses associées aux photographies de mammifères africains en danger est de mettre en lumière quelques liens existant entre nos modes de consommation et la perte de biodiversité.
L’accent est donné ici sur la grande faune africaine, mais nos nuisances ne sont pas sélectives car elles touchent aussi bien les grands singes d’Afrique et d’Asie que les insectes et oiseaux de nos campagnes.
Notre consommation au sens large ou plutôt notre surconsommation est responsable de la perte de biodiversité tout autant que du réchauffement climatique. Ces deux phénomènes ne peuvent être dissociés car dans les deux cas c’est l’homme et ses activités qui en sont à l’origine.
Chacun d’entre nous peut (et devrait) maitriser son mode de vie et de consommation.
Nous avons donc la possibilité d’infléchir le cours des choses.

Ce n’est pas uniquement en consommant responsable que allons changer le monde,
mais ce sera pire si nous ne le faisons pas !

Savez-vous que l’humanité vit à crédit ?

Depuis 1970, l’humanité vit à crédit ! Cette notion est mise en évidence par « le jour du dépassement » ou « overshoot day » en anglais.
Cette année 2018, le jour du dépassement a été atteint le 1er août. Cela signifie qu’entre le 1er janvier et le 1er août, nous avons consommé tout ce que la Terre était capable de nous offrir de manière régénérable. Au delà de cette date nous puisons dans les réserves (qui ne sont pas inépuisables) et nous vivons donc « à crédit ».
Concrètement, nous avons pêché plus de poissons, abattu plus d’arbres et consommé plus d’eau que la nature ne peut nous procurer en une année.
Nous avons émis plus de gaz à effet de serre que ce que nos océans et nos forêts peuvent absorber.
Autrement dit, il faudrait à ce jour 1,7 planète Terre pour subvenir aux besoins de l’humanité.
Tous les terriens n’ont pas le même appétit ! Si tous les hommes vivaient comme les Français il faudrait 3 planètes, pour le modèle américain, il en faudrait 5 !
Chaque année, nous épuisons de plus en plus rapidement ce que la Terre peut nous apporter.
Pour exemple voici quelques dates du jour du dépassement depuis 1970.
29 décembre 1970 – 05 novembre 1980 – 13 octobre 1990 – 25 septembre 2000 – 14 août 2010

Nota : Vous pourrez trouver des dates d’overshoot day différentes que celles mentionnées ici car l’outil d’évaluation
(établis par « Global Footprint Network ») de cet indicateur est sans cesse mis à jour et modifié. Même si ce n’est pas une science exacte, c’est un témoin intéressant de notre surconsommation globale.
Pour en savoir plus: https://www.overshootday.org/newsroom/press-release-french/press-release-french-2/

Pour nous Français, il serait facile de faire baisser du jour au lendemain notre empreinte écologique en stoppant nos gaspillages, à commencer par le gaspillage alimentaire.

Consommez-vous exotique ?

Autrefois inexistants chez nous, puis rares et parfois luxueux, de nombreux produits alimentaires sont entrés dans notre quotidien à tel point qu’ils sont devenus banals et l’aspect « exotique » nous échappe complètement.
Nous consommons chaque jour du thé, du chocolat et du café. Les bananes, les oranges, les pomelos, les ananas et les avocats sont maintenant présents toute l’année sur les étals des grandes surfaces comme sur ceux des marchés et des primeurs.
Avec la généralisation du commerce mondial il y a forcément un endroit sur le globe où c’est la « saison de »…..
A noter aussi que des produits « bien de chez nous » sont devenus exotiques !
C’est le cas des prunes, des pommes, des poires et des haricots, qui peuvent provenir « hors saison » respectivement, d’Afrique du Sud, d’Argentine ou du Chili, du Kenya.
Certaines denrées autrefois « Made in France », sont pour des raisons de profits, devenues en majorité « exotiques ».
C’est principalement le cas pour les cornichons qui sont cultivés en Inde, le concentré de tomate issu en grande partie de fruits produits en Chine, la moutarde de Dijon confectionnée avec des graines venant du Canada.
Pour les roses de la St Valentin, vous pensez sans doute qu’elles ont poussé en France ou en Hollande. Il y a peu de chance, car elles ont certainement été cultivées en Equateur, au Kenya ou en Ethiopie, avant d’arriver à Roissy par avion cargo avec les émissions de gaz à effet de serre associées.
Autre consommation à qui la faune et la flore africaine paye un lourd tribut, c’est l’utilisation de bois tropicaux. Il faut en prendre conscience lorsque l’on achète du mobilier de jardin en bois ou une planche de contreplaqué.

Pour conclure cette liste non exhaustive des produits exotiques, je citerais l’huile de palme.
Consommée traditionnellement en Afrique, Asie et Amérique du Sud, elle est aujourd’hui présente partout, dans les pâtisseries, les pâtes à tartiner, les confiseries, les plats préparés, les margarines et faux beurres, les produits cosmétiques, les médicaments, les carburants, etc.
Il faut parfois décrypter l’étiquette pour détecter sa présence, car elle peut se cacher sous différentes appellations: huile ou graisse de palme, huile ou graisse de palmiste, en général la mention « huile ou graisse végétale» est un indicateur de sa présence. A lire: L’huile de palme se cache partout.
Jusqu’à récemment elle était principalement et massivement produite en Indonésie. Cette culture provoque une très importante déforestation qui détruit (entre autres) l’habitat des Orangs Outangs. Maintenant, la production se développe de manière inquiétante en Afrique (Nigéria, Côte d’Ivoire, Cameroun, République démocratique du Congo, Ghana, etc.). Les zones climatiques favorables à sa culture sont aussi le territoire des grands singes (gorilles, chimpanzés) mais aussi des éléphants de forêts ainsi que de nombreuses espèces d’antilopes, sans parler d’une très grande biodiversité végétale.
A lire: L’huile de palme menace aussi les primates d’Afrique.
A lire aussi: Tout savoir ou presque sur l’huile de palme.

Savez vous que cette huile de palme est présente dans le gazole sous forme de « biodiesel » à hauteur de 7 % ?
Cette utilisation représente 50 % de la production mondiale d’huile de palme. Une raffinerie du groupe Total vient même d’ouvrir dans le Sud de la France, elle devrait produire 500.000 tonnes/an de carburant à partir d’huile de palme. L’Indonésie fait aussi du chantage pour nous imposer son huile de palme (pas d’huile de palme achetée = pas d’avions Rafales vendus par la France !!!)
Heureusement, en 2021 l’utilisation d’huile de palme devrait être interdite dans les carburants, mais d’ici là beaucoup de mal sera fait. A lire: Total jette de l’huile de palme sur le feu.

Le bilan carbone et l’impact environnemental des produits exotiques sont souvent très lourds.
– Déforestation entrainant une grande perte de biodiversité (perte de l’habitat de nombreux primates).
– Utilisation de pesticides, herbicides et engrais chimiques (les normes ne sont pas les mêmes que dans l’Union Européenne).
– Consommation d’eau (culture des roses) au détriment de la faune et des populations locales.
– Emission de gaz à effet de serre par les transports aériens et maritimes, sans parler des « particules fines ».
Ne devrait-on pas redonner à bon nombre de produits exotiques la place qu’ils n’auraient jamais du quitter et les consommer avec modération, voire pour certains (huile de palme) stopper leur consommation ?

Etes-vous « Bio-Locavore » ?

Quelles sont les vertus du « Bio » et du « consommé local » ?
Elles sont logiquement évidentes à priori mais ces appellations peuvent cacher des pièges.

Les bienfaits du Bio (pour l’agriculture et l’élevage biologique) sont simples. Pas d’OGM, pas d’agents chimiques (herbicides, insecticides, fongicides, engrais) seuls des agents plus ou moins naturels sont autorisés par les cahiers des charges.
Lien vers site d’Ecocert (organisme de contrôle et de certification).
Donc, manger bio, c’est en principe préserver notre santé et celle de la planète !
C’est vrai pour les produits de base (fruits, légumes, viande, etc) non transformés et locaux. Mais pour les produits « préparés » cela se complique, car ils peuvent (légalement) contenir un faible pourcentage (jusqu’à 5%) de produits non bio et on a alors souvent à faire à de la production industrielle.
Avec l’intérêt qu’il suscite, le bio devient malheureusement une appellation marketing et l’esprit de la démarche est souvent bafoué.
Ainsi, le bio ne perd-il pas son sens lorsque que dans les supermarchés on trouve au mois de juillet des pommes « Bio » venant d’Argentine ou du Chili, vendues par 4 dans une barquette en polystyrène et filmée avec du plastique ?
Le « Bio » ne perd-il pas également son sens lorsqu’il est « récupéré » par l’industrie agro-alimentaire et la grande distribution ? On tombe alors dans les travers des grandes monocultures et des élevages intensifs !

