Auteur : Dominique

Mammifèresafricains fait peau neuve !

Après une première version mise en ligne en 2011, le site mammiferesafricains.org fait peau neuve !

Le « thème » WordPress a été changé, la nouvelle version plus moderne est « responsive », c’est à dire qu’elle est capable de s’adapter à tous les supports de consultation: ordinateurs, tablettes et smartphones.
La connexion au site est maintenant sécurisé par un passage en https.
Ces deux améliorations feront que mammifèresafricains.org devrait être mieux référencé par les moteurs de recherche.
Voila pour la technique.

La présentation et le menu ont été complètement repensés.

Pour mémoire, voici l’ancienne page d’accueil.

Les principales modifications concernent le menu.
La consultation des fiches sur les mammifères est maintenant accessible depuis l’onglet « fiches animaux ». Le positionnement sur cet onglet déroule la liste des « ordres » zoologiques auxquels appartiennent les différents mammifères présentés. Cette approche est plus scientifique que dans l’ancienne version.
Certaines rubriques telles « Zoos » et « Réserves » ont été supprimées. Un onglet spécifique à notre association a été créé.
Les liens ont migré de la « Sidebare » (barre latérale) pour être répartis dans un onglet du menu « Docs & Liens » ou directement dans les fiches concernées.

Nouvel aspect de la page d’accueil.

Pour la rédaction des fiches, depuis juin 2017, une nouvelle mise en forme et un sommaire type sont utilisés.
A ce jour (27 septembre 2018) seules 8 fiches sont visibles sous ce nouveau format (les girafes, cobe des roseaux, galago à queue épaisse, cercopithèque ascagne, colobe d’Ouganda, potamochère du Cap, les suidés et oryctérope).
Il reste encore une centaine de fiches à reprendre pour les rédiger sous ce nouveau format et les enrichir avec de nouvelles photographies.

L’Association

Depuis novembre 2016 MAMMIFERESAFRICAINS.ORG est devenue une association loi 1901.
Cette association a été déclarée en préfecture du Loir et Cher le 15 novembre 2016 et la déclaration est parue au Journal Officiel le 26 novembre 2016.

L’objet de l’association est de:
– promouvoir auprès du grand public la connaissance à propos des mammifères africains
– alerter l’opinion sur les menaces qui pèsent sur les mammifères sauvages en Afrique
– mettre en avant des actions et des acteurs de conservation des mammifères en Afrique

Les moyens d’action de l’association:
– la communication au travers du présent site mammiferesafricains.org et de la page facebook @mammiferesafricains
– la présentation d’expositions photographiques et pédagogiques
– la réalisation d’animations et de conférences grand public

Pour nous soutenir:
Si vous souhaitez devenir membre bienfaiteur, consultez et téléchargez le formulaire de donation en lien.

Rapports d’activités:
Rapport année 2017

Pour toute question, merci de nous contacter à l’adresse suivante: contact@mammiferesafricains.org

Galago à queue touffue

Otolemur crassicaudatus

Thick-tailed Greater Galago, Large-eared Greater galago

Ordre des Primates, famille des Galagidés, Genre Otolemur
Poids: 1 à 1,5 Kg 1 à 1,8 Kg
Longueur du corps: 26 à 50 cm
Longueur de la queue: 30 à 50 cm
Gestation: Environ 130 jours
Nombre de petits par portée: 1
Longévité: Environ 14 ans en captivité.

Otolemur crassicaudatus monteiri – Aire de gestion de faune de Lupande – Zambie

1. Description, sous espèces et variantes géographiques:

1.1. Description:
Le galago à queue touffue appelé aussi galago à queue épaisse est un primate africain de la taille d’un chat ou d’un lapin.
Son pelage est gris argenté à gris brun sur le dessus et blanc au dessous. Il existe des sujets mélaniques (totalement noirs).
Il possède une longue queue touffue, plus longue que la tête et le corps.
Ses oreilles sont grandes, minces, rondes et il peut les replier en arrière.
Les poils des parties supérieures et de la queue sont fins et laineux.
Ses yeux sont grands, ronds et situés très en avant de la face.

Otolemur crassicaudatus monteiri – Aire de gestion de faune de Lupande – Zambie

1.2. Sous espèces et variantes géographiques:
Otolemur crassicaudatus crassicaudatusSouthern African Large-eared Galago, South African Thick-tailed Galago.
Otolemur crassicaudatus kirkiiTanganyika Large-eared Galago, Tanganyika Thick-tailed Galago.
Otolemur crassicaudatus monteiriMiombo Silver Galago, Silvery Greater Galago.

Otolemur crassicaudatus monteiri – Aire de gestion de faune de Lupande – Zambie

2. Comportement:
Le galago à queue touffue est strictement nocturne. Il est actif toute la nuit.
Essentiellement arboricole, il se déplace cependant au sol assez facilement contrairement aux autres espèces de galagos. Lors de ses déplacements au sol, le galago court à quatre pattes et peut aussi se déplacer par bonds comme un kangourou.
Il peut effectuer de grands bonds d’un arbre à un autre.
Il passe ses journées à dormir dans la végétation dense, dans des nids qu’il construit.
Il vit en groupe de 2 à 6 individus. Ceux-ci sont constitués essentiellement de femelles, mères et jeunes, sœurs, tantes, etc. les jeunes mâles sont écartés à la puberté. La recherche de nourriture se fait en solitaire.

Otolemur crassicaudatus monteiri – Aire de gestion de faune de Lupande – Zambie

Un mâle dominant gravite autour d’un groupe de femelles et s’informe régulièrement de leur réceptivité.
Ce primate pousse des cris puissants qui trahissent sa présence. En anglais, les galagos sont appelés aussi bushbabies en raison de ces cris qui peuvent rappeler ceux d’un bébé.
Le galago à queue épaisse marque son territoire avec des sécrétions de glandes mammaires et de l’urine. Il dépose de l’urine sur une de leurs mains et frotte celle-ci contre le pied et dépose ainsi leur trace olfactive lors de leurs déplacement.

Otolemur crassicaudatus monteiri – Aire de gestion de faune de Lupande – Zambie

3. Reproduction:
Les galagos atteignent leur maturité sexuelle vers 1 an.
Les affrontements entre mâles pour la possession des femelles peuvent être très violents.
Ces bushbabbies construisent des nids dans des arbres creux pour mettre bas et abriter les petits pendant les deux premières semaines.
Les jumeaux et triplés sont beaucoup plus fréquent que chez les autres primates.
Les nouveaux nés pèsent 50 à 70 g.
Les jeunes se déplacent sur le dos de leur mère.

4. Biologie anatomie:
Ces primates possèdent une vue, une ouïe et odorat très développés.
Leurs grands yeux sont parfaitement adaptés à la vision nocturne.

Otolemur crassicaudatus monteiri – Aire de gestion de faune de Lupande – Zambie

5. Régime alimentaire:
Omnivore : Fruits, graines, sève, résine, nectar, bourgeons, insectes, reptiles, oiseaux, œufs, fleurs,escargots, limaces, etc.

6. Prédateurs:
Aigles, genette et serpents.

7. Habitat, distribution et évolution de la répartition:
On trouve les galagos à queue touffue dans tous les types de forêts (savanes boisées, bois et forêts denses et sèches) ainsi qu’en montagne jusqu’à 3500 mètres.
Il fréquente aussi les jardins boisés en zones périurbaines.
Ce mammifère est plutôt abondant dans sa zone de répartition, avec une densité possible de 125 animaux au Km2.
Il est peu chassé par l’homme. La seule menace qui pèse sur le galago est la perte constante de son habitat.

Lien vers fiche IUCN.
Lien vers carte de répartition géographique IUCN.

8. Réserves où l’animal a été observé par l’auteur:
Pioneer camp près de Lusaka en Zambie
Zone de gestion de faune de Lupande, près de Mfuwe en Zambie

9. Interactions avec l’homme:
Sans objet.

10. Informations complémentaires:
Pas de données pour le moment.

11. Bibliographie:
– Breuil, M. Mayeur, J. P. Thille, F. 1998. Kenya – Tanzanie Le guide du safari – Faune et parcs, Editions Marcus
– Bearder, S.K. Svoboda, N.S. 2013. Mammals of Africa, Volume II, Primates, Editions Bloomsbury

12. Liens:
Otolemur crassicaudatus sur Wildsolutions.

Cercopithèque ascagne

Cercopithecus ascanius

Redtail Monkey, Redtailed Monkey, Black-cheeked white-nosed Monkey, Red-tailed Guenon

Ordre des Primates, Famille des Cercopithécidés, Genre Cercopithecus
Hauteur: 46 à 52 cm pour le mâle et de 34 à 48 cm pour la femelle.
Poids: 4,5 Kg pour le mâle et 3,5 Kg pour la femelle.
Longueur de la queue: 55 à 90 cm.
Gestation: Environ 6 mois (peu de données).
Nombre de petits par portée: 1
Longévité: 22 ans en captivité.

Cercopithèque ascagne de Schmidt – Parc national de Mahale – Tanzanie

1. Description, sous espèces et variantes géographiques:

1.1. Description:
Singe de taille petite à moyenne pourvu d’une longue queue de couleur orangée sur la moitié distale, la partie haute de celle-ci étant de la même couleur que le dos. L’extrémité de la queue est noire.
Les joues sont ornées de favoris blancs, les tempes sont blanches, la gorge et le menton blanc cassé.
Le cercopithèque ascagne possède une tache nasale de forme et de couleur variable suivant les sous espèces (blanc, beige, noir, bleu, orangé). Le visage est sombre avec des cernes bleues autour des yeux. Le reste du pelage est gris brun, les membres sont gris à noir, le ventre blanc.
Le mâle est plus grand que la femelle, c’est le seul dimorphisme sexuel.

1.2. Sous espèces et variantes géographiques:
5 sous espèces sont communément reconnues, mais la taxonomie de ces cercopithèques est complexe et en constante évolution.
Cercopithecus ascanius ascanius Angola red-tail (Angola et surtout RdC).
Cercopithecus ascanius atrinasus – Spectacled red-tail, cercopithèque ascagne à nez noir, (Nord Est Angola).
Cercopithecus ascanius katagae – Katanga red-tail (Sud RdC et Angola).
Cercopithecus ascanius schmïdti – Uganda red-tail, schmidt’s red-tailed Monkey, Cercopithèque ascagne de Schmidt (C’est la sous espèce qui a la plus grande aire de répartition, sur la rive droite du fleuve Congo, RdC, Uganda, Rwanda, Tanzanie, Kenya, Centrafrique et Sud Soudan).
C’est peut-être une espèce à part entière ? C’est en tout cas la sous espèce la plus étudiée (Kenya et Ouganda).
Cercopithecus ascanius whitesidei – Yellow nosed red-tail, Cercopithèque ascagne à nez orange (Congo central).

Cercopithèque ascagne de Schmidt – Parc national de Mahale – Tanzanie

2. Comportement:
Les cercopithèques ascagne sont des primates diurnes et arboricoles. Très agiles et très mobiles, ils sont principalement actifs tôt le matin (avant l’aube) et tard le soir (jusqu’à la tombée de la nuit).
Ils vivent en groupes de tailles variables, de 5 à 10 individus composés d’un mâle et de plusieurs femelles avec les jeunes. Il est possible d’observer plusieurs groupes rassemblés pour se nourrir ou se reposer dans de très grands arbres, si la nourriture y est très abondante, il peut y avoir jusqu’à une centaine d’individus.
Les mâles célibataires se regroupent également mais peuvent vivre en solitaire.
Chez les cercopithèques ascagne, la communication est assez complexe. Elle est à la fois visuelle (mouvement de sourcils, hochement de tête), chimique, tactile (toilettage réciproque) et sonore.
Ces primates émettent des petits cris d’alarme aigus semblables à des cris d’oiseaux.
Les groupes de cercopithèques ascagne sont parfois associés à d’autre primates comme les colobes bais, les mangabeys ou encore les cercopithèques à diadème.

Cercopithèque ascagne de Schmidt – Parc national de Mahale – Tanzanie

3. Reproduction:
Les ascagnes atteignent la maturité sexuelle vers 4 à 5 ans pour les femelles et vers 6 ans pour les mâles. Après une gestation d’environ 6 mois, la femelle donne naissance à un petit qui pèse environ 300 g.
Des accouplements entre cercopithèques ascagne et mittis auraient été observés (Stuart C et M).

4. Biologie et anatomie:
Ces cercopithèques ont été utilisés comme animaux de laboratoire.

5. Régime alimentaire:
Omnivore, environ 50 % frugivore et 25 % insectivore, le reste étant composé de fleurs, boutons floraux, feuilles et bourgeons, gomme et résine.
Par leur régime alimentaire, ces singes assurent la dispersion de nombreuses graines issues des fruits qu’ils consomment.

6. Prédateurs:
Chimpanzé, aigle couronné, léopard et l’homme.

7. Habitat, distribution et évolution de la répartition:
Ce cercopithèque vit dans la canopée de différents types de forêts (forêt de plaine et sub-montagnardes, forêts primaires et secondaires, forêts marécageuses, etc.).
Il est présent à des altitudes comprises entre 400 et 2500 mètres.

Les causes de sa disparition sont:
Bien que classé en « préoccupation mineure » les populations sont en diminution suite à la perte de leur habitat. Ils sont parfois chassés par l’homme pour la viande et suite à des incursions dans les cultures où ils consomment fruits, légumes ou maïs.

Lien vers fiche IUCN:

Lien vers carte de répartition géographique IUCN:

8. Réserves où l’animal a été observé par l’auteur:
Parc national de Mahale en Tanzanie.

9. Interactions avec l’homme:
Pillage de cultures.

10. Informations complémentaires:
Pas d’informations complémentaires pour le moment.

11. Bibliographie:
– Ouvrage collectif. 2014. Larger Mammals of Tanzania, Princeton University Press.
– Dorst, J. Dandelot, P. 1972 Guide des grands mammifères d’Afrique Delachaux et Niestlé.
– Stuart, C & M. 2009. Mammals of east Africa Truik Nature.
– Kingdon, J. 2006. Guide des mammifères d’Afrique, Delachaux et Niestlé.
– Kingdon, J. 2011. Field guide to African mammals, A&C Black.
– Cords, M. Sarmiento E.E. 2013. Mammals of Africa, Volune II, Primates, Bloomsbury.

12. Liens:
Animal Diversity Web – Cercopithecus ascanius.

Notes préliminaires sur l’écologie de cercopithecus ascagnus schmidti dans les environs de Bangui (R.C.A.).

Diet and polyspecific associations affect spatial patterns among redtail monkeys (cercopithecus ascanius).

The effects of logging on primate-habitat interactions: A case study of redtail monkeys (cercopithecus ascanius) in Kibale NationalPark, Uganda.

Interspecific and intraspecific variation in diet of two forest guenons, cercopithecus ascanius and c. mitis.

ZipcodeZoo – Cercopithecus ascanius.

Habitat preference and foraging behaviour in adult Red-tailed Monkeys (cercopithecus ascanius).

 

 

Colobe d’Ouganda

Piliocolobus tephrosceles

Ashy Red Colobus, Ugandan Red Colobus

Ordre des Primates, Famille des Cercopithécidés, Genre Piliocolobus
Hauteur: Environ 60 cm.
Poids: 10 Kg pour le mâle, 6 Kg pour la femelle.
Longueur de la queue: 70 cm.
Gestation: 5 à 6 mois.
Nombre de petits par portée: 1

Colobe d’Ouganda – Piliocolobus tephrosceles – Mahale – Tanzanie

1. Description, sous espèces et variantes géographiques:

1.1. Description:
Le colobe d’Ouganda (piliocolobus ou procolobus tephrosceles) est aussi appelé colobe rouge d’Ouganda est un primate de taille moyenne avec un pelage abondant de couleur variable. Le dos pouvant aller du brun au presque noir. Les faces intérieures des membres et le ventre étant de couleur crème. La face est grisâtre et le dessus de la tête roussâtre. La queue est brun foncé.

Colobe d’Ouganda – Piliocolobus tephrosceles – Mahale – Tanzanie

1.2. Sous espèces et variantes géographiques:
Autrefois considéré comme une des 6 à 10 sous espèces de colobe bai à tête rousse, le colobe d’Ouganda est considéré comme une espèce à part entière depuis 2001 (Groves).
Il est parfois encore désigné par certains auteurs comme Eastern Red Colobus – Procolobus rufomitratus tephroscele ou encore Procolobus badius tephroscele (la classification des colobes bais faisant encore débat).

Colobe d’Ouganda – Piliocolobus tephrosceles – Mahale – Tanzanie

2. Comportement:
Les colobes d’Ouganda sont des primates diurnes et arboricoles.
Ces colobes vivent en groupes de 5 à 80 individus avec une moyenne de 40 (45 à 50 à Kibale, 55 à 59 à Gombe). Ces groupes sont multi-mâles et multi-femelles avec plus de femelles que de mâles. Les groupes sont dirigés par un mâle dominant.
Les grands groupes se divisent pour partir en quête de nourriture.
Comme pour tous les primates grégaires, le toilettage est une activité sociale importante pour le colobe d’Ouganda. Il s’associe fréquemment à d’autres primates, principalement avec le cercopithèque ascagne et quelquefois avec le cercopithèque mitis. Cette association lui est bénéfique vis à vis de la veille contre les prédateurs.

Colobe d’Ouganda – Piliocolobus tephrosceles – Mahale – Tanzanie

3. Reproduction:
Maturité sexuelle vers 5 ans pour le mâle et entre 4 et 5 ans pour la femelle.
La femelle met au monde un seul petit après 5 à 6 mois de gestation.

4. Biologie et anatomie:
Pas de données particulières pour le moment.

5. Régime alimentaire:
Le colobe d’Ouganda est essentiellement folivore. Il consomme également des graines, des bourgeons, des fruits et des écorces.

6. Prédateurs:
Principalement les chimpanzés, mais aussi l’aigle couronné pour les juvéniles.

7. Habitat, distribution et évolution de la répartition:
La distribution de ce colobe est très limitée. Il n’est présent que dans 5 zones forestières réparties en Ouganda et en Tanzanie. Parc de Kibale et une zone au Sud Ouest du Lac Victoria pour l’Ouganda. Parcs de Mahale et de Gombe ainsi que le plateau d’Ufipa en Tanzanie. Ce primate est classé en danger par l’IUCN à cause de populations très fragmentées et donc isolées les unes des autres.
On rencontre ce colobe jusqu’à des altitudes de 2400 mètres.