Pour consommer du « Bio » plus éthique, ne doit-il pas être associé à une production locale ?

La première vertu du « local » est de limiter les pollutions et la consommation d’énergies fossiles occasionnées par le transport.
La seconde est de mieux rémunérer les personnes qui font le travail (cas de la vente directe ou avec 1 intermédiaire) et non des actionnaires, spéculateurs et autres fonds de pensions.
Pour le « consommer local », le choix est évident pour les fruits et légumes, la viande et les produits laitiers car nous disposons tous (ou presque) de ces denrées dans un rayon de quelques kilomètres autour de nos lieux de vie ou de travail.
En revanche, la notion de local devient plus complexe lorsqu’il s’agit de produits exotiques (agrumes, thé, café, chocolat).
Pour affiner cette démarche de consommation responsable, il est donc nécessaire d’associer au « Bio » et au « local » une troisième notion qui est la « saisonnalité » !
Si je prend les exemples des oranges et des kiwi fruits, pour les premiers, je choisi personnellement des orange bio d’Espagne (lieu de production le plus proche) pendant la saison qui va environ de novembre à mai. Pour les Kiwi, je consomme des fruits français et pas ceux de Nouvelle Zélande.

Pour conclure, citons le cas de la tomate. La meilleure et la plus responsable, est celle cultivée en mode Bio, en pleine terre et plein air (voire sous tunnel). Rappelons que la tomate est un fruit d’été et qu’elle ne devrait être disponible en France que de juillet à octobre. En dehors de ces périodes, les tomates viennent de productions sous serre, de productions « hors sol », d’Espagne ou de plus loin. La production sous serres chauffées occasionne un impact environnemental fort (« énergie grise » pour la construction des serres vitrées et énergie pour le chauffage et l’éclairage). La production hors sol est normalement interdite pour le « Bio ».
Pour en savoir plus sur: le calendrier de la tomate.

Etes-vous Ecolo-Geek ?

Si vous êtes un « accro » des mails, du cloud, des réseaux sociaux, des jeux en ligne, ceci vous concerne.
Savez-vous que ce monde virtuel a des conséquences bien réelles sur la santé de notre terre ?
Toute notre consommation électronique et informatique impacte très concrètement notre planète et ses habitants.
Tous nos mails, documents, photos, vidéos et musiques sont stockés sur des serveurs hébergés dans des data center un peu partout sur la planète.
Pour que vous puissiez avoir accès à ces données à tout moment, ces machines fonctionnent 24h sur 24.
Même si ces services sont (en apparence) gratuits pour vous, il ne le sont pas pour la nature car ces machines consomment énormément d’électricité pour fonctionner et aussi pour les refroidir (actuellement 7% de consommation mondiale d’électricité).
A lire pour en savoir plus: Google, Facebook, Twitter… qui sont les mauvais élève en matière d’énergie ? 
et aussi: Internet bientôt premier consommateur mondial d’électricité.
et encore: Internet: le plus gros pollueur de la planète.

Pour fabriquer tout ces matériels; ordinateurs, tablettes, smartphones, cartes mémoires, disques durs, batteries, câbles et transformateurs, les besoins en matières premières sont également très importants (Or, cuivre, aluminium, lithium, tantale). Ce dernier est extrait du fameux Coltan qui est un minerai mixte de Colombite et Tantalite.
La république Démocratique du Congo détient environ 60% des ressources mondiales en Coltan et les extractions minières empiètent sur les territoires des grands singes (gorilles, chimpanzés, bonobos).
A lire pour en savoir plus: Le coltan, pour le meilleur et pour le pire.

Quelques gestes simples peuvent limiter cet impact:
– Publiez avec modération vos photos et vidéos sur les réseaux sociaux (Que deviennent les photos que vous avez posté sur Facebook, Instagram, etc. ? Leur usage est souvent éphémère mais leur stockage ne l’est pas).
– Faites régulièrement du ménage dans votre messagerie (personnelle comme professionnelle) les mails stockés et surtout les pièces jointes « consomment » de la mémoire dans les serveurs.
– Stockez en ligne (Google Drive et autres supports) les photos qui le méritent vraiment, ne déchargez pas l’intégralité de vos cartes mémoires sur vos serveurs favoris.
– Lorsque vous publiez des albums en ligne, limitez le nombre de photos, ne présentez que les meilleures (mettez-vous à la place de celui qui les regarde !!!).
– Achetez du matériel durable et n’en changez pas tous les quatre matins.
– Eteignez vos appareils électroniques et votre WiFi la nuit.
– Mettez en « favoris » les sites que vous fréquentez souvent. Cela évite les recherches qui consomment de l’énergie.

********************************

En 1965, Jean Dorst alertait déjà sur le fait que :

 » Le problème le plus urgent que pose de nos jours la conservation
de la nature 
est la protection de notre espèce contre elle même « 

Jean DORST : 1924-2001, zoologue, ornithologue et écologue. Directeur du Museum National d’Histoire Naturelle de 1975 à 1985. Auteur de nombreux ouvrages dont « Avant que Nature meure » paru en 1965 et traduit en 17 langues.

Remerciements

L’Association Mammiferesafricains.org tient à remercier chaleureusement Mr Grégory MAILLARD des « Jardins d’Olivier », pour avoir bien voulu accepter, enrichir et héberger le projet d’exposition dans son local de vente de l’Avenue d’Orléans à Beaugency – 45190.

Novembre 2018: Dominique Mignard pour mammifèresafricains.org

 

Mammifèresafricains fait peau neuve !

Après une première version mise en ligne en 2011, le site mammiferesafricains.org fait peau neuve !

Le « thème » WordPress a été changé, la nouvelle version plus moderne est « responsive », c’est à dire qu’elle est capable de s’adapter à tous les supports de consultation: ordinateurs, tablettes et smartphones.
La connexion au site est maintenant sécurisé par un passage en https.
Ces deux améliorations feront que mammifèresafricains.org devrait être mieux référencé par les moteurs de recherche.
Voila pour la technique.

La présentation et le menu ont été complètement repensés.

Pour mémoire, voici l’ancienne page d’accueil.

Les principales modifications concernent le menu.
La consultation des fiches sur les mammifères est maintenant accessible depuis l’onglet « fiches animaux ». Le positionnement sur cet onglet déroule la liste des « ordres » zoologiques auxquels appartiennent les différents mammifères présentés. Cette approche est plus scientifique que dans l’ancienne version.
Certaines rubriques telles « Zoos » et « Réserves » ont été supprimées. Un onglet spécifique à notre association a été créé.
Les liens ont migré de la « Sidebare » (barre latérale) pour être répartis dans un onglet du menu « Docs & Liens » ou directement dans les fiches concernées.

Nouvel aspect de la page d’accueil.

Pour la rédaction des fiches, depuis juin 2017, une nouvelle mise en forme et un sommaire type sont utilisés.
A ce jour (27 septembre 2018) seules 8 fiches sont visibles sous ce nouveau format (les girafes, cobe des roseaux, galago à queue épaisse, cercopithèque ascagne, colobe d’Ouganda, potamochère du Cap, les suidés et oryctérope).
Il reste encore une centaine de fiches à reprendre pour les rédiger sous ce nouveau format et les enrichir avec de nouvelles photographies.

L’Association

Depuis novembre 2016 MAMMIFERESAFRICAINS.ORG est devenue une association loi 1901.
Cette association a été déclarée en préfecture du Loir et Cher le 15 novembre 2016 et la déclaration est parue au Journal Officiel le 26 novembre 2016.

L’objet de l’association est de:
– promouvoir auprès du grand public la connaissance à propos des mammifères africains
– alerter l’opinion sur les menaces qui pèsent sur les mammifères sauvages en Afrique
– mettre en avant des actions et des acteurs de conservation des mammifères en Afrique

Les moyens d’action de l’association:
– la communication au travers du présent site mammiferesafricains.org et de la page facebook @mammiferesafricains
– la présentation d’expositions photographiques et pédagogiques
– la réalisation d’animations et de conférences grand public

Pour nous soutenir:
Si vous souhaitez devenir membre bienfaiteur, consultez et téléchargez le formulaire de donation en lien.