Les causes de sa disparition sont:
La perte de son habitat et la chasse pratiquée hors des zones protégées (déforestation au profit de zones agricoles, fabrication du charbon de bois, exploitations forestières).
La prédation importante par les chimpanzés (à Gombe, la population a chuté de – 50 % en 25 ans et est en route vers l’extinction car 16 à 40 % des colobes d’Ouganda sont tués chaque année par les chimpanzés).

Lien vers fiche IUCN:

Lien vers carte de répartition géographique IUCN:

8. Réserves où l’animal a été observé par l’auteur:
Parc national de Mahale en Tanzanie.

9. Interactions avec l’homme:
Pas de données particulières.

10. Informations complémentaires:
Aucune informations complémentaires à ce jour.

11. Bibliographie:
– Stuart, C & M. 2016. Guide photo des grands mammifères d’Afrique, Delachaux et Niestlé.
– Struhsaker, T. T. Grub, P. 2013. Mammals of Africa Volume II, Primates, Bloomsbury.
– Kingdon, J. 2006. Guide des mammifères d’Afrique, Delachaux et Niestlé.
– Ouvrage collectif, 2014. A field guide to the Larger Mammals of Tanzania, Princeton University Press.

12. Liens:
Crop-raid of the Ashy Red Colobus (piliocolobus tephrosceles) and Crop-Raiding in a Forest-Farm Mosaic, Mbuzi, Rukwa Region, Tanzania.

Census and Conservation Assessment ofthe Red Colobus (Procolobus rufomitratus tephrosceles) on the Ufipa Plateau, Southwest Tanzania.

Ugandan Chimpanzees May Be Hunting Red Colobus Monkey into Extinction.

 

 

Potamochère du Cap

Potamochoerus larvatus

Bush Pig

Ordre des Cetartiodactyles, Famille des Suidés, Genre Potamochoerus
Hauteur au garrot: 55 à 100 cm.
Poids: 55 à 105 Kg pour le mâle, 45 à85 Kg pour la femelle.
Longueur du corps: 1,0 à 1,7 m.
Longueur de la queue: 30 à 45 cm.
Gestation: Environ 120 jours.
Nombre de petits par portée: Couramment 3 à 4, jusqu’à 8.
Longévité: 15 ans environ.

Potamochère du Cap – P.l. hassama – Parc de Mahale – Tanzanie

1. Description, sous espèce et variantes géographiques:

1.1. Description:
Le potamochère du Cap possède une silhouette proche de celle du sanglier. C’est un animal massif et court sur pattes.
Son corps est poilu, sa tête est allongée et il possède des touffes de poils à l’extrémité de ses oreilles. Une crinière de poils longs et plus clairs que ceux du reste du corps est présente sur son dos.
Sur la face, les variations de couleur de pelage dessinent une sorte de masque facial.
La coloration du pelage est variable suivant les sous espèces, les individus et l’âge.
Les jeunes portent des rayures pales jaunâtres sur fond brun. Entre trois et six mois, le pelage du jeune perd ses rayures et devient brun roux. Avec l’âge les adultes deviennent gris foncé à noir.
En dehors de l’écart de taille, les différences entre mâles et femelles sont situées au niveau de la face qui comporte chez le mâle 3 paires de structures verruqueuses (protubérances et callosités).


Potamochères du Cap – P.l. hassama – Parc de Mahale – Tanzanie

1.2. Sous espèces et variantes géographiques:
2 sous espèces sont communément reconnues.
Potamochoerus larvatus hassama. Eastern Bushpig ou White-faced Bushpig. Afrique de l’Est.
Potamochoerus larvatus koiropotamus. Southern Bushpig. Afrique Australe.

Hybridation possible avec Potamochoerus porcus dans les régions du Sud et du Sud-Est du Congo (RDC).

2. Comportement:
Le potamochère est principalement nocturne mais aussi parfois diurne en période fraîche et s’il n’est pas dérangé.
C’est un animal grégaire qui vit en groupes familiaux de 4 à 15 individus, composés généralement d’un couple dominant accompagné de truies et de jeunes d’une ou deux générations. On peut observer occasionnellement des groupes jusqu’à 30 individus.
On rencontre également des groupes d’immatures ainsi que des verrats solitaires.
Le potamochère du Cap s’est adapté aux zones agricoles et à la présence de l’homme.
Il vient se nourrir dans les cultures en provoquant des dégâts importants.
Comme le sanglier, c’est un bon nageur.
Il aime se vautrer dans la boue pour se refroidir et se déparasiter.
Ce suidé est plus agressif que le phacochère. Les mâles utilisent les callosités et les protubérances osseuses situées sur leur face pour les combats tête à tête. Ceux-ci sont appelés « snout-boxing ». Des cris et des rugissements accompagnent les combats dans lesquels un des adversaires peut être parfois mortellement blessé ou tué.
Le potamochère utilise une communication vocale variée, avec des cris, des grognements et des ronflements.
Les mâles signalent leur présence et leur rang en se frottant aux arbres et en marquant l’écorce de ceux-ci avec leurs défenses.

3. Reproduction:
Les femelles atteignent leur maturité sexuelle vers 18 mois (16 à 20 mois).
Mâle et femelle front contre front peut être un préliminaire à l’accouplement.
Pour la mise bas, les potamochères font des nids dans les fourrés épais et peuvent aussi construire des nids d’herbes entassées sur près de 3 m de large et 1 m de haut ressemblant à de petites meules de foin. Ils creusent ensuite dedans pour mettre les petits à l’abris.
La femelle donne naissance à 3 ou 4 petits, parfois jusqu’à 8. Ces derniers pèsent environ 750 g à la naissance (600 à 1Kg).
La femelle possède 3 paires de mamelles, les jeunes sont sevrés vers l’âge de 3 mois. Ils ne quittent pas le nid pendant les 15 premiers jours.

4. Biologie et anatomie:
Chez le potamochère, l’ouïe et l’odorat sont très développés mais la vue est médiocre.
Contrairement au phacochère, les défenses sont à peines visibles. Elles mesurent environ 7 cm de long et dépassent à peine sur les côtés de la tête.
Grace à des muscles et des tendons puissants, ses narines se referment lorsqu’il fouille le sol.
Il dispose de nombreuses glandes odoriférantes situées à différents endroits du corps (poches près des défenses, glandes aux pieds, au niveau du pénis, au menton, au cou dans la crinière, glandes anales).

Pattes antérieures du potamochère du Cap

5. Régime alimentaire:

Potamochère du Cap se nourrissant de déchets alimentaires
Parc national de Mahale – Tanzanie

Le potamochère du Cap est un omnivore avec une grande part végétarienne.
Il détecte sa nourriture principalement à l’odeur.
Avec son groin, il fouille le sol pour déterrer bulbes, rhizomes et tubercules.
Il consomme aussi des fruits, des champignons, des œufs, des larves, des coléoptères, des escargots, des petits oiseaux et petits mammiferes. Il est occasionnellement charognard et coprophage. Il n’hésite pas à entrer dans l’eau pour atteindre des plantes aquatiques.
Son régime alimentaire varie en fonction des saisons et de la ressource dans sa zone géographique.

Excréments du potamochère.

6. Prédateurs:
Principalement lion, léopard et l’homme.
A Gombe (Tanzanie) des cas de prédations par des chimpanzés robustes ont été enregistrés.

7. Habitat, distribution et évolution de la répartition:
Son habitat est très varié, mais il préfère toujours les milieux couverts et denses.
Il vit à des altitudes très variables, depuis le niveau de la mer jusqu’à 3000 mètres (Forêt d’Harenna en Ethiopie) et même 4000 mètres (Mont Kilimanjaro au Kenya).
Il a été introduit à Madagascar et aux Comores.

Les causes de sa disparition sont:

La chasse pour sa chair (viande de brousse) ou par ce qu’il provoque des dégâts importants dans les cultures.

Lien vers fiche IUCN:

Lien vers carte de répartition géographique IUCN:

8. Réserves où l’animal a été observé par l’auteur:
Parc national de Mahale en Tanzanie.

9. Interactions avec l’homme:
Destruction des cultures par le potamochère et chasse de représailles par l’homme.

10. Informations complémentaires:
Aucune information complémentaires pour le moment.

11. Bibliographie:
– Estes, R. D. 2012. The behavior guide to African Mammals, University of California Press.
– Stuart, C. et M. 2016. Guide photo des grands mammifères d’Afrique, Delachaux et Niestlé.
– Apps, P. 2000. Smithers’ Mammals of Southern Africa, A Field Guide, Struik Nature.
– Carnaby, T. 2014. Beat about the bush, Jacana Media.
– Seydack, A.H.W. 2013. Mammals of Africa Volume VI, Bloomsbury.

12. Liens:
Potamochoerus larvatus sur Animal Diversity Web

Abondance du potamochère (potamochoerus larvatus) dans les savanes du Nord-Ouest de Madagascar.

Les Suidés

Les Suidés (Suidae) ou porcins désigne une famille de mammifères artiodactyles dont les caractéristiques communes sont d’avoir:
– Des canines développées.
– Des pattes terminées par quatre onglons.

Les suidés se retrouvent en Eurasie et en Afrique.

Pour l’Afrique, la famille des suidés comprends 3 tribus, 4 genres et 6 espèces.

Classement zoologique des suidés africains:
Ordre: Artiodactyles (Cétartiodactyles).
Sous-Ordre: Suine (Suina)
Famille: Suidés (Suidae) Porcins.
Sous-Famille: Suinés (Suinae).