Rapports d’activités:
Rapport année 2017
Rapport année 2018

 

Pour toute question, merci de nous contacter à l’adresse suivante: contact@mammiferesafricains.org

Galago à queue touffue

Otolemur crassicaudatus

Thick-tailed Greater Galago, Large-eared Greater galago

Ordre des Primates, famille des Galagidés, Genre Otolemur
Poids: 1 à 1,5 Kg 1 à 1,8 Kg
Longueur du corps: 26 à 50 cm
Longueur de la queue: 30 à 50 cm
Gestation: Environ 130 jours
Nombre de petits par portée: 1
Longévité: Environ 14 ans en captivité.
Lien vers Fiche IUCN

Otolemur crassicaudatus monteiri – Aire de gestion de faune de Lupande – Zambie

1. Description, sous espèces et variantes géographiques:

1.1. Description:
Le galago à queue touffue appelé aussi galago à queue épaisse est un primate africain de la taille d’un chat ou d’un lapin.
Son pelage est gris argenté à gris brun sur le dessus et blanc au dessous. Il existe des sujets mélaniques (totalement noirs).
Il possède une longue queue touffue, plus longue que la tête et le corps.
Ses oreilles sont grandes, minces, rondes et il peut les replier en arrière.
Les poils des parties supérieures et de la queue sont fins et laineux.
Ses yeux sont grands, ronds et situés très en avant de la face.

Otolemur crassicaudatus monteiri – Aire de gestion de faune de Lupande – Zambie

1.2. Sous espèces et variantes géographiques:
Otolemur crassicaudatus crassicaudatusSouthern African Large-eared Galago, South African Thick-tailed Galago.
Otolemur crassicaudatus kirkiiTanganyika Large-eared Galago, Tanganyika Thick-tailed Galago.
Otolemur crassicaudatus monteiriMiombo Silver Galago, Silvery Greater Galago.

Otolemur crassicaudatus monteiri – Aire de gestion de faune de Lupande – Zambie

2. Comportement:
Le galago à queue touffue est strictement nocturne. Il est actif toute la nuit.
Essentiellement arboricole, il se déplace cependant au sol assez facilement contrairement aux autres espèces de galagos. Lors de ses déplacements au sol, le galago court à quatre pattes et peut aussi se déplacer par bonds comme un kangourou.
Il peut effectuer de grands bonds d’un arbre à un autre.
Il passe ses journées à dormir dans la végétation dense, dans des nids qu’il construit.
Il vit en groupe de 2 à 6 individus. Ceux-ci sont constitués essentiellement de femelles, mères et jeunes, sœurs, tantes, etc. les jeunes mâles sont écartés à la puberté. La recherche de nourriture se fait en solitaire.

Otolemur crassicaudatus monteiri – Aire de gestion de faune de Lupande – Zambie

Un mâle dominant gravite autour d’un groupe de femelles et s’informe régulièrement de leur réceptivité.
Ce primate pousse des cris puissants qui trahissent sa présence. En anglais, les galagos sont appelés aussi bushbabies en raison de ces cris qui peuvent rappeler ceux d’un bébé.
Le galago à queue épaisse marque son territoire avec des sécrétions de glandes mammaires et de l’urine. Il dépose de l’urine sur une de leurs mains et frotte celle-ci contre le pied et dépose ainsi leur trace olfactive lors de leurs déplacement.

Otolemur crassicaudatus monteiri – Aire de gestion de faune de Lupande – Zambie

3. Reproduction:
Les galagos atteignent leur maturité sexuelle vers 1 an.
Les affrontements entre mâles pour la possession des femelles peuvent être très violents.
Ces bushbabbies construisent des nids dans des arbres creux pour mettre bas et abriter les petits pendant les deux premières semaines.
Les jumeaux et triplés sont beaucoup plus fréquent que chez les autres primates.
Les nouveaux nés pèsent 50 à 70 g.
Les jeunes se déplacent sur le dos de leur mère.

4. Biologie anatomie:
Ces primates possèdent une vue, une ouïe et odorat très développés.
Leurs grands yeux sont parfaitement adaptés à la vision nocturne.

Otolemur crassicaudatus monteiri – Aire de gestion de faune de Lupande – Zambie

5. Régime alimentaire:
Omnivore : Fruits, graines, sève, résine, nectar, bourgeons, insectes, reptiles, oiseaux, œufs, fleurs,escargots, limaces, etc.

6. Prédateurs:
Aigles, genette et serpents.

7. Habitat, distribution et évolution de la répartition:
On trouve les galagos à queue touffue dans tous les types de forêts (savanes boisées, bois et forêts denses et sèches) ainsi qu’en montagne jusqu’à 3500 mètres.
Il fréquente aussi les jardins boisés en zones périurbaines.
Ce mammifère est plutôt abondant dans sa zone de répartition, avec une densité possible de 125 animaux au Km2.
Il est peu chassé par l’homme. La seule menace qui pèse sur le galago est la perte constante de son habitat.

8. Réserves où l’animal a été observé par l’auteur:
Pioneer camp près de Lusaka en Zambie
Zone de gestion de faune de Lupande, près de Mfuwe en Zambie

9. Interactions avec l’homme
Sans objet.

10. Informations complémentaires:
Pas de données pour le moment.

11. Bibliographie:
– Breuil, M. Mayeur, J. P. Thille, F. 1998. Kenya – Tanzanie Le guide du safari – Faune et parcs, Editions Marcus
– Bearder, S.K. Svoboda, N.S. 2013. Mammals of Africa, Volume II, Primates, Editions Bloomsbury

12. Liens:
Otolemur crassicaudatus sur Wildsolutions.

Cercopithèque ascagne

Cercopithecus ascanius

Redtail Monkey, Redtailed Monkey, Black-cheeked white-nosed Monkey, Red-tailed Guenon

Ordre des Primates, Famille des Cercopithécidés, Genre Cercopithecus
Hauteur: 46 à 52 cm pour le mâle et de 34 à 48 cm pour la femelle.
Poids: 4,5 Kg pour le mâle et 3,5 Kg pour la femelle.
Longueur de la queue: 55 à 90 cm.
Gestation: Environ 6 mois (peu de données).
Nombre de petits par portée: 1
Longévité: 22 ans en captivité.
Lien vers Fiche IUCN:

Cercopithèque ascagne de Schmidt – Parc national de Mahale – Tanzanie

1. Description, sous espèces et variantes géographiques:

1.1. Description:
Singe de taille petite à moyenne pourvu d’une longue queue de couleur orangée sur la moitié distale, la partie haute de celle-ci étant de la même couleur que le dos. L’extrémité de la queue est noire.
Les joues sont ornées de favoris blancs, les tempes sont blanches, la gorge et le menton blanc cassé.
Le cercopithèque ascagne possède une tache nasale de forme et de couleur variable suivant les sous espèces (blanc, beige, noir, bleu, orangé). Le visage est sombre avec des cernes bleues autour des yeux. Le reste du pelage est gris brun, les membres sont gris à noir, le ventre blanc.
Le mâle est plus grand que la femelle, c’est le seul dimorphisme sexuel.

1.2. Sous espèces et variantes géographiques:
5 sous espèces sont communément reconnues, mais la taxonomie de ces cercopithèques est complexe et en constante évolution.
Cercopithecus ascanius ascanius Angola red-tail (Angola et surtout RdC).
Cercopithecus ascanius atrinasus – Spectacled red-tail, cercopithèque ascagne à nez noir, (Nord Est Angola).
Cercopithecus ascanius katagae – Katanga red-tail (Sud RdC et Angola).
Cercopithecus ascanius schmïdti – Uganda red-tail, schmidt’s red-tailed Monkey, Cercopithèque ascagne de Schmidt (C’est la sous espèce qui a la plus grande aire de répartition, sur la rive droite du fleuve Congo, RdC, Uganda, Rwanda, Tanzanie, Kenya, Centrafrique et Sud Soudan).
C’est peut-être une espèce à part entière ? C’est en tout cas la sous espèce la plus étudiée (Kenya et Ouganda).
Cercopithecus ascanius whitesidei – Yellow nosed red-tail, Cercopithèque ascagne à nez orange (Congo central).

Cercopithèque ascagne de Schmidt – Parc national de Mahale – Tanzanie

2. Comportement:
Les cercopithèques ascagne sont des primates diurnes et arboricoles. Très agiles et très mobiles, ils sont principalement actifs tôt le matin (avant l’aube) et tard le soir (jusqu’à la tombée de la nuit).
Ils vivent en groupes de tailles variables, de 5 à 10 individus composés d’un mâle et de plusieurs femelles avec les jeunes. Il est possible d’observer plusieurs groupes rassemblés pour se nourrir ou se reposer dans de très grands arbres, si la nourriture y est très abondante, il peut y avoir jusqu’à une centaine d’individus.
Les mâles célibataires se regroupent également mais peuvent vivre en solitaire.
Chez les cercopithèques ascagne, la communication est assez complexe. Elle est à la fois visuelle (mouvement de sourcils, hochement de tête), chimique, tactile (toilettage réciproque) et sonore.
Ces primates émettent des petits cris d’alarme aigus semblables à des cris d’oiseaux.
Les groupes de cercopithèques ascagne sont parfois associés à d’autre primates comme les colobes bais, les mangabeys ou encore les cercopithèques à diadème.

Cercopithèque ascagne de Schmidt – Parc national de Mahale – Tanzanie

3. Reproduction:
Les ascagnes atteignent la maturité sexuelle vers 4 à 5 ans pour les femelles et vers 6 ans pour les mâles. Après une gestation d’environ 6 mois, la femelle donne naissance à un petit qui pèse environ 300 g.
Des accouplements entre cercopithèques ascagne et mittis auraient été observés (Stuart C et M).

4. Biologie et anatomie:
Ces cercopithèques ont été utilisés comme animaux de laboratoire.

5. Régime alimentaire:
Omnivore, environ 50 % frugivore et 25 % insectivore, le reste étant composé de fleurs, boutons floraux, feuilles et bourgeons, gomme et résine.
Par leur régime alimentaire, ces singes assurent la dispersion de nombreuses graines issues des fruits qu’ils consomment.

6. Prédateurs:
Chimpanzé, aigle couronné, léopard et l’homme.

7. Habitat, distribution et évolution de la répartition:
Ce cercopithèque vit dans la canopée de différents types de forêts (forêt de plaine et sub-montagnardes, forêts primaires et secondaires, forêts marécageuses, etc.).
Il est présent à des altitudes comprises entre 400 et 2500 mètres.

Les causes de sa disparition sont:
Bien que classé en « préoccupation mineure » les populations sont en diminution suite à la perte de leur habitat. Ils sont parfois chassés par l’homme pour la viande et suite à des incursions dans les cultures où ils consomment fruits, légumes ou maïs.

8. Réserves où l’animal a été observé par l’auteur:
Parc national de Mahale en Tanzanie.

9. Interactions avec l’homme:
Pillage de cultures.

10. Informations complémentaires:
Pas d’informations complémentaires pour le moment.

11. Bibliographie:
– Ouvrage collectif. 2014. Larger Mammals of Tanzania, Princeton University Press.
– Dorst, J. Dandelot, P. 1972 Guide des grands mammifères d’Afrique Delachaux et Niestlé.
– Stuart, C & M. 2009. Mammals of east Africa Truik Nature.
– Kingdon, J. 2006. Guide des mammifères d’Afrique, Delachaux et Niestlé.
– Kingdon, J. 2011. Field guide to African mammals, A&C Black.
– Cords, M. Sarmiento E.E. 2013. Mammals of Africa, Volune II, Primates, Bloomsbury.

12. Liens:
Animal Diversity Web – Cercopithecus ascanius.

Notes préliminaires sur l’écologie de cercopithecus ascagnus schmidti dans les environs de Bangui (R.C.A.).

Diet and polyspecific associations affect spatial patterns among redtail monkeys (cercopithecus ascanius).

The effects of logging on primate-habitat interactions: A case study of redtail monkeys (cercopithecus ascanius) in Kibale NationalPark, Uganda.

Interspecific and intraspecific variation in diet of two forest guenons, cercopithecus ascanius and c. mitis.

ZipcodeZoo – Cercopithecus ascanius.

Habitat preference and foraging behaviour in adult Red-tailed Monkeys (cercopithecus ascanius).

 

 

Colobe d’Ouganda

Piliocolobus tephrosceles

Ashy Red Colobus, Ugandan Red Colobus

Ordre des Primates, Famille des Cercopithécidés, Genre Piliocolobus
Hauteur: Environ 60 cm.
Poids: 10 Kg pour le mâle, 6 Kg pour la femelle.
Longueur de la queue: 70 cm.
Gestation: 5 à 6 mois.
Nombre de petits par portée: 1
Lien vers Fiche IUCN:

Colobe d’Ouganda – Piliocolobus tephrosceles – Mahale – Tanzanie

1. Description, sous espèces et variantes géographiques:

1.1. Description:
Le colobe d’Ouganda (piliocolobus ou procolobus tephrosceles) est aussi appelé colobe rouge d’Ouganda est un primate de taille moyenne avec un pelage abondant de couleur variable. Le dos pouvant aller du brun au presque noir. Les faces intérieures des membres et le ventre étant de couleur crème. La face est grisâtre et le dessus de la tête roussâtre. La queue est brun foncé.

Colobe d’Ouganda – Piliocolobus tephrosceles – Mahale – Tanzanie

1.2. Sous espèces et variantes géographiques:
Autrefois considéré comme une des 6 à 10 sous espèces de colobe bai à tête rousse, le colobe d’Ouganda est considéré comme une espèce à part entière depuis 2001 (Groves).
Il est parfois encore désigné par certains auteurs comme Eastern Red Colobus – Procolobus rufomitratus tephroscele ou encore Procolobus badius tephroscele (la classification des colobes bais faisant encore débat).

Colobe d’Ouganda – Piliocolobus tephrosceles – Mahale – Tanzanie

2. Comportement:
Les colobes d’Ouganda sont des primates diurnes et arboricoles.
Ces colobes vivent en groupes de 5 à 80 individus avec une moyenne de 40 (45 à 50 à Kibale, 55 à 59 à Gombe). Ces groupes sont multi-mâles et multi-femelles avec plus de femelles que de mâles. Les groupes sont dirigés par un mâle dominant.
Les grands groupes se divisent pour partir en quête de nourriture.
Comme pour tous les primates grégaires, le toilettage est une activité sociale importante pour le colobe d’Ouganda. Il s’associe fréquemment à d’autres primates, principalement avec le cercopithèque ascagne et quelquefois avec le cercopithèque mitis. Cette association lui est bénéfique vis à vis de la veille contre les prédateurs.

Colobe d’Ouganda – Piliocolobus tephrosceles – Mahale – Tanzanie

3. Reproduction:
Maturité sexuelle vers 5 ans pour le mâle et entre 4 et 5 ans pour la femelle.
La femelle met au monde un seul petit après 5 à 6 mois de gestation.

4. Biologie et anatomie:
Pas de données particulières pour le moment.

5. Régime alimentaire:
Le colobe d’Ouganda est essentiellement folivore. Il consomme également des graines, des bourgeons, des fruits et des écorces.

6. Prédateurs:
Principalement les chimpanzés, mais aussi l’aigle couronné pour les juvéniles.

7. Habitat, distribution et évolution de la répartition:
La distribution de ce colobe est très limitée. Il n’est présent que dans 5 zones forestières réparties en Ouganda et en Tanzanie. Parc de Kibale et une zone au Sud Ouest du Lac Victoria pour l’Ouganda. Parcs de Mahale et de Gombe ainsi que le plateau d’Ufipa en Tanzanie. Ce primate est classé en danger par l’IUCN à cause de populations très fragmentées et donc isolées les unes des autres.
On rencontre ce colobe jusqu’à des altitudes de 2400 mètres.

Les causes de sa disparition sont:
La perte de son habitat et la chasse pratiquée hors des zones protégées (déforestation au profit de zones agricoles, fabrication du charbon de bois, exploitations forestières).
La prédation importante par les chimpanzés (à Gombe, la population a chuté de – 50 % en 25 ans et est en route vers l’extinction car 16 à 40 % des colobes d’Ouganda sont tués chaque année par les chimpanzés).

 

8. Réserves où l’animal a été observé par l’auteur:
Parc national de Mahale en Tanzanie.

9. Interactions avec l’homme:
Pas de données particulières.

10. Informations complémentaires:
Aucune informations complémentaires à ce jour.

11. Bibliographie:
– Stuart, C & M. 2016. Guide photo des grands mammifères d’Afrique, Delachaux et Niestlé.
– Struhsaker, T. T. Grub, P. 2013. Mammals of Africa Volume II, Primates, Bloomsbury.
– Kingdon, J. 2006. Guide des mammifères d’Afrique, Delachaux et Niestlé.
– Ouvrage collectif, 2014. A field guide to the Larger Mammals of Tanzania, Princeton University Press.