Tribu Genre Espèce
Phacochoerini Phacochoerus Phacochoerus africanus
Phacochère commun
Phacochoerus aethiopicus
Phacochère du désert

Phacochère communPhacochoerus africanus

Tribu Genre Espèce
Potamochoerini Hylochoerus Hylochoerus meinertzhageni
Hylochère
Potamochoerus Potamochoerus larvatus
Potamochère du Cap
Potamochoerus porcus
Potamochère roux

Potamochère du CapPotamochoerus larvatus

Potamochère roux ou porc à pinceauxPotamochoerus porcus

Tribu Genre Espèce
Suini Sus Sus scrofa
Sanglier d’Eurasie

Lien vers le site des spécialistes des cochons sauvages de l’IUCN.

Cobe des roseaux

Redunca arundinum

Common reedbuck, Southern reedbuck

Ordre des Cetartiodactyles, Famille des Bovidés, Genre Redunca
Hauteur au garrot: 65 à 105 cm
Poids: En moyenne 70 Kg pour le mâle et 50 Kg pour la femelle.
Longueur du corps: 130 à 160 cm pour le mâle et 120 à 140 cm pour la femelle.
Longueur de la queue: Environ 25 cm
Gestation: Environ 7,5 mois
Nombre de petits par portée: 1
Longévité: 16 ans en captivité, de 10 à 12 ans à l’état sauvage.

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

1. Description, sous-espèces et variantes géographiques:
Le cobe des roseaux porte mal son nom puisque il ne s’agit pas d’un cobe mais d’un redunca.
Le nom qui conviendrait le mieux serait redunca commun, par opposition aux deux autres redunca qui sont le redunca bohor et le redunca de montagne. Certains auteurs l’affuble du nom de «grand cobe des roseaux» par opposition au redunca bohor appelé aussi Nagor qui est baptisé toujours à tort par les mêmes auteurs «cobe des roseaux».
Ces confusions sont issues de mauvaises appellations dans des ouvrages traduits de l’anglais.

1.1. Description:
C’est le plus grand des trois reduncas.
Son pelage est fin, court, uniforme, presque laineux.
La couleur du corps varie du fauve au grisâtre, la tête, le cou ainsi que le ventre sont légèrement plus clairs. Les jeunes sont plus clairs que les adultes.
(Des cas d’albinisme et de mélanisme ont été observés).
Ses oreilles sont larges, arrondies, poilues et blanches à l’intérieur.
La queue est assez courte, touffue et blanche sur le dessous.
Des bandes noires se distinguent (pas toujours) sur le devant des membres antérieurs.

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

Redunca arundinum arundinum femelle – Moremi game reserve – Botswana

Seul le mâle porte des cornes. Celles-ci sont annelées sur la moitié inférieure, courbées en arrière avec un léger retour vers l’avant près de la pointe. Elles sont plus ou moins divergentes. Leur longueur est en moyenne d’une trentaine de cm et peuvent atteindre 45 cm.
Elles commencent à pousser vers l’age de 6 mois.
Les cornes du cobe des roseaux permettent de ne pas confondre cette espèce avec les deux autres réduncas (Bohor et de montagne) qui ont des cornes plus courtes et en forme de crochets orientés vers l’avant.
Sous chaque oreille le cobe des roseaux porte un patch de peau nue, il s’agit de glandes sub-auriculaires. Celles-ci sont de couleur claire mais deviennent foncées lorsqu’elles sont stimulées.

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

1.2. Sous espèces et variantes géographiques:
2 sous espèces.
Redunca arundinum arundinum au Sud du Zambèze.
Redunca arundinum occidentalis en Afrique Tropicale.

2. Comportement:
Ce bovidé est plutôt nocturne en saison humide mais est actif le jour en saison sèche.
Il vit seul, en couple ou en famille avec les jeunes. On observe rarement plus de six individus, sauf en saison sèche où des groupes d’une vingtaine de reduncas peuvent être observés.

Couple de reduncas arundinum arundinum – Moremi game reserve – Botswana

Le cobe des roseaux est plutôt difficile à rencontrer en pleine journée car il aime se coucher dans les hautes herbes.

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

Il est sédentaire et il n’aime pas se mélanger avec d’autres espèces.
Il marque la périphérie de son territoire par des dépôts de fèces et d’urine.
Bien que vivant toujours près de l’eau, il répugne à s’y engager.
En cas de danger, le redunca émet par le nez un sifflement d’alarme aigu.
Dans le fuite, en courant, il émet une sorte de cliquetis et se déplace en effectuant des mouvements rappelant ceux d’un cheval à bascule. Après quelques bonds, il stoppe sa course pour regarder en arrière.

Redunca arundinum occidentalis femelleParc national de Liuwa plainZambie

3. Reproduction:
Le redunca commun atteint la maturité sexuelle vers 2 ans pour les femelles et 3 ans pour les mâles.
Après une gestation de 200 jours environ la femelle donne naissance à un petit qui pèse environ 4,5 Kg.
Le jeune reste caché pendant les six à huit premières semaines voire deux mois, couché dans les hautes herbes épaisses. La femelle revient vers lui quelques fois par jour pour l’allaiter.
Durant cette période, le jeune est déplacé régulièrement.
Il est sevré au bout d’environ1 an, âge à partir duquel il devient indépendant.

4. Biologie et anatomie:
Toutes les fonctions des glandes sub-auriculaires ne sont pas clairement déterminées. Les mâles s’en servent notamment pour marquer leur territoire sur la végétation.

5. Régime alimentaire:
Essentiellement herbivore, il consomme principalement des graminées.
Il mange cependant des feuilles en fin de saison sèche lorsque la qualité des herbes est médiocre. Ils aiment s’alimenter dans les zones de brûlis.
Il est dépendant de l’eau et doit boire chaque jour.

6. Prédateurs:
Ses principaux prédateurs sont les grands félins, lions, léopards, guépards et la hyène tachetée. Ils sont aussi prédatés par les lycaons, les servals et parfois les crocodiles. Le chacal ainsi que les aigles et les pythons sont des prédateurs pour les jeunes.

7._ Habitat, distribution et évolution de la répartition:
Le cobe des roseaux vit dans les zones de hautes herbes et de roseaux à proximité d’étendues d’eau permanentes (marais, zones humides, plaines inondables ou étangs).

Redunca arundinum arundinum mâle – Moremi game reserve – Botswana

Redunca arundinum arundinum femelle – Moremi game reserve – Botswana

En général, il évite les zones trop découvertes et les forêts. La présence de l’eau lui est indispensable.
Des populations de Cobes des roseaux ont été introduites dans le Nord de la Namibie sur des terres privées en dehors de la zone de répartition historique de l’animal.

Les causes de sa disparition sont:
Le braconnage. Autrefois très présent dans les savanes du Sud du Congo, il en a maintenant quasiment disparu suite à la pression excessive de la chasse illégale, du braconnage et du commerce de viande de brousse.

Lien vers fiche IUCN.

Lien vers carte de répartition géographique IUCN.

8. Réserves où l’animal a été observé par l’auteur:
Parc national de Liuwa Plain en Zambie.
Moremi Game Reserve au Botswana.

9. Interactions avec l’homme:
Pas d’interaction particulière connue.

10. Informations complémentaires:

10.1.  Origine du nom:
Comme évoqué au paragraphe 1, le nom de ce mammifère pose problème.
En effet dans la littérature et sur internet, on trouve tout et n’importe quoi.
Premièrement, le cobe des roseaux n’est donc pas un cobe, c’est un rédunca (redunca arundinum).
Suivant les ouvrages, le plus souvent traduits de l’anglais on lui trouve les noms de Cobe des roseaux, grand cobe des roseaux, rédunca, rédunca commun.
Même des documents de références donnent des noms erronés et fantaisistes comme par exemple la fiche IUCN ou encore l’encyclopédie Mammals of Africa qui le baptise redunca grande !
Le deuxième problème vient du fait que l’on retrouve le même soucis de nomination pour le redunca bohor (redunca redunca). Lui aussi est parfois nommé cobe des roseaux, redunca, nagor ou encore redunca bohor.
Ceci provoque une confusion dans la dénomination de ces deux espèces.
Si je prends en compte des ouvrages sérieux en langue française comme, Les antilopes d’Afrique par P.J. Corson 2004, le Guide des grands mammifères d’Afrique par J. Dorst 1972 et Kenya, Tanzanie, le guide du safari, faune et parcs par M. Breuil, J.P. Mayeur et F. Thille 1998, tous sont d’accord pour désigner le redunca arundinum comme cobe des roseaux. Le dernier ouvrage propose l’appelation redunca commun.
Celle-ci est tout à fait adaptée et homogène avec la dénomination anglophone qui est common reedbuck ou southern reedbuck.

10.2. Origine/espèces fossiles:
Pas de données pour le moment.

10.3. Les cobes des roseaux à travers l’histoire:
Pas de données pour le moment.

10.4. Iconographie:
Non traité pour le moment.

11. Bibliographie:
Kingdon, J. & Hoffman, M. 2013. Volume VI Mammals of Africa Bloomsbury.
Castello, J.R. 2016. Bovids of the World Princeton University Press.
Dorst, J. et Dandelot, P. 1972. Guide des grands mammifères d’Afrique Delachaux & Niestlé.
Frost, W. 2014. The Antelope of Africa Jacana Media.