12. Liens:
Crop-raid of the Ashy Red Colobus (piliocolobus tephrosceles) and Crop-Raiding in a Forest-Farm Mosaic, Mbuzi, Rukwa Region, Tanzania.

Census and Conservation Assessment ofthe Red Colobus (Procolobus rufomitratus tephrosceles) on the Ufipa Plateau, Southwest Tanzania.

Ugandan Chimpanzees May Be Hunting Red Colobus Monkey into Extinction.

 

 

Potamochère du Cap

Potamochoerus larvatus

Bush Pig

Ordre des Cetartiodactyles, Famille des Suidés, Genre Potamochoerus
Hauteur au garrot: 55 à 100 cm.
Poids: 55 à 105 Kg pour le mâle, 45 à85 Kg pour la femelle.
Longueur du corps: 1,0 à 1,7 m.
Longueur de la queue: 30 à 45 cm.
Gestation: Environ 120 jours.
Nombre de petits par portée: Couramment 3 à 4, jusqu’à 8.
Longévité: 15 ans environ.
Lien vers Fiche IUCN:

Potamochère du Cap – P.l. hassama – Parc de Mahale – Tanzanie

1. Description, sous espèce et variantes géographiques:

1.1. Description:
Le potamochère du Cap possède une silhouette proche de celle du sanglier. C’est un animal massif et court sur pattes.
Son corps est poilu, sa tête est allongée et il possède des touffes de poils à l’extrémité de ses oreilles. Une crinière de poils longs et plus clairs que ceux du reste du corps est présente sur son dos.
Sur la face, les variations de couleur de pelage dessinent une sorte de masque facial.
La coloration du pelage est variable suivant les sous espèces, les individus et l’âge.
Les jeunes portent des rayures pales jaunâtres sur fond brun. Entre trois et six mois, le pelage du jeune perd ses rayures et devient brun roux. Avec l’âge les adultes deviennent gris foncé à noir.
En dehors de l’écart de taille, les différences entre mâles et femelles sont situées au niveau de la face qui comporte chez le mâle 3 paires de structures verruqueuses (protubérances et callosités).


Potamochères du Cap – P.l. hassama – Parc de Mahale – Tanzanie

1.2. Sous espèces et variantes géographiques:
2 sous espèces sont communément reconnues.
Potamochoerus larvatus hassama. Eastern Bushpig ou White-faced Bushpig. Afrique de l’Est.
Potamochoerus larvatus koiropotamus. Southern Bushpig. Afrique Australe.

Hybridation possible avec Potamochoerus porcus dans les régions du Sud et du Sud-Est du Congo (RDC).

2. Comportement:
Le potamochère est principalement nocturne mais aussi parfois diurne en période fraîche et s’il n’est pas dérangé.
C’est un animal grégaire qui vit en groupes familiaux de 4 à 15 individus, composés généralement d’un couple dominant accompagné de truies et de jeunes d’une ou deux générations. On peut observer occasionnellement des groupes jusqu’à 30 individus.
On rencontre également des groupes d’immatures ainsi que des verrats solitaires.
Le potamochère du Cap s’est adapté aux zones agricoles et à la présence de l’homme.
Il vient se nourrir dans les cultures en provoquant des dégâts importants.
Comme le sanglier, c’est un bon nageur.
Il aime se vautrer dans la boue pour se refroidir et se déparasiter.
Ce suidé est plus agressif que le phacochère. Les mâles utilisent les callosités et les protubérances osseuses situées sur leur face pour les combats tête à tête. Ceux-ci sont appelés « snout-boxing ». Des cris et des rugissements accompagnent les combats dans lesquels un des adversaires peut être parfois mortellement blessé ou tué.
Le potamochère utilise une communication vocale variée, avec des cris, des grognements et des ronflements.
Les mâles signalent leur présence et leur rang en se frottant aux arbres et en marquant l’écorce de ceux-ci avec leurs défenses.

3. Reproduction:
Les femelles atteignent leur maturité sexuelle vers 18 mois (16 à 20 mois).
Mâle et femelle front contre front peut être un préliminaire à l’accouplement.
Pour la mise bas, les potamochères font des nids dans les fourrés épais et peuvent aussi construire des nids d’herbes entassées sur près de 3 m de large et 1 m de haut ressemblant à de petites meules de foin. Ils creusent ensuite dedans pour mettre les petits à l’abris.
La femelle donne naissance à 3 ou 4 petits, parfois jusqu’à 8. Ces derniers pèsent environ 750 g à la naissance (600 à 1Kg).
La femelle possède 3 paires de mamelles, les jeunes sont sevrés vers l’âge de 3 mois. Ils ne quittent pas le nid pendant les 15 premiers jours.

4. Biologie et anatomie:
Chez le potamochère, l’ouïe et l’odorat sont très développés mais la vue est médiocre.
Contrairement au phacochère, les défenses sont à peines visibles. Elles mesurent environ 7 cm de long et dépassent à peine sur les côtés de la tête.
Grace à des muscles et des tendons puissants, ses narines se referment lorsqu’il fouille le sol.
Il dispose de nombreuses glandes odoriférantes situées à différents endroits du corps (poches près des défenses, glandes aux pieds, au niveau du pénis, au menton, au cou dans la crinière, glandes anales).

Pattes antérieures du potamochère du Cap

5. Régime alimentaire:

Potamochère du Cap se nourrissant de déchets alimentaires
Parc national de Mahale – Tanzanie

Le potamochère du Cap est un omnivore avec une grande part végétarienne.
Il détecte sa nourriture principalement à l’odeur.
Avec son groin, il fouille le sol pour déterrer bulbes, rhizomes et tubercules.
Il consomme aussi des fruits, des champignons, des œufs, des larves, des coléoptères, des escargots, des petits oiseaux et petits mammiferes. Il est occasionnellement charognard et coprophage. Il n’hésite pas à entrer dans l’eau pour atteindre des plantes aquatiques.
Son régime alimentaire varie en fonction des saisons et de la ressource dans sa zone géographique.

Excréments du potamochère.

6. Prédateurs:
Principalement lion, léopard et l’homme.
A Gombe (Tanzanie) des cas de prédations par des chimpanzés robustes ont été enregistrés.

7. Habitat, distribution et évolution de la répartition:
Son habitat est très varié, mais il préfère toujours les milieux couverts et denses.
Il vit à des altitudes très variables, depuis le niveau de la mer jusqu’à 3000 mètres (Forêt d’Harenna en Ethiopie) et même 4000 mètres (Mont Kilimanjaro au Kenya).
Il a été introduit à Madagascar et aux Comores.

Les causes de sa disparition sont:

La chasse pour sa chair (viande de brousse) ou par ce qu’il provoque des dégâts importants dans les cultures.

8. Réserves où l’animal a été observé par l’auteur:
Parc national de Mahale en Tanzanie.

9. Interactions avec l’homme:
Destruction des cultures par le potamochère et chasse de représailles par l’homme.

10. Informations complémentaires:
Aucune information complémentaires pour le moment.

11. Bibliographie:
– Estes, R. D. 2012. The behavior guide to African Mammals, University of California Press.
– Stuart, C. et M. 2016. Guide photo des grands mammifères d’Afrique, Delachaux et Niestlé.
– Apps, P. 2000. Smithers’ Mammals of Southern Africa, A Field Guide, Struik Nature.
– Carnaby, T. 2014. Beat about the bush, Jacana Media.
– Seydack, A.H.W. 2013. Mammals of Africa Volume VI, Bloomsbury.

12. Liens:
Potamochoerus larvatus sur Animal Diversity Web

Abondance du potamochère (potamochoerus larvatus) dans les savanes du Nord-Ouest de Madagascar.

Les Suidés

Les Suidés (Suidae) ou porcins désigne une famille de mammifères artiodactyles dont les caractéristiques communes sont d’avoir:
– Des canines développées.
– Des pattes terminées par quatre onglons.

Les suidés se retrouvent en Eurasie et en Afrique.

Pour l’Afrique, la famille des suidés comprends 3 tribus, 4 genres et 6 espèces.