12. Liens:
Animal Diversity Web – Redunca arundinum – Southern reedbuck

 

Oryctérope

Orycteropus afer

Aardvark, Antbear

Ordre des Tubulidentés, Famille des Oryctéropidés, Genre Orycteropus
Hauteur au garrot: 50 à 60 cm
Poids: 40 à 80 Kg
Longueur du corps: 140 à 180 cm
Longueur de la queue: 45 à 60 cm
Gestation: Environ 7 mois
Nombre de petits par portée: 1 (rarement 2)
Longévité: 18 à 24 ans en captivité

Oryctérope – Parc national de Nxai Pan – Botswana

1. Description, sous espèces et variantes géographiques:

1.1 Description:
L’oryctérope ou oryctérope du cap ou encore cochon de terre est seul à faire partie de l’ordre des tubulidentés.
Il possède une silhouette atypique et de ce fait, il ne peut être confondu avec aucun autre mammifère africain. Il ressemble à un porc croisé avec un kangourou !
Animal assez commun en Afrique subsaharienne mais dont les observations sont rares du fait de ses mœurs très nocturnes.

L’oryctérope est massif, avec un dos voûté, une tête conique, allongée, surmontée par de longues oreilles, mobiles et pointues. Il est doté d’un long groin tubulaire et flexible dont les narines sont entourées de poils très serrés. La tête semble petite en proportion du corps.
Son corps porté par des membres courts et musclés est terminé par une queue conique épaisse à la base. Celle-ci également très musclée sert d’appui à l’animal.
Ses membres puissants sont terminés par des doigts prolongés par de grosses griffes droites (4 pour les pattes antérieures et 5 pour les pattes postérieures).
L’animal est muni d’une peau épaisse de couleur gris-rose à gris-brun. Celle-ci est recouverte de rares poils (soies) grossiers et clairsemés qui sont plus foncés sur les pattes et la queue.
Les jeunes sont plus velus que les sujets âgés.
Le dimorphisme sexuel est quasi inexistant. Le mâle possède des testicules inguinaux et sous cutanés.
C’est un animal qui joue un rôle très important pour l’écologie de la savane en limitant la prolifération des termites et en fournissant un habitat pour un grand nombre d’animaux avec ses terriers abandonnés.
Il assure aussi à lui seul la reproduction d’une espèce de cucurbitacée (melon de terre «cucumis humifructus») dont il mange les fruits souterrains et en assure la fertilisation et le semis des graines par ses excréments (Les pépins passent intacts au travers du système digestif).

1.2 Sous espèces et variantes géographiques:
Certains auteurs annoncent 18 sous espèces. Ceci n’est pas établi officiellement faute d’études sérieuses. Il existe cependant suivant les populations, des variations notables au niveau des proportions du museau, de taille de l’animal et de la couleur.

2. Comportement:
L’oryctérope est un mammifère nocturne voire crépusculaire très discret.
Il est très rarement visible le jour, toutefois en Afrique Australe pendant l’hiver, il peut être actif en début ou en fin de journée car au plus froid de la nuit ses principales proies se réfugient plus profondément dans les termitières. Il peut aussi être actif de jour en cas de sécheresse extrême.
Timide et craintif, il passe ses journées à dormir au fond de son terrier et part en quête de nourriture 1 à 2 heures après le crépuscule.
C’est un animal semi sédentaire qui peut se déplacer en fonction de l’abondance des termites.
Il est principalement solitaire mais il est possible de rencontrer une femelle et son jeune.
L’oryctérope est digitigrade.
Ses déplacements sont normalement lents, mais en cas de danger l’oryctérope est capable de fuir très rapidement (40 km/h).
En cas d’agression, la stratégie adoptée est la fuite pour se réfugier dans son terrier.
Il est également capable de s’enfouir très rapidement dans le sol (1 mètre de galerie creusé en 5 mn).
Si il est acculé, il fait face et se défend avec ses puissantes griffes et sa queue musclée.
L’oryctérope produit des grognements, il émet également des sortes de bêlements lorsqu’il est effrayé.

3. Reproduction:
L’oryctérope est polygame, les couples ne se forment qu’au moment de l’accouplement.
La maturité sexuelle est atteinte vers l’âge de 2 ans.
Les nouveaux nés pèsent environ 2 Kg , ils sont allaités par la mère qui possède 2 paires de mamelles (2 inguinales et 2 abdominales).
Sevrés vers l’âge de 4 mois environ, ils commencent à consommer de la nourriture à partir de 14 semaines.
Le jeune reste au terrier pendant les deux ou trois premières semaines de sa vie et commence à acquérir son indépendance vers l’âge de 6 mois.

4. Biologie et anatomie:
La vue de l’oryctérope est mauvaise mais son ouïe et son odorat sont très développés.
C’est principalement ce dernier qui est utilisé pour la quête de nourriture.
L’oryctérope a la possibilité d’obturer ses narines et ses oreilles notamment pour se protéger de l’agression des « soldats termites » et aussi lorsqu’il creuse son terrier ou une termitière.
Ses narines sont également protégées de la poussière par la présence de poils faisant office de filtre.
Une des grandes particularité de cet animal c’est qu’il ne possède que des prémolaires (8) et des molaires (12).
Elles sont composées de 1000 à 1500 petits tubes en ivoire, elles n’ont pas de racines elles sont dépourvues  d’émail et poussent en continu.
C’est cette forme tubulaire des dents qui est à l’origine du nom de son ordre zoologique des tubulidentés.
L’oryctérope utilise peu ses dents pour mastiquer, la majeur partie des aliments sont broyés dans la région pylorique de son estomac.
Il possède une langue vermiforme longue d’une trentaine de centimètres, celle-ci est enduite d’une salive visqueuse.
Le crâne de l’oryctérope est de forme allongée et vaguement tubulaire. Il en est de même chez les espèces fossiles, car c’est une des caractéristiques de tous les tubulidentés.

Photo : From the collections of Skulls Unlimited International (Wikimedia Commons).

5. Régime alimentaire:
L’oryctérope consomme principalement des termites qu’il récolte en surface ou en éventrant des termitières à l’aide de ses grosses griffes puissantes.
Lorsqu’il est en quête de nourriture, l’oryctérope se déplace le nez près du sol, cela lui permet de repérer à l’odorat les colonnes de termites progressant au sol.
On estime qu’il en consomme près de 50.000 par nuit, pour cela il se déplace de termitière en termitière pouvant ainsi parcourir entre quinze et trente kilomètres.
Il les collecte avec sa longue langue (d’environ 30 cm) enduite d’une salive visqueuse.
Il consomme également des fourmis ainsi que des larves de coléoptères, voire des sauterelles et autres insectes en cas de besoin.
La prépondérance de la consommation de fourmis ou de termites varie en fonction de la période. Plus de fourmis en saison sèche, plus de termites en saison humide. Son régime alimentaire varie également en fonction de la zone géographique et de l’abondance relative entre fourmis et termites.
Quelques fruits et cucurbitacées comme le melon ou concombre de terre (cucumis humifructus surnommé en anglais «aardvark cucumber» ou encore «aardvark pumpkin») font occasionnellement partie de son menu, il y trouve l’eau nécessaire à son hydratation en période sèche.
Lorsqu’une termitière est visitée, l’animal n’y revient en général pas avant une semaine, temps nécessaire aux termites pour reconstituer l’édifice.
Ses excréments sont en forme d’olive ou oblongs, ils mesurent de 2 à 4 cm et sont de couleur claire. Ils sont très denses et compacts, ils contiennent du sable ainsi que des parties indigestes comme les têtes de fourmis et de termites.
Lors de leurs production, ils sont déposés non loin du terrier dans un petit trou d’environ 10 cm de profondeur et soigneusement recouverts de terre.

6. Prédateurs:
Principalement la hyène tachetée et l’homme, mais aussi lion, léopard, guépard, lycaon, gros pythons.

7. Habitat, distribution et évolution de la répartition:
L’oryctérope est présent dans une très grande partie de l’Afrique Sub-Saharienne.
On le trouve principalement dans les savanes sèches et les forêts claires.
Il apprécie les zones dégagées aux sols sableux ou argileux où il peut aisément creuser ses terriers.
Il vit là où il y a des termitières et évite les sols trop durs et les zones inondables.
L’oryctérope dispose de plusieurs sortes de terriers.
– Des provisoires, creusés pour abriter l’animal surpris par le lever du jour et le protéger du soleil et de la chaleur, ils font quelques mètres de long au maximum.
– Des terriers principaux qui peuvent descendre jusqu’à 3 mètres sous terre voire 6 m si le sol est assez meuble. Ils sont constitués d’un réseau de galeries de 40 à 50 cm de diamètre, inclinées et pouvant mesurer plusieurs dizaine de mètres de long.
Une ou plusieurs chambres sphériques complètent ces abris qui peuvent compter plusieurs entrées.
Les terriers occupés sont obstrués par un amas de terre avec uniquement un trou laissé pour l’aération. Un terrier habité peut être caractérisé par la présence de nombreuses petite mouches sur les parois ombragées à l’entrée de celui-ci.
Les terriers abandonnés sont largement réutilisés par de nombreux animaux.
En premier lieu les phacochères, mais aussi les hyènes, chacals, lycaons, porc-épics, civettes, genettes, protèles, chats sauvages et chauves-souris pour les mammifères. Les autres espèces utilisant les terriers sont certains reptiles comme les varans et des oiseaux comme certaines chouettes et les hirondelles bleues qui y construisent leur nid.

Les causes de sa disparition sont:
Le réchauffement climatique entrainant la disparition des termites de certaines zones géographiques (Afrique du Sud) et donc de sa principale ressource alimentaire.
– L’homme par le braconnage pour sa chair appréciée pour sa viande riche en graisse et des parties du corps utilisées en médecine traditionnelle et en pratiques animistes.
Les dents et les griffes sont utilisées comme porte bonheur, le nez et les griffes sont censées posséder un grand pouvoir.
En Afrique de l’Ouest, la «main droite» de l’oryctérope est utilisée pour repousser les mauvais sorts.

Lien vers fiche IUCN:

Lien vers carte de répartition géographique IUCN:

8. Réserves où l’animal a été observé par l’auteur:
Parc national de Nxai Pan au Botswana.

9. Interactions avec l’homme:
Par le creusement de ses terriers et le fouissage lors de la recherche de nourriture, l’oryctérope peut causer des dégâts dans les zones cultivées ainsi que dans les digues. De ce fait il fait l’objet de représailles de la part des populations concernées.

10. Informations complémentaires:

10.1 Origine du nom:
Le nom oryctérope vient du grec, oruktêr «qui creuse» et ôps «apparence».
Le nom aardvark communément utilisé par les anglophones est le nom Afrikaans qui signifie «cochon de terre». En Afrikaans, il existe également la variante Erdvark.
Le nom anglais est antbear, nom trompeur et dont l’origine n’est pas connue.

10.2 Origine/espèces fossiles:
L’oryctérope semble être un fossile vivant car il n’a pas ou peu évolué depuis 22 millions d’années, il est assez peu différent des fossiles retrouvés datant du Miocène.
Cet animal est probablement d’origine africaine, mais des formes fossiles ont été identifiées en Eurasie et à Madagascar.

10.3 L’oryctérope à travers l’histoire:
L’oryctérope fut décrit pour la première fois en 1766 par le zoologiste allemand Peter Simon Pallas.

10.4 Iconographie:

Wikimedia Common/Archive Pearson Scott Foresman

Gravure ancienne représentant des oryctéropes

L’oryctérope est largement représenté sur de nombreux timbres poste.

11. Bibliographie:
– Stuart, C. & M. 2015. Stuart’s Field Guide to Mammals of Southern Africa, Struik Nature.
– Breuil, M. Mayeur, J.P. Thile, F. 1998. Kenya Tanzanie Le guide du safari Faune et parcs, Editions MARCUS.
– Lamarque, F. 2004. Les Grands Mammifères du Complexe WAP, ECOPAS.
– Dorst, J. & Dandelot, P. 1972. Guide des grands mammifères d’Afrique, Delachaux & Niestlé
Kingdon, J. 2006. Guide des mammifères d’Afrique, Delachaux et Niestlé.
Kingdon, J. 2011. The Kingdon Field Guide to African Mammals, A&C Black Publishers.
– Dabonneville, C. 2017. L’oryctérope, clé de voute de la savane africaine, Revue Espèces N°26.
– Simfukwe, H. 2017. The Aardvark : The awesome animal nicknamed « Bush Excavator », in The Eye – Malawi.
– Carnaby, T. 2010. Beat about the bush – Mammals, Jacana Media.
– Taylor, A. Lehmann, T. 2013. Mammals of Africa – Volume 1, Bloomsbury Publishing.

12. Liens:
Lien vers fiche Aardvark – Orycteropus afer
Lien vers fiche Animal Diversity Web

 

Animations & Conférences

L’association Mammiferesafricains.org vous propose d’organiser des animations/conférences autour du thème des mammifères d’Afrique.

Celles-ci s’adressent à un public d’adultes et d’adolescents.

La durée de ces animations est modulable en fonction de vos souhaits.
(minimum 1h30).
Ces animations peuvent êtres suivies d’un échange de questions/réponses.

Le contenu et les thèmes abordés sont eux aussi modulables.

Le déroulement standard proposé est le suivant:
– Projection de photographies de mammifères d’Afrique pour présenter les différentes espèces. (environ 1/2 heure)
– Projection sur la base d’un document type « Powerpoint » contenant des données sur les évolutions des populations de mammifère en Afrique, le braconnage et les trafics d’animaux. (1/2 heure)
– Questions/Réponses. (1/2 heure)

Ces conférences animations peuvent être proposées en complément d’une exposition pédagogique.

Sujets possibles:
– Les mammifères d’Afrique (espèces, caractéristiques, comportements, etc.).
– Côtoyer la faune sauvage.
– Braconnage, trafic, chasse.
– Démographie humaine et conséquences.
– Conséquences des exploitations pétrolières, minières et des monocultures.
– Tourisme (impact, comment voyager en Afrique, etc.)

Expositions pédagogiques

Vous trouverez ci-dessous un aperçu des photographies disponibles pour des expositions pédagogiques dans le cadre d’une prestation de l’association Mammiferesafricains.org.

Toutes les photos représentent des animaux libres et sauvages, elles ont été prises dans des parcs nationaux de différents pays d’Afrique.

Ces photographies au format 40 x 60 cm collées sur Alu-Dibond et montées en caisses américaines sont prêtes à être accrochées sur vos cimaises.

Ces images sont accompagnées de fiches descriptives des espèces présentées (voir modèle en fin d’article) ainsi que divers textes à propos de la faune et du braconnage.

A ces expositions, il est possible d’associer des animations ou visites guidées.
Elles peuvent aussi être complétées par des conférences au sommaire modulable en fonction de vos souhaits.

Pour toute demande de renseignements complémentaires en vue d’organiser une exposition, merci de nous contacter par mail à l’aderesse contact@mammiferesafricains.org

Bubale de Swayne – Ethiopie

Bouquetin d’Abyssinie – Ethiopie

Maki Catta – Madagascar

Nyala de Montagne – Ethiopie

Chacal à chabraque – Tanzanie

Hippopotame amphibie – Tanzanie

Jeunes lycaons – Zambie

Lions – Tanzanie

Guépard – Botswana

Cobe Lechwe noir – Zambie

Phacochère commun – Zambie

Puku – Zambie

Hyène tachetée – Botswana

Eléphant de Savane – Tanzanie

Zèbres des plaines – Tanzanie

Cercopithèque à diadème – Tanzanie

Lion – Cecil – Zimbabwe

Leopard – Zambie

Chimpanzé – Tanzanie

Ci-dessous, exemple de fiche d’informations associée à chacune des photographies exposées (format 14,5 x 20,5 cm).

 

Girafe de Kordofan

Giraffa camelopardalis antiquorum

Kordofan Giraffe

Réserves où l’animal a été observé par l’auteur: Zoo de Paris, Bioparc – zoo de Doué la Fontaine.

Cette sous sous espèce appelée aussi girafe d’Afrique Centrale est présente dans le Nord du Cameroun, dans le Sud du Tchad, en République Centre Africaine, dans l’Ouest du Sud Soudan et au Nord Est de la RDC dans le PN de Garamba.
Suite aux analyses génétiques dont les résultats ont été publiés en septembre 2016 la girafe de Kordofan est maintenant considérée comme une des trois sous espèce de la girafe Nordique , Giraffa camelopardalis.
En 2016, la population de girafes de Kordofan était estimée à 2.000 individus. (46 spécimens recensées en 2017 dans le parc national de Garamba en RDC)

Girafes de Kordofan – Femelle et mâle – Bioparc Doué la Fontaine

Girafes de Kordofan – Femelle et son jeune – Bioparc Doué la Fontaine

Girafe de Kordofan – Bioparc Doué la Fontaine

Robe de la girafe de Kordofan – Bioparc Doué la Fontaine

 

Girafe du Cap

Giraffa camelopardalis giraffa

Southern or Cape Giraffe

Réserves où l’animal a été observé par l’auteur: Parc national des Matopos au Zimbabwe et à Mokolodi Nature Réserve au Botswana.

Cette sous sous espèce est présente dans le Nord de l’Afrique du Sud, dans le Sud et le Sud Est du Zimbabwe, dans le Sud Ouest du Mozambique et dans le Sud Est du Botswana.
Suite aux analyses génétiques dont les résultats ont été publiés en septembre 2016 la girafe du Cap est maintenant considérée comme une des deux sous espèce de la girafe du Sud , Giraffa giraffa.
En 2016, la population de girafes du Cap était estimée à 31.500 individus.

Girafe du Cap – Mokolodi – Botswana

Girafe du Cap – Mokolodi – Botswana

Robe de la girafe du Cap – Mokolodi – Botswana

Les girafes

Giraffa camelopardalis

Giraffe

Ordre des Cetartiodactyles , Famille des Giraffidés, Genre Giraffa

Hauteur au garrot: 2,6 – 3,5 m
Hauteur totale: 3,5 à 5 m (record 5,9 m)
Poids: 1100 Kg (800 à 1400) pour le mâle et 700 Kg (550 à 1180) pour la femelle.
(Poids et hauteur variables suivant le sexe et les sous espèces)
Longueur du cou: Environ 2 mètres
Longueur de la queue: 75 à 150 cm
Gestation: 14 à 15 mois, environ 400 à 470 jours
Nombre de petits par portée: 1, des jumeaux sont possibles mais rares.
Longévité: 15 à 20 ans à l’état sauvage, 25 à 30 ans en captivité.