Classement zoologique des suidés africains:
Ordre: Artiodactyles (Cétartiodactyles).
Sous-Ordre: Suine (Suina)
Famille: Suidés (Suidae) Porcins.
Sous-Famille: Suinés (Suinae).

Tribu Genre Espèce
Phacochoerini Phacochoerus Phacochoerus africanus
Phacochère commun
Phacochoerus aethiopicus
Phacochère du désert

Phacochère communPhacochoerus africanus

Tribu Genre Espèce
Potamochoerini Hylochoerus Hylochoerus meinertzhageni
Hylochère
Potamochoerus Potamochoerus larvatus
Potamochère du Cap
Potamochoerus porcus
Potamochère roux

Potamochère du CapPotamochoerus larvatus

Potamochère roux ou porc à pinceauxPotamochoerus porcus

Tribu Genre Espèce
Suini Sus Sus scrofa
Sanglier d’Eurasie

Lien vers le site des spécialistes des cochons sauvages de l’IUCN.

Cobe des roseaux

Redunca arundinum

Common reedbuck, Southern reedbuck

Ordre des Cetartiodactyles, Famille des Bovidés, Genre Redunca
Hauteur au garrot: 65 à 105 cm
Poids: En moyenne 70 Kg pour le mâle et 50 Kg pour la femelle.
Longueur du corps: 130 à 160 cm pour le mâle et 120 à 140 cm pour la femelle.
Longueur de la queue: Environ 25 cm
Gestation: Environ 7,5 mois
Nombre de petits par portée: 1
Longévité: 16 ans en captivité, de 10 à 12 ans à l’état sauvage.
Lien vers Fiche IUCN.

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

1. Description, sous-espèces et variantes géographiques:
Le cobe des roseaux porte mal son nom puisque il ne s’agit pas d’un cobe mais d’un redunca.
Le nom qui conviendrait le mieux serait redunca commun, par opposition aux deux autres redunca qui sont le redunca bohor et le redunca de montagne. Certains auteurs l’affuble du nom de «grand cobe des roseaux» par opposition au redunca bohor appelé aussi Nagor qui est baptisé toujours à tort par les mêmes auteurs «cobe des roseaux».
Ces confusions sont issues de mauvaises appellations dans des ouvrages traduits de l’anglais.

1.1. Description:
C’est le plus grand des trois reduncas.
Son pelage est fin, court, uniforme, presque laineux.
La couleur du corps varie du fauve au grisâtre, la tête, le cou ainsi que le ventre sont légèrement plus clairs. Les jeunes sont plus clairs que les adultes.
(Des cas d’albinisme et de mélanisme ont été observés).
Ses oreilles sont larges, arrondies, poilues et blanches à l’intérieur.
La queue est assez courte, touffue et blanche sur le dessous.
Des bandes noires se distinguent (pas toujours) sur le devant des membres antérieurs.

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

Redunca arundinum arundinum femelle – Moremi game reserve – Botswana

Seul le mâle porte des cornes. Celles-ci sont annelées sur la moitié inférieure, courbées en arrière avec un léger retour vers l’avant près de la pointe. Elles sont plus ou moins divergentes. Leur longueur est en moyenne d’une trentaine de cm et peuvent atteindre 45 cm.
Elles commencent à pousser vers l’age de 6 mois.
Les cornes du cobe des roseaux permettent de ne pas confondre cette espèce avec les deux autres réduncas (Bohor et de montagne) qui ont des cornes plus courtes et en forme de crochets orientés vers l’avant.
Sous chaque oreille le cobe des roseaux porte un patch de peau nue, il s’agit de glandes sub-auriculaires. Celles-ci sont de couleur claire mais deviennent foncées lorsqu’elles sont stimulées.

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

1.2. Sous espèces et variantes géographiques:
2 sous espèces.
Redunca arundinum arundinum au Sud du Zambèze.
Redunca arundinum occidentalis en Afrique Tropicale.

2. Comportement:
Ce bovidé est plutôt nocturne en saison humide mais est actif le jour en saison sèche.
Il vit seul, en couple ou en famille avec les jeunes. On observe rarement plus de six individus, sauf en saison sèche où des groupes d’une vingtaine de reduncas peuvent être observés.

Couple de reduncas arundinum arundinum – Moremi game reserve – Botswana

Le cobe des roseaux est plutôt difficile à rencontrer en pleine journée car il aime se coucher dans les hautes herbes.

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

Il est sédentaire et il n’aime pas se mélanger avec d’autres espèces.
Il marque la périphérie de son territoire par des dépôts de fèces et d’urine.
Bien que vivant toujours près de l’eau, il répugne à s’y engager.
En cas de danger, le redunca émet par le nez un sifflement d’alarme aigu.
Dans le fuite, en courant, il émet une sorte de cliquetis et se déplace en effectuant des mouvements rappelant ceux d’un cheval à bascule. Après quelques bonds, il stoppe sa course pour regarder en arrière.

Redunca arundinum occidentalis femelleParc national de Liuwa plainZambie

3. Reproduction:
Le redunca commun atteint la maturité sexuelle vers 2 ans pour les femelles et 3 ans pour les mâles.
Après une gestation de 200 jours environ la femelle donne naissance à un petit qui pèse environ 4,5 Kg.
Le jeune reste caché pendant les six à huit premières semaines voire deux mois, couché dans les hautes herbes épaisses. La femelle revient vers lui quelques fois par jour pour l’allaiter.
Durant cette période, le jeune est déplacé régulièrement.
Il est sevré au bout d’environ1 an, âge à partir duquel il devient indépendant.

4. Biologie et anatomie:
Toutes les fonctions des glandes sub-auriculaires ne sont pas clairement déterminées. Les mâles s’en servent notamment pour marquer leur territoire sur la végétation.

5. Régime alimentaire:
Essentiellement herbivore, il consomme principalement des graminées.
Il mange cependant des feuilles en fin de saison sèche lorsque la qualité des herbes est médiocre. Ils aiment s’alimenter dans les zones de brûlis.
Il est dépendant de l’eau et doit boire chaque jour.

6. Prédateurs:
Ses principaux prédateurs sont les grands félins, lions, léopards, guépards et la hyène tachetée. Ils sont aussi prédatés par les lycaons, les servals et parfois les crocodiles. Le chacal ainsi que les aigles et les pythons sont des prédateurs pour les jeunes.

7._ Habitat, distribution et évolution de la répartition:
Le cobe des roseaux vit dans les zones de hautes herbes et de roseaux à proximité d’étendues d’eau permanentes (marais, zones humides, plaines inondables ou étangs).

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

Redunca arundinum arundinum femelle – Moremi game reserve – Botswana

En général, il évite les zones trop découvertes et les forêts. La présence de l’eau lui est indispensable.
Des populations de Cobes des roseaux ont été introduites dans le Nord de la Namibie sur des terres privées en dehors de la zone de répartition historique de l’animal.

Les causes de sa disparition sont:
Le braconnage. Autrefois très présent dans les savanes du Sud du Congo, il en a maintenant quasiment disparu suite à la pression excessive de la chasse illégale, du braconnage et du commerce de viande de brousse.

8. Réserves où l’animal a été observé par l’auteur:
Parc national de Liuwa Plain en Zambie.
Moremi Game Reserve au Botswana.

9. Interactions avec l’homme:
Pas d’interaction particulière connue.

10. Informations complémentaires:

10.1.  Origine du nom:
Comme évoqué au paragraphe 1, le nom de ce mammifère pose problème.
En effet dans la littérature et sur internet, on trouve tout et n’importe quoi.
Premièrement, le cobe des roseaux n’est donc pas un cobe, c’est un rédunca (redunca arundinum).
Suivant les ouvrages, le plus souvent traduits de l’anglais on lui trouve les noms de Cobe des roseaux, grand cobe des roseaux, rédunca, rédunca commun.
Même des documents de références donnent des noms erronés et fantaisistes comme par exemple la fiche IUCN ou encore l’encyclopédie Mammals of Africa qui le baptise redunca grande !
Le deuxième problème vient du fait que l’on retrouve le même soucis de nomination pour le redunca bohor (redunca redunca). Lui aussi est parfois nommé cobe des roseaux, redunca, nagor ou encore redunca bohor.
Ceci provoque une confusion dans la dénomination de ces deux espèces.
Si je prends en compte des ouvrages sérieux en langue française comme, Les antilopes d’Afrique par P.J. Corson 2004, le Guide des grands mammifères d’Afrique par J. Dorst 1972 et Kenya, Tanzanie, le guide du safari, faune et parcs par M. Breuil, J.P. Mayeur et F. Thille 1998, tous sont d’accord pour désigner le redunca arundinum comme cobe des roseaux. Le dernier ouvrage propose l’appelation redunca commun.
Celle-ci est tout à fait adaptée et homogène avec la dénomination anglophone qui est common reedbuck ou southern reedbuck.