Girafe d’Angola – G.c.Angolensis – Central Kalahari – Botswana

1. Description, sous espèces et variantes géographiques:

1.1. Description:
La girafe est le plus grand des animaux terrestres. Les femelles sont en général plus petites de 0,7 à 1 mètre que les mâles.
Les taches de la robe de la girafe sont sa carte d’identité. Dès la naissance, elles sont présentes en modèle réduit. La forme restera mais les taches vont grandir ainsi que les espaces entre elles. La couleur de la robe fonce avec l’âge.
Les deux sexes portent des cornes mais elles sont plus développées et plus épaisses chez le mâle où elles sont en général parallèles ou avec un léger angle vers l’extérieur.
La girafe est le seul mammifère qui nait avec ses cornes, à l’état de cartilage. Elles sont déjà présentes chez l’embryon, puis elles s’ossifient avec l’âge et se soudent au crâne vers 4 ans chez le mâle et vers 7 ans chez la femelle. Elles ne posent pas de problème lors de la mise bas car elles sont dissociées du crâne et se mettent à plat.
Elles se redressent quelques jours après la naissance.

Les cornes sont recouvertes de peau et le sommet est encerclé par des poils noirs. Chez le mâle (photo de droite), ces poils deviennent moins visibles avec l’âge, le sommet devenant pelé et poli au fil des combats.

Les mâles ont parfois des proéminences osseuses importantes sur le crâne (ossicônes), 1 ou 2 sur le front et 2 en arrière des cornes. La présence de ces ossicônes est variable en fonction des sous espèces (ou espèces) et des individus. Les femelles peuvent en posséder, mais ils sont moins marqués chez celles-ci. Ce ne sont pas à proprement parler des cornes.

La girafe marche à l’amble (elle avance les pattes avant et arrière du même coté en même temps). La deuxième allure est le galop. Le trot n’existe pas chez la girafe. Le cou sert de balancier pour équilibrer le corps lors des déplacements. (Vitesse maximum de 50 à 60 Km par heure.)

La girafe dispose de 4 mamelles inguinales (2 paires).

1.2. Sous espèces et variantes géographiques:
Une seule espèce était signalée depuis le milieu du XXème siècle.

Jusqu’en 2016 il était communément admis 1 espèce pour 9 sous espèces (de 6 à 9 suivant les auteurs). Pour la plupart, ces sous espèces étaient établies sur la base des variations de pelage, de morphologie du crâne et de zone géographique. Des analyses génétiques ont également clarifiées la situation entre les girafes d’Afrique de l’Ouest G.c.peralta et d’Afrique Centrale G.c.antiquorum (A. Hassanin et al., C. R. Biologies 330 (2007).

Classification communément admise jusqu’en 2016.
1 espèceet 9 sous espèces: (Estimation des populations de 2016).

Girafa camelopardalis ………….

peralta girafe d’Afrique de l’Ouest Niger 400 individus
antiquorum girafe de Kordofan Nord Cameroun, Sud Tchad, République Centre Africaine, Ouest du Sud Soudan, RDC PN de Garamba. 2.000 individus
camelopardalis girafe de Nubie Sud Soudan, Ethiopie. 650 individus
reticulata girafe réticulée Ethiopie, Somalie, Kenya. 8.660 individus
rothshildi girafe de Rothshild Kenya, Ouganda. 1.500 individus
tippelskirchi girafe Masaï Kenya, Tanzanie. 32.000 individus
thornicrofti girafe de Thornicroft Zambie (vallée de la Luangwa). 550 individus
angolensis girafe d’Angola Botswana, Namibie, Zimbabwe. 13.000 individus
giraffa girafe d’Afrique du Sud Afrique du Sud, Zimbabwe, Botswana, Mozambique. 31.500 individus

Nouvelle classification proposée en septembre 2016 par Axel Janke et Julian Fennessy suite à des analyses génétiques sur des échantillons de peau de 190 girafes. (source: revue Current Biology)

4 espèces et 5 sous espèces:

Espèce Sous espèce Nom
Giraffa camelopardalis 3 sous espèces Girafes Nordiques
G.c. camelopardalis Girafe de Nubie
G.c. antiquorum Girafe de Kordofan
G.c. peralta Girafe de l’Ouest
Giraffa reticulata Pas de sous espèce Girafe réticulée
Giraffa tippelskirchi Pas de sous espèce Girafe Masaï
Giraffa giraffa 2 sous espèces Girafes du Sud
G.g. giraffa Girafe d’Afrique du Sud
G.g. angolensis Girafe d’Angola

La girafe de Rothschild est incluse dans la sous espèce de Nubie.
La girafe de Thornicroft est incluse dans l’espèce Massaï.

Certaines espèces et sous espèces possèdent des pelages caractéristiques. Pour d’autres, les différences sont moins évidentes. Sur cette photo, les robes sont très typées. En haut à gauche, girafe d’Afrique de l’Ouest (G.c.Peralta), en haut à droite girafe réticulée (G.c.Reticulata), en bas à gauche girafe massaï (G.c.Tippelskirchi), en bas à droite girafe du Cap (G.c.Giraffa).

2. Comportement: Assez grégaire, la girafe vit en troupeaux variables, non figés et non structurés. La composition des groupes de girafes est instable, ils se font et se défont au gré des rencontres. Ces groupes sont couramment de 10 à 20 individus (Mais il a été observé jusqu’à 70 girafes ensembles).

Groupe de girafes de Thornicroft – G.c.Thornicrofti – Parc national de la South Luangwa – Zambie

Groupe de girafes Massai – G.c.Tippelskirchi – Parc national de Katavi – Tanzanie

Après les naissances, les femelles et leurs jeunes se regroupent en harde, favorisant la surveillance et la défense vis à vis des prédateurs.

La girafe n’est pas un animal territorial.

Les girafes ne sont pas muettes, mais leurs «cris» sont très discrets. Elle peut émettre des infrasons, des sortes de bêlements, des ronflements, des gémissements ou des sifflements en cas de stress.

La girafe communique plutôt par signes, mais aussi par voie tactile et chimique, pour cela, elle émet des odeurs plus ou moins fortes et plus ou moins nauséabondes. Celles-ci proviennent de glandes sébacées situées à la base des poils et dans le cuir de l’animal et sont constituées d’une dizaine de composés volatils.

Le necking: Chez les jeunes mâles immatures, ce ne sont que des frottements et entrelacements d’encolures, mais chez les adultes ces combats peuvent être très violents, entrainant des blessures ou des chutes.

Les mâles élancent leur tête comme un marteau. Avec l’âge, le crâne de la girafe se densifie et devient plus massif, ce qui en fait une arme redoutable. Les coups sont portés n’importe où et le combat continue jusqu’à ce qu’un des deux adversaires se soumette ou s’éloigne. Ces combats ont pour but d’affirmer une dominance et d’accéder aux femelles.

Les girafes se couchent une partie de la nuit pour se reposer, elles dorment environ 4h35 par nuit (moyenne mesurée en captivité).

Pour boire, la girafe est contrainte de fléchir ou d’écarter ses pattes afin d’abaisser sa tête au niveau du sol. Elle le fait en adoptant deux positions caractéristiques.
Ci-dessus, cette girafe utilise la position la plus courante. Pattes tendues et écartées. Photo prise dans le parc national de Hwange au Zimbabwe.

Ci-dessus, une position moins courante avec les pattes légèrement écartées mais en flexion. Photo prise à Mukuvisi Woodlands à Harare au Zimbabwe.

Les girafes entretiennent une relation mutuelle bénéfique avec les oiseaux pique bœuf à bec jaune (Buphagus africanus) qui le débarrassent de leurs tiques.

3. Reproduction: La girafe est sexuellement mature vers l’âge de 4 à 5 ans pour le mâle et 3 à 4 ans pour la femelle. A compter de ce moment, elle est féconde jusqu’à 20 ans environ. Pendant cette période, elle est réceptive tous les 15 jours. Les mâles testent l’urine des femelles pour s’informer de leur réceptivité sexuelle. Il se passe environ 20 à 30 mois entre deux naissances. Une girafe peut donner naissance à une dizaine de girafons au cours de son existence.
Ci-dessus, ce mâle ne quite pas la femelle dans l’espoir de s’accoupler. Photo prise au Bioparc – Zoo de Doué la Fontaine. (Girafes d’Afrique Centrale G.c. Kordofan). On remarquera la différence de taille entre le mâle et la femelle ainsi que la robe très foncée de ce mâle âgé de près de 30 ans (ce mâle baptisé Sacha, est né le 18/08/1987).

Tentative d’accouplement. Photo prise au Bioparc – Zoo de Doué la Fontaine. (Girafes d’Afrique Centrale G.c. Kordofan).

La vie de la girafe commence par une chute de 2,5 mètres lors de la mise bas. Le girafon pèse de 50 à 70 kg pour une hauteur de 2 mètres. Il nait avec le cou replié le long du corps, ce qui limite les risques de blessure lors de la chute.

Pour la mise bas, la femelle plie légèrement les pattes pour amortir la chute.

Les jeunes sont sur leurs pattes moins d’une heure après la naissance et sont rapidement aptes à courir pour suivre leur mère.
Les premiers jours, les jeunes passent beaucoup de temps couchés, ils sont instables sur leurs pattes, ce qui les rend plus vulnérables que les autres ongulés lors de cette période.

Girafe d’Afrique de l’Ouest et son jeune – Environ de Kouré – Niger – G.c.Peralta

Les girafons grandissent d’environ 3 cm par jour et sont sevrés vers l’âge de 12 à 14 mois.

Environ 50% d’entre eux tombent sous les crocs ou les griffes des prédateurs (les lions et principalement les hyènes).