10.2. Origine/espèces fossiles:
Pas de données pour le moment.

10.3. Les cobes des roseaux à travers l’histoire:
Pas de données pour le moment.

10.4. Iconographie:
Non traité pour le moment.

11. Bibliographie:
Kingdon, J. & Hoffman, M. 2013. Volume VI Mammals of Africa Bloomsbury.
Castello, J.R. 2016. Bovids of the World Princeton University Press.
Dorst, J. et Dandelot, P. 1972. Guide des grands mammifères d’Afrique Delachaux & Niestlé.
Frost, W. 2014. The Antelope of Africa Jacana Media.

12. Liens:
Animal Diversity Web – Redunca arundinum – Southern reedbuck

 

Oryctérope

Orycteropus afer

Aardvark, Antbear

Ordre des Tubulidentés, Famille des Oryctéropidés, Genre Orycteropus
Hauteur au garrot: 50 à 60 cm
Poids: 40 à 80 Kg
Longueur du corps: 140 à 180 cm
Longueur de la queue: 45 à 60 cm
Gestation: Environ 7 mois
Nombre de petits par portée: 1 (rarement 2)
Longévité: 18 à 24 ans en captivité
Lien vers Fiche IUCN:

Oryctérope – Parc national de Nxai Pan – Botswana

1. Description, sous espèces et variantes géographiques:

1.1 Description:
L’oryctérope ou oryctérope du cap ou encore cochon de terre est seul à faire partie de l’ordre des tubulidentés.
Il possède une silhouette atypique et de ce fait, il ne peut être confondu avec aucun autre mammifère africain. Il ressemble à un porc croisé avec un kangourou !
Animal assez commun en Afrique subsaharienne mais dont les observations sont rares du fait de ses mœurs très nocturnes.

L’oryctérope est massif, avec un dos voûté, une tête conique, allongée, surmontée par de longues oreilles, mobiles et pointues. Il est doté d’un long groin tubulaire et flexible dont les narines sont entourées de poils très serrés. La tête semble petite en proportion du corps.
Son corps porté par des membres courts et musclés est terminé par une queue conique épaisse à la base. Celle-ci également très musclée sert d’appui à l’animal.
Ses membres puissants sont terminés par des doigts prolongés par de grosses griffes droites (4 pour les pattes antérieures et 5 pour les pattes postérieures).
L’animal est muni d’une peau épaisse de couleur gris-rose à gris-brun. Celle-ci est recouverte de rares poils (soies) grossiers et clairsemés qui sont plus foncés sur les pattes et la queue.
Les jeunes sont plus velus que les sujets âgés.
Le dimorphisme sexuel est quasi inexistant. Le mâle possède des testicules inguinaux et sous cutanés.
C’est un animal qui joue un rôle très important pour l’écologie de la savane en limitant la prolifération des termites et en fournissant un habitat pour un grand nombre d’animaux avec ses terriers abandonnés.
Il assure aussi à lui seul la reproduction d’une espèce de cucurbitacée (melon de terre «cucumis humifructus») dont il mange les fruits souterrains et en assure la fertilisation et le semis des graines par ses excréments (Les pépins passent intacts au travers du système digestif).

1.2 Sous espèces et variantes géographiques:
Certains auteurs annoncent 18 sous espèces. Ceci n’est pas établi officiellement faute d’études sérieuses. Il existe cependant suivant les populations, des variations notables au niveau des proportions du museau, de taille de l’animal et de la couleur.

2. Comportement:
L’oryctérope est un mammifère nocturne voire crépusculaire très discret.
Il est très rarement visible le jour, toutefois en Afrique Australe pendant l’hiver, il peut être actif en début ou en fin de journée car au plus froid de la nuit ses principales proies se réfugient plus profondément dans les termitières. Il peut aussi être actif de jour en cas de sécheresse extrême.
Timide et craintif, il passe ses journées à dormir au fond de son terrier et part en quête de nourriture 1 à 2 heures après le crépuscule.
C’est un animal semi sédentaire qui peut se déplacer en fonction de l’abondance des termites.
Il est principalement solitaire mais il est possible de rencontrer une femelle et son jeune.
L’oryctérope est digitigrade.
Ses déplacements sont normalement lents, mais en cas de danger l’oryctérope est capable de fuir très rapidement (40 km/h).
En cas d’agression, la stratégie adoptée est la fuite pour se réfugier dans son terrier.
Il est également capable de s’enfouir très rapidement dans le sol (1 mètre de galerie creusé en 5 mn).
Si il est acculé, il fait face et se défend avec ses puissantes griffes et sa queue musclée.
L’oryctérope produit des grognements, il émet également des sortes de bêlements lorsqu’il est effrayé.

3. Reproduction:
L’oryctérope est polygame, les couples ne se forment qu’au moment de l’accouplement.
La maturité sexuelle est atteinte vers l’âge de 2 ans.
Les nouveaux nés pèsent environ 2 Kg , ils sont allaités par la mère qui possède 2 paires de mamelles (2 inguinales et 2 abdominales).
Sevrés vers l’âge de 4 mois environ, ils commencent à consommer de la nourriture à partir de 14 semaines.
Le jeune reste au terrier pendant les deux ou trois premières semaines de sa vie et commence à acquérir son indépendance vers l’âge de 6 mois.

4. Biologie et anatomie:
La vue de l’oryctérope est mauvaise mais son ouïe et son odorat sont très développés.
C’est principalement ce dernier qui est utilisé pour la quête de nourriture.
L’oryctérope a la possibilité d’obturer ses narines et ses oreilles notamment pour se protéger de l’agression des « soldats termites » et aussi lorsqu’il creuse son terrier ou une termitière.
Ses narines sont également protégées de la poussière par la présence de poils faisant office de filtre.
Une des grandes particularité de cet animal c’est qu’il ne possède que des prémolaires (8) et des molaires (12).
Elles sont composées de 1000 à 1500 petits tubes en ivoire, elles n’ont pas de racines elles sont dépourvues  d’émail et poussent en continu.
C’est cette forme tubulaire des dents qui est à l’origine du nom de son ordre zoologique des tubulidentés.
L’oryctérope utilise peu ses dents pour mastiquer, la majeur partie des aliments sont broyés dans la région pylorique de son estomac.
Il possède une langue vermiforme longue d’une trentaine de centimètres, celle-ci est enduite d’une salive visqueuse.
Le crâne de l’oryctérope est de forme allongée et vaguement tubulaire. Il en est de même chez les espèces fossiles, car c’est une des caractéristiques de tous les tubulidentés.

Photo : From the collections of Skulls Unlimited International (Wikimedia Commons).

5. Régime alimentaire:
L’oryctérope consomme principalement des termites qu’il récolte en surface ou en éventrant des termitières à l’aide de ses grosses griffes puissantes.
Lorsqu’il est en quête de nourriture, l’oryctérope se déplace le nez près du sol, cela lui permet de repérer à l’odorat les colonnes de termites progressant au sol.
On estime qu’il en consomme près de 50.000 par nuit, pour cela il se déplace de termitière en termitière pouvant ainsi parcourir entre quinze et trente kilomètres.
Il les collecte avec sa longue langue (d’environ 30 cm) enduite d’une salive visqueuse.
Il consomme également des fourmis ainsi que des larves de coléoptères, voire des sauterelles et autres insectes en cas de besoin.
La prépondérance de la consommation de fourmis ou de termites varie en fonction de la période. Plus de fourmis en saison sèche, plus de termites en saison humide. Son régime alimentaire varie également en fonction de la zone géographique et de l’abondance relative entre fourmis et termites.
Quelques fruits et cucurbitacées comme le melon ou concombre de terre (cucumis humifructus surnommé en anglais «aardvark cucumber» ou encore «aardvark pumpkin») font occasionnellement partie de son menu, il y trouve l’eau nécessaire à son hydratation en période sèche.
Lorsqu’une termitière est visitée, l’animal n’y revient en général pas avant une semaine, temps nécessaire aux termites pour reconstituer l’édifice.
Ses excréments sont en forme d’olive ou oblongs, ils mesurent de 2 à 4 cm et sont de couleur claire. Ils sont très denses et compacts, ils contiennent du sable ainsi que des parties indigestes comme les têtes de fourmis et de termites.
Lors de leurs production, ils sont déposés non loin du terrier dans un petit trou d’environ 10 cm de profondeur et soigneusement recouverts de terre.

6. Prédateurs:
Principalement la hyène tachetée et l’homme, mais aussi lion, léopard, guépard, lycaon, gros pythons.

7. Habitat, distribution et évolution de la répartition:
L’oryctérope est présent dans une très grande partie de l’Afrique Sub-Saharienne.
On le trouve principalement dans les savanes sèches et les forêts claires.
Il apprécie les zones dégagées aux sols sableux ou argileux où il peut aisément creuser ses terriers.
Il vit là où il y a des termitières et évite les sols trop durs et les zones inondables.
L’oryctérope dispose de plusieurs sortes de terriers.
– Des provisoires, creusés pour abriter l’animal surpris par le lever du jour et le protéger du soleil et de la chaleur, ils font quelques mètres de long au maximum.
– Des terriers principaux qui peuvent descendre jusqu’à 3 mètres sous terre voire 6 m si le sol est assez meuble. Ils sont constitués d’un réseau de galeries de 40 à 50 cm de diamètre, inclinées et pouvant mesurer plusieurs dizaine de mètres de long.
Une ou plusieurs chambres sphériques complètent ces abris qui peuvent compter plusieurs entrées.
Les terriers occupés sont obstrués par un amas de terre avec uniquement un trou laissé pour l’aération. Un terrier habité peut être caractérisé par la présence de nombreuses petite mouches sur les parois ombragées à l’entrée de celui-ci.
Les terriers abandonnés sont largement réutilisés par de nombreux animaux.
En premier lieu les phacochères, mais aussi les hyènes, chacals, lycaons, porc-épics, civettes, genettes, protèles, chats sauvages et chauves-souris pour les mammifères. Les autres espèces utilisant les terriers sont certains reptiles comme les varans et des oiseaux comme certaines chouettes et les hirondelles bleues qui y construisent leur nid.

Les causes de sa disparition sont:
Le réchauffement climatique entrainant la disparition des termites de certaines zones géographiques (Afrique du Sud) et donc de sa principale ressource alimentaire.
– L’homme par le braconnage pour sa chair appréciée pour sa viande riche en graisse et des parties du corps utilisées en médecine traditionnelle et en pratiques animistes.
Les dents et les griffes sont utilisées comme porte bonheur, le nez et les griffes sont censées posséder un grand pouvoir.
En Afrique de l’Ouest, la «main droite» de l’oryctérope est utilisée pour repousser les mauvais sorts.

8. Réserves où l’animal a été observé par l’auteur:
Parc national de Nxai Pan au Botswana.

9. Interactions avec l’homme:
Par le creusement de ses terriers et le fouissage lors de la recherche de nourriture, l’oryctérope peut causer des dégâts dans les zones cultivées ainsi que dans les digues. De ce fait il fait l’objet de représailles de la part des populations concernées.

10. Informations complémentaires:

10.1 Origine du nom:
Le nom oryctérope vient du grec, oruktêr «qui creuse» et ôps «apparence».
Le nom aardvark communément utilisé par les anglophones est le nom Afrikaans qui signifie «cochon de terre». En Afrikaans, il existe également la variante Erdvark.
Le nom anglais est antbear, nom trompeur et dont l’origine n’est pas connue.

10.2 Origine/espèces fossiles:
L’oryctérope semble être un fossile vivant car il n’a pas ou peu évolué depuis 22 millions d’années, il est assez peu différent des fossiles retrouvés datant du Miocène.
Cet animal est probablement d’origine africaine, mais des formes fossiles ont été identifiées en Eurasie et à Madagascar.

10.3 L’oryctérope à travers l’histoire:
L’oryctérope fut décrit pour la première fois en 1766 par le zoologiste allemand Peter Simon Pallas.

10.4 Iconographie:

Wikimedia Common/Archive Pearson Scott Foresman

Gravure ancienne représentant des oryctéropes

L’oryctérope est largement représenté sur de nombreux timbres poste.

11. Bibliographie:
– Stuart, C. & M. 2015. Stuart’s Field Guide to Mammals of Southern Africa, Struik Nature.
– Breuil, M. Mayeur, J.P. Thile, F. 1998. Kenya Tanzanie Le guide du safari Faune et parcs, Editions MARCUS.
– Lamarque, F. 2004. Les Grands Mammifères du Complexe WAP, ECOPAS.
– Dorst, J. & Dandelot, P. 1972. Guide des grands mammifères d’Afrique, Delachaux & Niestlé
Kingdon, J. 2006. Guide des mammifères d’Afrique, Delachaux et Niestlé.
Kingdon, J. 2011. The Kingdon Field Guide to African Mammals, A&C Black Publishers.
– Dabonneville, C. 2017. L’oryctérope, clé de voute de la savane africaine, Revue Espèces N°26.
– Simfukwe, H. 2017. The Aardvark : The awesome animal nicknamed « Bush Excavator », in The Eye – Malawi.
– Carnaby, T. 2010. Beat about the bush – Mammals, Jacana Media.
– Taylor, A. Lehmann, T. 2013. Mammals of Africa – Volume 1, Bloomsbury Publishing.

12. Liens:
Lien vers fiche Aardvark – Orycteropus afer
Lien vers fiche Animal Diversity Web

 

Animations & Conférences

L’association Mammiferesafricains.org vous propose d’organiser des animations/conférences autour du thème des mammifères d’Afrique.

Celles-ci s’adressent à un public d’adultes et d’adolescents.

La durée de ces animations est modulable en fonction de vos souhaits.
(minimum 1h30).
Ces animations peuvent êtres suivies d’un échange de questions/réponses.

Le contenu et les thèmes abordés sont eux aussi modulables.

Le déroulement standard proposé est le suivant:
– Projection de photographies de mammifères d’Afrique pour présenter les différentes espèces. (environ 1/2 heure)
– Projection sur la base d’un document type « Powerpoint » contenant des données sur les évolutions des populations de mammifère en Afrique, le braconnage et les trafics d’animaux. (1/2 heure)
– Questions/Réponses. (1/2 heure)

Ces conférences animations peuvent être proposées en complément d’une exposition pédagogique.

Sujets possibles:
– Les mammifères d’Afrique (espèces, caractéristiques, comportements, etc.).
– Côtoyer la faune sauvage.
– Braconnage, trafic, chasse.
– Démographie humaine et conséquences.
– Conséquences des exploitations pétrolières, minières et des monocultures.
– Tourisme (impact, comment voyager en Afrique, etc.)

Expositions pédagogiques

Vous trouverez ci-dessous un aperçu des photographies disponibles pour des expositions pédagogiques dans le cadre d’une prestation de l’association Mammiferesafricains.org.

Toutes les photos représentent des animaux libres et sauvages, elles ont été prises dans des parcs nationaux de différents pays d’Afrique.

Ces photographies au format 40 x 60 cm collées sur Alu-Dibond et montées en caisses américaines sont prêtes à être accrochées sur vos cimaises.

Ces images sont accompagnées de fiches descriptives des espèces présentées (voir modèle en fin d’article) ainsi que divers textes à propos de la faune et du braconnage.

A ces expositions, il est possible d’associer des animations ou visites guidées.
Elles peuvent aussi être complétées par des conférences au sommaire modulable en fonction de vos souhaits.

Pour toute demande de renseignements complémentaires en vue d’organiser une exposition, merci de nous contacter par mail à l’aderesse contact@mammiferesafricains.org

Bubale de Swayne – Ethiopie

Bouquetin d’Abyssinie – Ethiopie

Maki Catta – Madagascar

Nyala de Montagne – Ethiopie

Chacal à chabraque – Tanzanie

Hippopotame amphibie – Tanzanie

Jeunes lycaons – Zambie

Lions – Tanzanie

Guépard – Botswana

Cobe Lechwe noir – Zambie

Phacochère commun – Zambie

Puku – Zambie

Hyène tachetée – Botswana

Eléphant de Savane – Tanzanie

Zèbres des plaines – Tanzanie

Cercopithèque à diadème – Tanzanie

Lion – Cecil – Zimbabwe

Leopard – Zambie

Chimpanzé – Tanzanie

Ci-dessous, exemple de fiche d’informations associée à chacune des photographies exposées (format 14,5 x 20,5 cm).