4. Biologie et anatomie:
Circulation sanguine et respiration: Le coeur de la girafe est beaucoup plus gros que chez les autres mammifères. Il pèse environ 14 Kg soit près de 2% du poids de la girafe, alors que chez l’homme ou le bœuf celui-ci ne représente que 0,5% du poids. Du fait de sa grande taille, la girafe dispose d’un système circulatoire particulier comportant des «accessoires» de régulation du flux et de la pression sanguine, qui évite les dommages aux organes, notamment au cerveau. En particulier un système situé à la base du cerveau (vulgairement comparé à une éponge) ainsi que 2 jeux de «valves», 1 jeu sur la carotide en direction du cerveau et 1 second sur la veine entre le cerveau et le coeur.
En complément la peau et les muscles des jambes agissent comme des bas de contension.

Le rythme respiratoire de la girafe est 1,5 fois plus rapide que chez l’homme. Sa trachée, d’un diamètre d’environ 5cm est longue de plus de 2 mètres.

Les yeux de la girafe sont assez volumineux. L’animal possède une excellente vue.
L’ouïe est également très bonne, avec des oreilles qui bougent indépendamment l’une de l’autre. L’odorat est un peu moins développé.

Le long coup de la girafe possède le même nombre de vertèbres cervicales (7) que chez (presque) tous les autres mammifères. Celles-ci sont en proportion environ 30% plus longues que chez les autres espèces. Le mâle possède un coup plus long que la femelle, il est en croissance continue chez celui-ci alors que chez la femelle la croissance s’interrompt à la maturité sexuelle.

Le crâne du mâle est environ 3 fois plus lourd que celui de la femelle et se développe tout au long de sa vie. Celui de la femelle ne se développe que très peu après la puberté.

5. Régime alimentaire:
La girafe est un ruminant et possède un estomac à 4 compartiments, elle passe à peu près le tiers de son temps à ruminer. Les périodes de pointe pour le nourrissage sont les 3 premières et les 3 dernières heures du jour. Les heures chaudes sont utilisées pour le repos et la rumination. La femelle passe environ 72% du jour en quête de nourriture alors que le mâle n’y consacre qu’environ 43%. La nuit est aussi utilisée pour la rumination.
Essentiellement folivore, la girafe mange aussi des fleurs, des gousses et des fruits. L’alimentation principale provient d’acacias, commiphora et combretum, mais plus de 100 plantes peuvent entrer dans le régime alimentaire de la girafe. La consommation de feuillage est de l’ordre de 34 kg par jour (jusqu’à 66 kg pour un mâle adulte).
Grace à leur longue langue préhensile (jusqu’à plus de 40cm) et à une lèvre supérieure très mobile, elles collectent les fleurs et les feuilles des arbres avec une nette préférence pour l’acacia. L’articulation entre la 1ère et la 2ème vertèbre cervicale permet à la girafe de positionner sa tête à la verticale.

L’acacia se défend des agressions de la girafe par la présence de longues épines et aiguilles, mais aussi par des sécrétions de sève urticante et de substances indigestes que l’arbre dispense en cas de besoin. Les acacias pactisent également avec certaines espèces de fourmis qui sont attirées par la production de gomme de l’arbre. En contrepartie, elles agressent les girafes lorsqu’elles s’en prennent à l’acacia.

Les girafes broutent aussi.
Girafes Massai – Parc national de Katavi – Tanzanie

Celle-ci à choisi de brouter couchée.
Girafe Massai – Parc national de Katavi – Tanzanie

Les girafes sucent et mâchent parfois des os pour un apport complémentaire en calcium et phosphore (surtout en saison sèche). Elles consomment également des sels minéraux issus du sol.
Excréments de girafe – Parc national de la Ruaha – Tanzanie.

6. Prédateurs:
Les principaux prédateurs de la girafe sont les lions et les hyènes.

Ces dernières tuent environ la moitié des nouveaux nés. Lors du 1er mois suivant leur naissance, entre la moitié et les trois quarts des girafons sont tués par les lions et les hyènes.

Le lion est le principal prédateur des girafes adultes. (Reserve du Selous – Tanzanie)

La grande taille de la girafe, sa bonne vue, sa vitesse et ses gros sabots en font une proie difficile. La girafe est cependant vulnérable lorsqu’elle boit.
Sabots antérieurs de la girafe – Parc national de la Ruaha – Tanzanie

En cas d’attaque, elle se défend des prédateurs avec des ruades et des coups de pieds. Lorsqu’elles sont avec leurs jeunes, elles se regroupent en terrain découvert.

A la vue d’un prédateur, les girafes se mettent en «arrêt» et regardent toutes dans la même direction. La queue à l’horizontal est un signe d’anxiété.

7. Habitat, distribution et évolution de la répartition:
On trouve la girafe dans les savanes sèche, les prairies, les forêts claires, mais aussi dans les milieux désertiques ou semi désertiques (Namib, Kalahari).

De plusieurs millions au début du XXème siècle la population a décliné pour atteindre moins de 100 000 individus vers 2010. La population était estimée à 140 000 en 1999.
La population de girafes a chuté de 36% à 40% entre 1985 et 2015.
Population estimée: 150.000 en 1985 contre 97.000 en 2016.

Elle est aujourd’hui absente de la zone saharienne, mais de nombreuses représentations (gravures et peintures rupestres) ainsi que des ossements fossiles attestent d’une présence antérieure dans cette partie de l’Afrique. (rives du Nil, Mauritanie, Ouest Sahara).

Les causes de sa disparition sont: La chasse au trophée, le braconnage, la diminution de ses territoires suite à la poussée démographique (mise en culture des terres).
Nota: Entre 2006 et 2015, les Etats Unis ont importé 21.400 sculptures sur os de girafe, 3.000 peaux et 3.700 trophées de chasse.
Les os de girafes sont couramment utilisés pour confectionner des manches de couteaux.

Lien vers fiche IUCN:

Lien vers carte de répartition géographique IUCN:

8. Réserves où l’animal a été observé par l’auteur:
Girafe d’Afrique de l’Ouest : Région de Kouré au Niger.
Girafe de Kordofan: (Zoo de Doué la fontaine, Zoo de Paris).
Girafe de Nubie: Non vue à ce jour.
Girafe réticulée: Parc national de Samburu au Kenya (Zoo de Beauval).
Girafe de Rotschild: Parc national de Nakuru au Kenya.
Girafe Massaï: Réserve du Massai Mara au Kenya, Parc nationaux du Serengeti, du Tarangire, de Katavi et de la Ruaha, réserve du Selous en Tanzanie.
Girafe de Thornicroft : Parc national de la South Luangwa en Zambie.
Girafe d’Angola: Parc national d’Etosha en Namibie, Parc national de Hwange au Zimbabwe, Réserve du Central Kalahari et de Moremi, parcs nationaux de chobe et Nxai Pan au Botswana.
Girafe d’Afrique du Sud: Parc national des Matopos au Zimbabwe.

9. Interactions avec l’homme:
Sans objet.

10. Informations complémentaires:

10.1. Origine du nom:
Appelée «camelopardalis» par les Grecs et Latins, «Zurnafa» (ou Zarafa, qui est à l’origine de giraffa) par les arabes. Le mot camelopardalus vient du latin «Camelus» pour son cou de chameau et de «Pardalis» pour sa robe panthère (léopard). Le nom giraffa ne sera officialisé qu’en 1994.

10.2. Origines/espèces fossiles:
Venues du sous continent Indien, elles arrivent en Afrique il y a environ 6 à 7 millions d’années. Les ancêtres des girafidés sont apparus il y a environ 20 millions d’années.
Les fossiles découverts dans l’Awash en Ethiopie et dans les gorges d’Olduvaï en Tanzanie attestent de la présence de leurs ancêtres en Afrique. (également en Afrique du Sud et au Kenya).
Aujourd’hui, les seuls représentants de cette lignée sont la girafe et l’okapi.

10.3. Les girafes à travers l’histoire:
En France, la girafe est décrite pour la première fois au XVIème siècle par Pierre Belon du Mans à la suite d’observations d’animaux captifs au Caire.
La première girafe «matérielle» arrive en France sous la forme d’une peau expédiée depuis l’Afrique du Sud en 1784 par François Vaillant et destinée aux collections du cabinet du roi.
L’arrivée de la première girafe connue en Europe se fait à Florence avec un spécimen acheté au sultan d’Egypte par Laurent de Médicis en 1486.
Les égyptiens chassaient la girafe vers 2500 AV JC.

Des girafes ont été sacrifiées aux jeux du cirque dans la Rome antique. Mais elles décevront par leur comportement peu combatif.

10.4. Iconographie:
Les girafes sont abondamment représentées en philatélie.

11. Bibliographie:
– Hartenberger, J.L. 2010. Grandeurs et décadences de la girafe, Belin.
– Dardaud, G. anoté par Lebleu, O. 2007. Une girafe pour le roi, Elytis.
– Carnaby, T. 2008. Beat about the bush, Jacana.
– Estes, R. D. 2012. The Behavior Guide to African Mammals, University of California Press.
– Ciofolo, I. & Le Pendu, Y. 2013. Encyclopédie Mammals of Africa Volume 6, Bloomsbury Publishing

12. Liens:
«
Multi-locus Analyses Reveal Four Giraffe Species Instead of One» Article paru dans la Revue «Current Biology» en 2016.
Giraffe Conservation Foundation.
Animal Diversity Web.
Variabilité de l’ADN mitochondrial chez Giraffa camelopardalis : conséquences pour la taxinomie, la phylogéographie et la conservation des girafes en Afrique de l’Ouest et centrale.